CHAPITRE III
'l'archange ayant au bras gauche un bouclier aux armes
Fig. 226.
de France, tenant de la main droite Te'pée haute et précipitant dans les flammes l'ange rebelle. Le collier
i 7 8 L'ART HÉRALDIQUE.
est d'or « fait à coquilles lassées Tune avec l'autre d'un double lacs, assises sur des chaînettes ou mailles d'or ».
L'ordre du Saint-Esprit fut fondé en 1578, par le roi Henri III, pour relever l'ordre de Saint-Michel qui, trop prodigué, était ironiquement appelé le collier à toutes bêtes, et bientôt le cordon bleu du nouvel ordre fut très recherché (fig. 226).
Le grand collier du Saint-Esprit était d'or, « fait de fleurs de lys et trois divers chiffres entrelassez de nœuds. Depuis, parmy ces chiffres, Henri IV y ajouta, l'an 1598, en signe des grandes victoires qu'il avoit gagnées sur ses ennemis, des trophés d'armes d'où naissent des fiâmes et des bouillons de feu, mêlez de la lettre H couronnée, et maintenant on y voit des L qui marquent le nom de Louis.» Ace collier était suspendue la croix d'or émaillée de blanc, chaque rayon pommeté d'or avec fleur de lis d'or dans chacun des angles de la croix, et dans le milieu, d'un côté une colombe, et de l'autre un saint Michel.
L'écu de France était donc jadis entouré des deux colliers de Saint-Michel et du Saint-Esprit (fig. 239); sous l'Empire, ces deux colliers furent remplacés par celui de la Légion d'honneur, tandis que la main de justice et le sceptre étaient croisés derrière l'écu.
Sous Louis XVIII, les deux colliers précédents reparurent.
Sous Louis-Philippe, ce fut non pas le collier, mais le grand ruban rouge qui entoura l'écu.
Depuis cette époque il n'a plus quitté l'écu, malgré les divers changements politiques survenus.