CHAPITRE III
les blasons français. Cependant plusieurs dignitaires de l'Empire les ont conservées ou transmises, et chez les nations voisines on les retrouve; il est donc absolument utile de les connaître.
Ainsi, par exemple, si vous voyez des armoiries peintes ou gravées, accompagnées d'un cimier représentant une figure de femme (la France) à mi-corps, habillée du manteau royal, couronnée d'or, tenant de la main droite un sceptre et de l'autre les sceaux de l'État; si, en outre, deux masses sont passées en sautoir' derrière l'écu qui est environné d'un
manteau de pourpre timbré d'une couronne ducale et sommé d'un mortier de toile d'or, rebrassé d'hermine,
vous pouvez affirmer que ce sont les armes d'un chancelier de France.
Est-ce un écu ayant de chaque côté une main sortant d'une nuée et tenant une épée droite? Ce sont les armoiries d'un connétable, comme deux ancres passées en sautoir derrière l'écu, les trabes d'azur, semées de fleurs de lis d'or indiquent celles du grand amiral, tandis qu'un grappin en pal, derrière, est la marque du capitaine général des galères (fig. 202).
Fig. 199.
Fig. 200.
Itf*
Fig. 201.
Depuis la suppression de ces charges, on a, par assimilation, orné parfois l'écu d'un amiral des deux ancres, et celui d'un vice-amiral d'une ancre. C'est une faute, il n'y a pas d'assimilation entre les charges de l'ancienne France avec les grades de la France moderne. D'ailleurs, je profite de cette occasion pour rappeler que jadis les blasons ne variaient pas selon les emplois; les charges étaient la plupart du temps héréditaires. Les fils et les petits-fils d'un grand officier de la couronne conservaient telles quelles les armes de la famille, avec les marques de dignité qui en étaient devenues le complément.
Deux bâtons semés de fleurs de lis d'or, passés en sautoir derrière l'écu, indiquent les armoiries d'un maréchal de France ; les maréchaux de l'empire ont conservé la tradition, en remplaçant toutefois les fleurs de lis par des abeilles.
Les drapeaux, passés en sautoir derrière l'écu, indiquent des dignités militaires ; mais les héraldistes ne
Fig. 202.