‹ L'art grégorienChapitre 5 sur 33 · I. lîlgbori, /. cil · texte numérisé non relu

I. lîlgbori, /. cil

■1. Smilli, Notes sur Vl/isloirc (!<> P>r(I(\ VIT. n" v, j^ r.

élèves mêmes du bienJieiii'eux pape Grégoire » ^ Toutefois, ce chant ne Ait d'abord en usage que dans le comté de Kent; dans les églises du Nord, il ne s'introduisit qu'à partir de QÇ^V)^ lors de renvoi par le pape Yitalien du moine romain Théodore, consacré, par lui, évèque pour l'Eglise d'Angleterre. Le premier maître de chant des églises du Nord fut Etienne Aeddi. Mais, à ce moment même, il y avait quelques germes de défectuosité dans le chant liturgique de ces contrées. En 635, en effet, encouragés par les succès des missionnaires romains et le calme du pays, des moines venus d'Irlande avaient, avec la prédication évangélique, répandu leurs coutumes celtiques. Un certain nombre do leurs disciples, entrés dans les monastères fondés suivant la discipline romaine, y avaient introduit le chant et les rits des églises celtiques, qui s'y mêlèrent à la liturgie et au chant grégoriens. Aussi, en 680, le chef de chant, Varchicaiitor de Saint-Pierre de Rome, l'abbé Jean, envoyé en Angleterre par le pape Agathon, dut entreprendre wna tournée de réforme dans les abbayes anglaises. Il fut conduit en j)articulier au monastère célèbre de Saint-Pierre de Wearmouth, alors dirigé par saint Benoît

I. (^c PnUa, plus lard ordoniu' prêtre, iiioiinil ('vèque de Roctiostor, on 688.

LA DIFFUSION DU CHA.XT GREGORIEN 45

Biscop, et y établit, dans tous ses détails, (( Vorclo et la manière de chanter et de lire )> conformément à Tusage de Saint-Pierre de Rome. Wearmouth devint un centre important du (diant liturgique, et servit de modèle à toutes les églises de la provinc^e. L'abbé Jean mourut à Tours en revenant en Italie.

Dès lors, le chant romain est solidement implanté dans TEglise d'Angleterre, et, jusqu'aux jours où les entre[)rises d'Henry VIII substituèrent une nouvelle église à la place des croyances et des observances traditionnelles, elle maintint ferme les mélodies liturgiques grégoriennes, dont Sai'um, (Salisbury) était devenu, au cours du moyen âge, le centre le plus actif. (\'oir la note de la fin de ce livre.)

La France apparaît comme la seconde nation oii les coutumes romano-grégoi'iennes se sont ré|)andues. Mais, dans ce pays, les raisons étaient tout autres que dans la Grande-Bretagne. Les Gaules possédaient une vieille organisation religieuse ; toutefois, la liturgie n'y était point uniforme, et les chants laissaient beaucoup à désirer. Rémédius (ou Remigius), frère de Pépin le Bref et ar(dievè([ue de Rouen, fut le premier à s'occuper de cette réforme. Il obtint du pa|)e ^]li(Muic 11 (|u"un (les directiMirs dc^ la S(\)la ('rn/ti)/'a/N vînt à Uoucn enseigner aux moim^s

-H\ 1/ART c;rkgorien

rouennais la psalmodie et le chant romains. Siméon, second icier, l'ut délégué à cet effet, mais, en 757, le primicier Georges étant mort, il dut regagner Home pour prendre sa charge. Cependant des moines rouennais l'y suivirent, afin de se mieux former sous sa direction, et rapporter dans leur pays ses prêcheuses leçons.

A Tautre extrémité du royaume, Ghrodegang, évéque de Metz, agissait d'une manière analogue et établissait dans son église le rit et le chant grégoriens, dans lequel il était fort exercé. Peu à peu. le répertoire grégorien s'introduisait ainsi dans les Gaules, et, à l'exemple de Rome, les principales villes épiscopales voulurent avoir leur Scola cantorum^ distinctes des anciennes Scolae lectorumc[UQ dirigeaient les archidiacres.

La politique était venue en aide à ce mouvement. Le séjour à Saint-Denys du pape Etienne II venant implorer les secours de Pépin le Bref détermina des relations suivies sur le terrain Iiturgi([ue. Un chroniqueur prétend que ce pape aurait envoyé douze clercs en France pour y introduire la cantilène romaine, et cette affirmation est souvent répétée. Nous avons indiqué, dans un autre travail \ comment elle résulte d'une confusion de textes. En réalité, le contemporain Walafrid Strabon nous l'apprend, Etienne II solli-

Page 1