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CHAPITRE VI

LES VÊTEMENTS BLASONKÉS

La mode des vêtements blasonnés date de loin.

Les Germains entrés dans la Gaule adoptèrent le sayon gaulois et le portèrent par-dessus leurs armes allongé et fendu sur les côtés; le sayon devint la cotte d'armes.

Avant que les armoiries fussent en usage, cette sorte de pardesssus était orné de riches fourrures, de broderies d'or.

Les leudes et les barons du temps de Charlemagne surchargeaient leurs habits de peaux d'oiseaux de Phénicie entourées de soie et de plumes naissantes du cou, du dos et de la queue du paon; ils les enrichissaient de la pourpre de Tyr et de franges faites d'écorces odoriférantes du cèdre pour les parfumer.

Quelques autres se paraient de la peau du loir richement ornée.

En iooi, l'archevêque de Milan, envoyé en ambassade, était accompagné de deux ducs et d'un grand nombre de prélats vêtus d'habits d'étoffes de soie et d'or.

Le manteau des chevaliers au moyen âge était rouge pourpre.

Les premières croix qui distinguèrent les croisés et qui, de leur vêtement, passèrent ensuite pour la plupart sur leur écu étaient rouges ; elles avaient été taillées dans des manteaux appartenant à Bohémond, prince d'Antioche, qui les avait donnés dans cette intention.

Il fallait que la garde-robe de Bohémond fût bien montée, car l'histoire chevaleresque de l'époque rapporte qu'on confectionna de la sorte des croix pour douze mille croisés.

Ce fut le roi Louis VI I dit le Jeune qui, le premier, couvrit le manteau royal de fleurs de lis.

C'est à partir des croisades que les nobles, séduits . par les brillants costumes de TOrient, se mirent à leur tour à porter à la guerre et dans les cérémonies des cottes d'armes et des robes couvertes de broderies et de devises.

Joinville raconte qu'à une féte donnée au roi Louis XI, il y avait grande quantité d'huissiers d'armes et de salle, qui portaient les armes du duc de Poitiers ; plus loin, il cite le comte deJaphe, qui avait trois cents mariniers dans sa galère, tous portant une targe à ses armes.

On décora les cottes d'armes de signes, de broderies, de découpures représentant des bandes, des jumelles, des fasces, des chevrons, des croix, soit de drap d'or et d'argent sur les fourrures, soit de fourrures sur les draps d'or et d'argent.

Les chevaliers portèrent donc les armoiries sur la cotte d'armes avant de les porter sur l'écu.

Ils ne tardèrent pas à appliquer sur cet écu un mor-

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