‹ L'art grégorienChapitre 27 sur 33 · LE PEUPLE · texte numérisé non relu

LE PEUPLE

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On a reconnu ce thème : c'est celui de la belle Cantate pour Pâques de J.-S. Bach.

On le voit donc, le chant allemand populaire ne date pas de la réforme luthérienne, comme on le croit communément : il est beaucoup plus ancien, et son origine est en somme grégorienne.

Au xii'' siècle, après les tentatives d'Abélard, apparaît l'admirable production de l'école j)arisienne victorine, dont nous avons parlé plus haut sufTisamment pour nous dispenser d'y revenir.

FORMES MUSICALES ET DEVELOPPEMEiST 187

Dans les premiers temps des séquences avec paroles, ou proses, un chœur ou des solistes chantaient seuls la phrase avec textes; le reste des exécutants reprenaienten vocalises. Peu àpeu,cet usage disparut; il est encore cité, comme une rareté, par Hugues de Saint-Victor, au xii^ siècle *. Dans ces alternances, un des groupes chantait souvent en organiuu, l'autre répondait à Tunisson. Cet usage a persévéï'é, à cela près que, lorsque les grandes églises furent pourvues d'orgues, au cours du xv*' siècle, on confia à l'instrument la partie d'organum que chantaient d'abord les clercs. Le jeu de l'orgue alterné dans les proses avec le chant du chœur est donc, mais dans ces pièces seulement, un souvenir de l'antique vocalisation des séquences où un chœur faisait écho à l'autre.

Séquences et proses ont eu une faveur extraordinaire. Au cours du moyen âge, des vingt-trois seules séquences que contiennent les manuscrits antérieurs à Notker, les missels arrivent à en donner des centaines ! Inutile de dire que la qualité ne valait pas l'abondance.

Aussi, fùt-on amené, par l'excès même du genre, à le supprimer presque radicalement. Les livres parisiens du xv!!*" siècle n'ont plus que

I. Qui fut copié inléf^ralouuMil juif (luilhuiiiu^ Durand. au xiii'-'.

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treize proses', et le missel romain de saint Pie V en contient cinq, celles que donne le Graduel Vatican :

Victimœ paschali, pour Pâques, (xi*" siècle); — Veni Sancte Spiritus, pour la Pentecôte, remarquable développement du verset alléluiatique précédemment étudié (p. i83) ; composé au XTii*' siècle, plus probablement par le pape Innocent III (ou IV?); — Landa Sio/i, pour la fête du Corpus Chrisii, (xii'^-xiii'' siècles, v. page 98) ; — Dies i/'œ, de Thomas de Gelano, pour Toflice des défunts (v. page 98) ; — Stabat mater, dont les paroles sont de Jacopone de Todi, admirable poète franciscain du xiii" siècle ; mais cette pièce, entrée très tardivement dans la liturgie, a été dotée par les divers éditeurs de mélodies plus ou moins intéressantes, et dont aucune

I. Savoir les cinq romaines ; plus quatre proses anciennes, Lseta}>iuidus pour Noël, Jérusalem et Sion, qui fut composée au moment de la dédicace de Saint-Germain-des-Prés et de la pose de la première pierre de Notre-Dame, en ii63 (texte en partie refait au xviii° siècle dans le sens janséniste) ; Gaude proie Grsecia, d'Adam de Saint-Yictor, pour saint Denys ; A'i'e y'irgo virginuin pour les fêtes de la Vierge Marie ; et enfin quatre pièces plus récentes : Ad Jesum accurrite, sur la mélodie de l'ancienne prose des saintes femmes, pour l'Epiphanie, — Solemnis hœc festis'ilas, sur la mélodie de la prose écrite par Adam pour sainte Geneviève, GenovefiV solemnitas, — Huinani generis, pour 1 Annonciation, sur le Mittil (id Virginem d'Abailard, — et le beau Sponsa Christi composé de toutes pièces par le chanoine Jean-Baptiste de C on les vers i665.

n'est vraiment belle. La plupart sont fort plates. Par une bizarrerie assez curieuse, le Siabat est également chanté en hymne, c'est-à-dire avec toutes les strophes sur une môme mélodie très connue et très populaire, traditionnelle depuis environ la fin du xvi*" siècle.

Deux anciennes proses, sorties des livres officiels depuis longtemps, sont restées un peu partout en usage : VInviolala, du xi"" siècle, et VAue çeriun, du XIIl^ Les proses que contiennent les « propres » diocésains sont presque toutes modernes : les plus anciennes d'entre elles remontent à un mouvement de retour vers ce genre, dans la première moitié du xviii^ siècle. Elles sont ordinairement d'un goût détestable \ même quand leurs auteurs ont cherché à imiter les anciennes proses parisiennes du moyen âge, et même celles du xvii'' siècle dont ils avaient déjà perdu le secreL

L'ordinaire de la messe. — Bien que les chants contenus dans 1' « ordinaire de la messe » soient plus ou moins apparentés à d'autres genres, les compositions nouvelles écrites sur leurs textes donnèrent à l'ensemble une physionomie spéciale, et ont fini par aboutir aux admirables

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