FIG. 2 — PORTE NORD DU GRAND TOPE DE SANCHI
notre figure, elle est complétement fouillée au ciseau,
, 20 L’ART INDIEN ae
ainst que’ les autres, d’ailleurs. « Les bas-reliefs dont les portes monumentales de Sanchi sont couvertes; dit
Le Bon, offrent généralement des scénes de la vie de Bouddha lorsqu’il était prince, ou pendant ses existences antérieures, Le réformateur n’est nulle part représenté dans les attitudes conventionnelles, debout ou assis, les jambes croisées, qui devinrent universelles plus tard’. » Les emblémes qui surmontent son linteau supérieur sont, au milieu, le Tchakra‘ou roue de la loi, et sur les cétés, le Zrisula ou trident (fig..3 et 4), embléme du Bouddha, dont le pied est représenté par une empreinte sur le pied-droit du cété gauche, a sa base. Ces deux emblémes, avec le lion qui leur est ordinairement associé, sont ceux de la triade boud- ‘dhique, Bouddha, la Congrégation et la Loi. On s’accorde assez généralement pour dater ces quatre belles portes ‘sculptées des premiéres années de l’ére chrétienne, en l’an 20, environ, Elles furent élevées sous le
1. Le Ychakra représente la roue symbolique de la loi, c’est-a-dire la répétition continuelle des quatre vérités élémentaires et des huit chemins préchés par le Bouddha. Mais c’est aussi le cercle d’acier tranchant sur son pourtour extérieur qui fut longtemps et est encoré en certaines régions, l’arme de jet ‘des Hindous. Ainsi compris, le mot tchakra s’applique a la foudre des dieux,c’est pourquoi: « la loi est ’arme par excellence | contre les démons et contre les passions. » Cf, L. de Milloué. ’ Religions de l’Inde, p. 164. Le Trisula ou trident symbolique est un embléme diversement expliqué; les archéologues anglais, et parmi, eux Cunningham, pensent qu’il représente Dharma, ‘autre symbole de la loi. Comme signe bouddhique il répondrait peut-étre aux cing éléments de l’univers matériel]. (Fergusson, Tree and Serpent Worship. Londres, 1873, p. 115.) Birwood voit dans le Trisula ¢ivaiste (fig. 4) un embléme des forces productives ae la nature. cahe industrial Arts of India, I., p. 106.)
L’? ARCHITECTURE RELIGIEUSE. eee
reone de Sri Satakarni, troisigme roi de Magadha. Encore a cette époque, fee sculpteurs copiaient servilement les ceuvres des charpentiers avec la pierre. : Tel est, trés sommairement deéctit, le fameux tope de Sanchi, un des plus vénérables monuments des Indes. Nous ajouterons que les pferres du revétement ‘
, FIG. 3. — 1RISULA : FIG. 4. — THISULA (SANCHI), (TEMPLE DE POUR),
extérieur étaient peintes, comme toutes les sculptures d’ailleurs, et en cela les artistes imitaient les constructions de bois, toutes pareillement peintes. Dans les diverses régions ou se dressent les stoupas, on les rencontre toujours massés par groupes. A Sanchi, il y en a six ou sept, trente-sept 4 Bhojpour; ils sont nom- | breux a Bhilsa! dans le Bhopal, 4 Gaya dans le Béhar,.
. Us comptent parm les plus hauts topes; on en a décrit qui mesurent jusqu’a trente métres de hauteure Cf. Cunningham, The Bhilsa topes, p. 183. Les archéologues anglais ont fait remarquer. que le plan fondamental des topes avec leurs palissades et leurs quatre portes forme la figure du fameux swastika ou croix gammeée (fig. 5) dont nous parlerons plus loin, et qui est la. croix mystique ou filfot des bouddhistes (Cf. Birwood, loc. Oe
a Sarnath prés de Bénarés, 4 Jelalabad, etc. Mais tous ces topes ne sont pas contemporains, Les plus anciens sont ceux de Gaya, de Bharhoud, de Sanchi,
ment le,magnifique tope d’Amravati « qui
oe date des premiers siécles de l’ére chrétienne
swastixa, €t montre l’art classique de l’Occident com-
' biné, dans une fusion harmonieuse, avec Part de l’Inde’ ».
Il. faut considérer comme appartenant au genre
des topes la fameuse construction de Bouddha-Gaya
E | a peu prés de laméme époque (250 av. J.-C.). al Ceux du Bérar sont plus récents, notam-
(fig. 6), célébre pour ses magnifiques sculptures, ou
éclate influence grecque. Nous y reviendrons par la
3 suite. Le temple de Bouddha-Gaya est un édifice pyra-
midal, a neuf étages, d’un type qu’on ne rencontre nulle part ailleurs en Inde. S‘il fallait le comparer a quelque forme.d’architecture asiatique, ce serait avec les tours des régions situées au dela du Thibet que ce temple offrirait le plus de rapports 7, comme aussi avec les gopuras pyramidaux des pagodes dravidiennes, La date de ce monument n’est pas antérieure
p- 113.) Fergusson n’hésite pas a considérer les topes avec leurs dagobas comme des descendants directs des tumuli touraniens relevés en Lydie, en Etrurie et dans les steppes de la Scythie septentrionale... Pea
1. Sylvain Lévi, loc. cit., p. 706. Sur le tope d’Amravati, consulter le mémoire de Wilson, Arina antig, p. 32-39. Schnaase; loc, cit., p. 109. Fergusson, The illustr. Handb. of Architect. I. fi 03.) Et. sur les topes du nord de l’Inde, Birwood, loc, cit., p. 112.
2. Birwood, loc. cit., p. 114. Fergusson, History of Indian and Eastern Architecture, p.*7o.
au vie siécle de notre ére. G. Le Bon, qui en a donné considéré comme beaucoup
une excellente figure’, l’a
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