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CHAPITRE VIII

siècles passés un caractère tout spécial; voici comment, en i55o, on représentait une aigle. — C'est l'écu de Jacques de Coligny (fig. 256).

Lorsque nous arrivons aux armes de l'Empire français, nous voyons reparaître l'aigle, mais une aigle qui n'a rien de commun avec l'aigle héraldique; elle tient sa tête contournée, ses ailes sont abaissées et on ne s'explique guère comment le fier oiseau, qui tient un foudre dans ses serres, a une allure si bon enfant.

Quelle belle occasion Isabey et David avaient cependant de donner à cette aigle une envergure plus en harmonie avec les idées du triomphateur! L'aigle d'Autriche est bien plus magistrale que l'aigle napoléonienne, qui est empruntée aux monuments italiens et particulièrement au tombeau des Visconti.

A Milan, à Venise, à Florence, on retrouve des aigles sculptées au naturel, et c'est certainement là que s'est inspiré l'artiste qui a composé sur les indications du maître le blason de l'Empire français.

Des héraldistes plus ingénieux que véridiques -ont prétendu que l'aigle à deux têtes était figurée sur les enseignes romaines et Juste Lipse avança en 1569 qu'il avait trouvé une aigle à deux têtes sculptée sur le bouclier d'un soldat de la colonne Trajane.

C'est de la pure fantaisie.

Quel caractère il y a dans ce blason de Guy de Bar (i55o) : d'azur, à deux bars addorse\ d'or (fig. 25j)!

tjS L'ART HERALDIQUE.

Et ce griffon du xin° siècle (fig. 258)!

- Le lion héraldique proprement dit ressemble dès

Fig. 257. Fig. 258.

l'origine à un animal fantastique. En voici un du xin* siècle. Mais un peu plus tard il s'accentue davantage; qu'il soit représenté rampant, c'est-à-dire debout

Fig. 259. Fig. 260.

et de profil ne montrant qu'un œil et qu'une oreille, la langue sortant de la gueule recourbée et arrondie à l'extrémité, sa queue levée, droite, un peu ondée, retournée vers le dos ou passant, c'est-à-dire marchant.

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