‹ L'art grégorienChapitre 25 sur 33 · I. Gorbcrt, T. lO) ; De Coussoniakcr, TI · texte numérisé non relu

I. Gorbcrt, T. lO) ; De Coussoniakcr, TI

règle des répons, il y a ici des reprises du chœur. Quelques pages plus haut, nous avons donné un répons bref: la forme schématique du répons orné est exactement la même pour l'alternance du soliste et des choristes. Depuis de longs siècles toutefois, on a perdu l'habitude de répéter la première phrase ; au lieu de la chanter intégralement, avec reprise du chœur, le soliste se borne à l'entonner, et le chœur continue. Dans le répons-graduel, les « rubriques » ou règles autorisent même à ne pas faire la reprise finale, le chœur aidant le soliste à terminer son verset. Cependant le répons de l'alleluia a conservé intégralement ses alternances et reprises originales. Le nom de graduel, appliqué aux principaux de ces répons, que Ton chante à la messe après la première leçon de l'Ecriture Sainte, a donné lieu à une méprise, de la part d'un liturgiste du ix^ siècle. Son explication a paru si ingénieuse que tous les auteurs suivants l'ont reproduite. 11 était d'usage en effet, jus([u'au cours àvv juoven âge, que le chantre (diargé d'exécuter solennellement ces (îhants vo{;alisés, moulât à Vd/nhon, sorte de petite estrade ou chaire ()lacée à l'entrée du chœur. (]omme le chanteur montait ainsi sur un degré (gra(/ifs), on aurait (h)nné loul naturellement aux mélodies qu'il y disait le vocable de gradalis.

174 L'ART (iHÉGORlEiX

C'est très ingénieux évidemment, mais la raison en est tout autre; car, si l'on a donné le nom à cause de la circonstance, pourquoi n'at-on surnommé ^/'«îr/weZ que le seul répons qui, à la messe, suit les lectures saintes ? La réalité est infiniment plus simple. L'adjectif gradalis est une expression d'excellente latinité, (jui a le sens de « bien ordonné, composé avec soin » ; Gicéron nous parlera d'un sermo gradalis pour signifier un beau discours, Pline appellera cquus gradalis un cheval bien et précieusement harnaché. Le respoiisorius gradalis du chant grégorien est donc le « beau répons », le « répons composé avec art », le principal répons.

Ce genre de répons qui, dans la liturgie actuelle, ne comporte qu'un seul verset du soliste, en comprenait primitivement plusieurs. Depuis la recension grégorienne du chant romain les répons ont vu ordinairement réduire leurs versets à un seul\ comme dans le rit byzantin; toutefois, les manuscrits anciens indiquent encore certains répons-graduels à plusieurs versets. Ainsi, le jour de Pâques, au ix*' siècle, diverses églises chantaient encore six versets au célèbre graduel Ilœc dies, formé d'une partie du psaume pascal Confite mi ni Domino.

I. Ces mélodies no sont pas toutefois perdues, mais ont été attribuées à d'autres offices. Voir Origines, p. 74 à 80.

Mépons-yrariuel df Pâques

es,quam fe.cit

>t lae . t<

mur

4^Mj'tnÏJr'rjaij'o.raJfïrr'

Page 1