‹ L'art idéaliste et mystique: précédéde la réfutation de TaineChapitre 14 sur 48 · LES ARTS DE LA PERSONNALITÉ · texte numérisé non relu

LES ARTS DE LA PERSONNALITÉ

La collectivité est irresponsable, qu'elle soit mondaine ou politique: le nombre n'a point de mérite ou de démérite propre. Seuls les egrégores rendront coiùpte à Dieu, egrégore suprême, des agissements d'ici-bas.

L'âme humaine subit des appétences parallèles aux instincts du corps, et il n'est pas vrai que les penchants et les attractions soient mauvais en eux-mêmes, puisqu'ils sont conditionnels de la vie, qui est la volonté de Dieu. Lorsqu'une civilisation n'est pas gouvernée par des hommes d'abstraction, il se produit un débordement individualiste des appétences qui n'ont pas été canalisées et endiguées. Qui, parmi les esthètes, n'a gémi devant Tamateur devenu peintre ridicule, devant l'invasion des Amazones dans les beaux-

il4 h* AMI IDÉAU8TI ET MT8TIQUB

artst A partir d'un certain chiffre de rentes, et même^sans aucune rente, tout animal latin de l'un ou l'autre sexe est appelé à cultiver ce que la bourgeoisie, en veine de blasphèmes, nomma un jour les arts d'agréments. Où est la donzelle qui ne sabote sa sonate, qui ne piaule sa romance, qui ne salisse son aquarelle ? Où est cet homme vertueux et réfléchi qui, ayant des loisirs, n'a pas remplacé la pèche à la ligne par la peinture de paysages, ou qui ne se sert de ses pinceaux bar* bouiHèuts poxÈt pousser les affaî^é^ dé ssi concupiscence ?

Ùa est surtètirt cet être m^Ié ôtt femelïé qui, en ptése^t!^ d'tfne statae ou d'uù tableau, ^àùra' àé taire parce qu'il ignore ?

Lés^ bèaÉûx-ârts deVèntfs, pour Pftirfhôùiihe, H^mMiii, Bôlihotiiet, lé^ ^è <f agrémenta, il faÏÏf qu«' PhODiifiïie, lûôihè ^ifôfesîer, porté' èti M ùri va^gue besoin d'iéé^^t. L^ nïèVés firàiiçàisèd, c^s fiiuctitfûiètès du m^riâgeV dan's leur sord d^é (frëssèl^ lêtrfs filles à le'^èr irù époÙ3^, 6'omôrteh< jàiteAià àrttàî<ïuë, peinturé et, quelquefois, scûtptùré; Déjà Bafeac l'âVaif tfoté,. et réù'traînemè'ùt *e' pratique' énicôre de itaéme ; iï notrg faiut voii* ici l'expi^eàsiôii d'un besoin éàfÉi:éfi<)ae tYiez la gèûi mériâ&léw

Les stipeti^^il^ôtiâ ioiA ItÉ fottneë ftnoânfiettted de réalités eipéi^iménfalés ; de mêctiej lés uâur^ pàtidtaâ salitreiFoHdiscordaùt d'un besoin légitiznè, insatisfait. Dès c[ue rhommei cesse de ei^aiiidrë p6hT Et coaséryation, dès qu'il est tiiomeatafié-^ tiëtit relevé Avt souci Àiatériel, il Songe pred<}tté itlfcoilàcièfiâment à s'aôcomplir et se crée txn làoud qu'on pdttrrait app'eïer ornemétitcll. Quel est doil6 lé légîtictfè petic'haM qui poàs^e rihdigne tôut-letnonder h usurper îe^ sad^détales fdnetionid d€i l'artiste véritable/ en une singerie sà^s ^isir pytLt È(Ai Sàfls profit pour autrui? Ge penchant aûï éotifséqù entes si déplorables, lih des plus nobles, est le perichaiil vers là beauté. Où a dH rhomme tm àhiittàl religietix : Je le dirai volon tiers, vtn aàimal esthétique. Sans décidei^ si le sauvage àpparatt,ètre ruditnelïtaife ott bien dégénéré des arftiqfues civilisations, Fhomme constaté à TéÉat dé ndiure, errant, afrithrôpopha^e, nïême, pféSèôle rinfttJtion â^ ce qtté jl'àppéllerai lès arf^ ïi!rtrîfÉ(sè(5[ùes de f'hoiriilié. Vteûom lé Pèau-Rougev infbtiuné débris^ de ce mondé Allante, qui fût g^ïÉnd et plus ptrissanrt (fùé le nôtre, prenons le Odinifànfehe,' le Siou:!^, ((ne la éupidiiSé dès épidè^â ariliéricsrtni^ finit à cëtfé heures d'étterifi^ner, ^ voyons èis[ M im éai^attëlr^^ 4^ trôisi gtirtés d^

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beautés dont l'homme est susceptible. Nos yeux sont d'ordinaire les premiers affectés par l'être vivant, et ce que nous voyons d'abord c'est l'allure, la démarche, la silhouette, la pose, le geste, l'impression, — et tout cela rentre dans un effet analogue à celle de la statue colorée. La seconde impression que nous pouvons recevoir d'un être vivant est celle de la voix, soit qu'elle chante, soit qu'elle parle. Le timbre, l'intonation, les modulations sont susceptibles de beauté, comme les attitudes et les mouvements.

Enfin, si nous suivons le Peau-Rouge au conseil des Sachems, nous pourrons recevoir de lui une troisième impression, celle de l'éloquence, c'està-dire de la pensée exprimée. Eh bien ! pour satisfaire l'obscur besoin d'une certaine beauté, qui se montre même aux âmes moyennes, et préserver les vases sacrés du grand Art contre les attributions profanatrices, il a jadis suffi de révéler les arts laïques, les arts mondains, afin de préserver les arts sacerdotaux. Seule, la femme garde encore, de nos jours, à l'état de lettre morte, il est vrai, une tradition qui longtemps engloba l'autre sexe. Son intérêt seulement, qui se base sur la concupiscence de l'homme, l'a préservée d'une qbscuration complète,Ellea telle-

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