‹ L'art indienChapitre 100 sur 160 · POTERIE VERNISSEE DU SIND · texte numérisé non relu

POTERIE VERNISSEE DU SIND

peintes et vernies, qui produisent un effet riche et élégant. Ils excellent a figurer-de petits éléphants richement caparaconnés, portant un palanquin ou se dresse un rajah impassible sous le dais pourpré. Sur le cou de la béte est assis un cornac tenant le couteau a croc qui lui sert a diriger la béte, dont la trompe tendue, les oreilles étalées sont barbouillées de couleurs vives. De pareils sujets sont traités dans les autres villes avec un

art égal, et aussi les jonques chargées de passagers et de rameurs, avec des proues sculptées, pavoisées, Les personnages des deux sexes, les vaches, chéres aux Hindous, les tigres et les singes, les paons 4 la queue €ployée, sont les sujets les plus courants. Les dimensions de ces figurines sont toujours réduites.

Quand il s’agit de bas-reliefs, V’artiste fait parfois plus grand. Le modelé est ordinairement peu accusé, le relief assez plat. Scénes mythologiques ou familiéres, empruntées aux chasses, aux fétes, figurations d’animaux, se succédent la comme sur les peignes (fig. 79) ou les éventails, les chasse-mouches (fig. 80), dont les tourneurs fabriquent les manches. Ces ouvriers évident aussi des bracelets, des anneaux, surtout au Bengale, tandis que les mémes objets faconnés en écaille de tortues ont des articles de Bombay ou du Guzerat. Les ouvriers en laque imitent I’écaille sur les cannes, en enduisant les batons de bois, avec des cires colorées et des vernis siccatifs qui prennent, une fois séchés au feu, la consistance de la corne.

Les objetsfen corne sculptée proviennent surtout de Ratnagiri, de Sawuntiradi. Mais des ouvriers s’adonnent a cette industrie en bien d’autres villes.

Les éventails, les diverses espéces de chasse-mouches, les ombrelles et les grands parasols officiels mériteraient une étude détaillée et compléte. Mais cette étude, pour étre menée a bien, nécessiterait une connaissance profonde de la plupart des arts industriels, notamment de celui du brodeur. Lvivoire, le bois sculptés, les montures d’orfévrerie rehaussées d’émaux ou chargées de gemmes, s’associent 1A avec les plumes

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de paon, les tissus brodés, les crins de la queue du yack. Si les éventails-les plus simples, qu’ils soient montés sur un long manche ou munis d’une simple poignée, sont faits de fines tigelles de bambou tressées, de fibres de palmier ou méme de feuilles entiéres soigneusement rebordées, couvertes de peintures éclatantes, les plus riches sont de plumes, Par leur forme générale, ils se rapprochent plutdét du flabellum antique en forme de cuiller plate, et rentrent dans la catégorie des chasse-mouches.

Dans le cérémonial de la cour des empereurs mogols, la nature, la dimension de tous ces objets sont soigneusement définies.

Parmi les productions artistiques en pierre sculptée, il faut citer les FIG. 87. figurines du Radjpoutana (fig. 81) LOT EEYE . . , . VERNISSEE et aussi les petits vases. Les €rudits

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anglais ont voulu reconnaitre, dans les vases en agate de Baroach et de Cambaye, les fameux vases murrhins dont il est fait si souvent mention dans les auteurs latins. « Les meilleures agates et cornalines, dit Birwood, se trouvent 4 Ratampur, prés de Barouch, et sont importées 4 Cambaye pour étre travaillées en coupes, sauciéres, manches de couteaux, grains de colliers, et autres ornements. Les animaux sont sculptes dans le chlorite noir a Gaya (division de Patna en Bengale), en marbre blanc ou en gris rougedtre a Ajmir et

en d’autres places du Radjpoutana, et on trouve dans

ces sculptures de pierre la méme justesse de rendu que dans les meilleurs ivoires d’Amritsir, de Bénarés et du Travancore. » Les éléphants de marbre blanc ou noir que nous figurons (fig. 82 et 83) avec quelques autres objets de méme genre, donnent des exemples de ces petits travaux que l’on fait aussi dans le Penjab et dans le Kashmir, of s’emploie particuliérement le jade, La stéatite et le talc, d’autres Pierres tendres, sont travaillés en diverses villes du nord-est et du nord-ouest, a Singbhum, 4 Mambhum, et surtout dans le Chotia- Nagpore, ou de grands gisements de lardite ont fait de la fabrication des vases et des plats une véritable industrie indigéne, extrémement ancienne et toujours florissante. Les sculpteurs du Guzerat, du Kattyawar, sont également réputés, comme ceux d@Agra, qui copient traditionnellement les monuments célébres de leur ville, réduits a de petits modéles destinés aux étrangers. I] faudrait citer encore les vases, les aiguiéres, les plateaux que fabriquent, en diverses Pierres dures ou tendres, les sculpteurs du Mysore, du Ratnagiri, etc. ;

I] est bien difficile, sinon impossible, de faire un départ entre toutes les ceuvres de la grande et de la petite sculpture, d’autant que ces ceuvres, sans distinction de dimensions et d’importance, sortent toujours des mémes mains. En Inde, le macon cumule toutes les fonctions se rapportant a l’architecture. I] est tout aussi capable de construire une maison ou un temple, que de modeler les statues en terre, ou de faconner des figurines, et aussi de sculpter la pierre. I y a cependant diverses catégories parmi ces ouvriers ou

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ces artistes. Dans le sud extréme de I’Inde, les mouchys ou peintres se chargent de faire les mignonnes statues peintes reproduisant les dieux, les bayadéres, les princes et les gens du peuple, et de peindre aussi sur talc ou sur quelqu’autre substance toutes ces divinités A face rouge ou bleue, coiffées de mitres dorées, que l’on trouve couramment dans les bazars de Pondichéry et de Madras.

Les figurines de terre cuite ou de bois enduit d’une pate peinte comptent parmi les pluscharmantes productions du petit art indien.

Bien que la plupart de ces statuettes soient fabriquées pour l’exportation, elles n’en sont pas moins exécutées avec un soin et une franchise qui font de toutes les meilleurs spécimens ethnographiques Fie. 88.

que Von puisse garder dans une ROPER ey collection indienne. Les statuettes et bate de Bénarés sont, a bon droit, les plus fameuses; elles représentent la plupart des divinités pouraniques. On en fait de toutes matiéres, en or, en argent, en étain, en cuivre, en bronze, en laiton, en argile, en pierre ou méme en bois.

Suivant leur substance constitutive, ces images sont fabriquées par des corps de métiers différents. Celles de métal sont destingées au culte indigéne, chaque -Hindou en conserve dans sa maison, et la dévotion dont elles sont l’objet n’est pas en rapport avec leurs

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