‹ L'art indienChapitre 10 sur 160 · FIG. 6. — TEMPLE DE BOUDDHA-GAYA · texte numérisé non relu

FIG. 6. — TEMPLE DE BOUDDHA-GAYA

plus ancien, et fait remonter au temps d’Acoka la balustrade qui l’entoure. Les restaurations continuelles

sy, -Gy Le Bon, Civilis. de V’Inde, p. 239, fig. 89. Le temple de

qu’a subies cette massive construction faite en briques, dont le sommet porte un pinacle en forme de vase dressé 4 plus de cinquante métres de hauteur, n’ont pas été sans des modifications fréquentes qui ont da en changer l’aspect primitif. Son énorme soubassement porte 4 chacun de ses angles une petite pyramide ‘répétant exactement la masse principale, qui, n’était — son clocheton, rappellerait les hautes tours babyloniennes, comme les portiques des pagodes du Sud rappellent les portiques égyptiens ou les pylones assyriens, encore que ces rapports puissent étre complétement fortuits,

D’un autre ordre sont les cheity ak ou chapelles bouddhiques creusées dans les rochers, Le chaitya est Péglise chrétienne, l’ancienne basilique, dont il reproduit fidélement la disposition. Comme celle-ci, le chaitya a sa nef avec ses colonnes, son abside, son autel et son choeur; comme elle, il est un lieu d’assemblée et de culte. Pratiquées aux flancs des monts, ces caves présentent tous les aspects, depuis la simplicité fruste des grottes jusqu’a la perfection des temples ou la pierre s’est évidée sous le ciseau qui en a fait une dentelle. Des ébauches informes du Béhar, aux merveilleux chaityas de Karli et de Nasik, « l’art des architectes s’affirme et s’enhardit graduellement! », La

Bouddha-Gaya marque l’endroit oti se tenait Ile Bouddha quand il arriva ala supréme sagesse, id., p. 497. Il contient trois petits sanctuaires étagés; celui du’ premier étage a sept métres de hauteur; on y voit encore le piédestal de basalte ot se dressait jadis la ate en or du Bouddha.

1. Sylvain Lévi, loc. cit., 707. Un monument bouddhique, également élevé de, toutes piéces, est la halle de Sanchi, seule de

nature geologique du sol, la stratification réguliére des trapps émergeant en hautes terrasses nettement escarpées, offraient aux constructeurs' des exemples dont ils surent tirer parti. En évidant les roches, ils n’avaien't pas a se préoccuper a l’excés des aplombs, non plus que du difficile assemblage des matériaux. Un plan primitif trés simple fut longtemps conseryé, celui d’une arche a plafond arqué en plein cintre, comme cela se voit dans les cavernes naturelles ou dans les carriéres d’extraction. Aux epee owes d’habiles - sculpteurs. « Sous sa forme définitive et pour ainsi dire classique, dit M. Sylvain Lévi, le chaitya’ comporte une facade ouvrée dans le roc, une nef flanquée de deux ailes et bordée de eoloneee) et, en guise de choeur, une sorte de stoupa en réduction (dagoba)’ ou sont déposées des reliques. La lumiére, introduite:par une large fenétre au-dessus du porche, vient tomber sur le dagoba,qu’elle illumine, tandis que, par un contraste ‘Saisis~ sant, le reste de l’édifice est noyé dans ombre*. »' Le plus beau chaitya de l’Inde est celui de Karli (province de Bombay) (fig. 7), Son antiquité, encore que trés souvent exagérée, est cependant vénérable, car Si cette cave est contemporaine d’un des 1ats qui se dressent devant son entrée, elle date de prés de deux mille ans (78 av. J.-C.): ae les voyageurs qui ont

son espéce dans toute l’Inde. Cf, Birwood, Industr. arts, 1, p.114. 1. Sur certains dagobas de Ceylan et l’architecture bouddhique de cette ile. Cf. Fergusson, Monum. mégalith. 2. Rousselet a donné’ du grand Chaitya de Karli une excellente figure. La nétre n’indique pas le parti d’éclairage.

visitée ont été frappés par sa ressemblance avec une basilique chrétienne. Et cette disposition frappa 4 tel point les conquérants portugais que, « ne pouvant croire qu’elle fat Pceuvre d’un peuple d’idolatres et de sauvages, ils en conclurent qu’elle avait dui étre creusée par les chrétiens catéchisés, selon la légende, par ‘Papétre saint Thomas’ ». Attaquant un massif des Ghats de deux cents métres de: hauteur sur soixante dé. largeur, les ouvriers ont sculpté le grés en escaliers, évidé le vestibule et la grande salle dont les parois comme les colonnes sont couvertes de figures d’animaux, d’hommes, de femmes, de divinités, traitées avec un art libre et majestueux. Le porche était jadis surmonté d’un fronton massif dont les débris jonchent la premiére plate-forme; au-dessus, s’ouvre la grande baie arquée par ou la lumiére, entrant a flots dans la nef, éclaire le dagoba bombé que surmonte l’autel ou Ti en chapiteau a abaques, ole se dresse un parasol en bois de teck.. Les périégétes hindous déclaraient a L. Rousselet, qui visita le chaitya de Karli en 1864, que ce parasol était contemporain du monument. I] ne doit pas remonter a une si haute antiquité, non plus que les piéces cambrées, de méme bois, qui accompa- ‘gnent symétriquement les.courbes de la voussufe en arc pointu, comparée par Birwood 4 « Varc pointu en cillade de la fagade de Saint-Marc, a Venise’ ». II faut voir dans ces nervures, renouyelées sans doute fréquemment par-le zéle traditionnel des prétres gardiens de ces caves, le souvenir des antiques construc-

1, Rousselet, loc. cit., p. 72.

Page 1