‹ L'art grégorienChapitre 32 sur 33 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Tel est l'art grégorien ; tel se présente à nous non pas flétri comme un arbre desséché, mais vivant d'une nouvelle vie, le chant liturgique de rÉglise romaine, restauré par les Bénédictins, relevé par la main d'un Pontife pieux et artiste. Avions-nous tort de dire que le chant grégorien n'est point un art mort, ni figé dans un lointain bon pour les seuls archéologues ? Supérieure en cela aux arts graphiques, à la statuaire, h l'architecture même, dont les chefs-d'œuvre anciens pendent souvent, lamentables et brisés, la vieille mélodie ecclésiastique, héritière de la Judée, de la Grèce et de Rome, n'a besoin (|ue de quelques souilles humains pour revivre.

Or, nous ne l'avons guère ici étudiée qu'en elle-même, et c'est déjà un ravissant tableau. Que serait-ce si nous devions en chercher les reviviscences dans l'art des époques postérieures à celles ({ui l'ont vu se développer?

Déjà — et nous avons pu l'indiquer en pas-

u/ô LART (IRÉGORIErs

sant — (le l'art grégorien, est directement sorti le drame musical au. moyen âge. Les chants de trouvères et de troubadours nous apparaissent comme apparentés de très près aux dernières séquences; plus tard encore, aux âges polyphoniques, tel madrigal italien du xv^ siècle, tel air de Schutz ou de Bach dans la grande école allemande est encore tout imprégné de Tânie grégorienne. Mais, à coté de ces productions des maîtres, Thumble chanson populaire, les canti([ues des missionnaires aux environs de 1700, sont fréquemment du chant grégorien presque pur.

A Tépoque présente, un revlval, pour parler comme les Anglais, ramène en notre musique quelques-unes des formes d'autrefois. Le renouveau des tonalités antiques, sous Timpulsion de Niedermeyer et d'Ortigue, il y a un demi-siècle, a fait école. Si les versets d'orgue de Guilmant et de Gigout, qui épousent ces tonalités, s'expliquent par l'utilisation immédiate au service de l'Eglise, combien ne sera-t-on pas frappé de voir non seulement les tonalités, mais les rythmes eux-mêmes, et les formes de cet art antique, revêtir les œuvres d'un Vincent d'indy ou d'un Debussy?

Au moment où la musique, comme succîombant sous le développement d'un chromatisme

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