LA SOIE
De tout temps les Hindous l’ont employée’ soit pure, soit mélangée avec le coton ou la laine; les deux
1. Cf., Vintéressant Mémoire de G. Ferry sur les manufactures de l’Inde occidentale, dans Administration Report, 1872- 1873, Bombay, et Forbes Watson, The textiles Manufactures and the Costumes of the People of India.
derniers cas sont les plus fréquents, car des prescriptions religieuses défendent aux Musulmans de porter des tissus tout soie. Et il ne faut pas oublier que c’est . dans les régions de. l’Inde islamique que l’industrie et Part ont toujours été le plus développés. Aussi les satins et les velours tramés coton doivent-ils étre tous considérés comme indiens par leurs origines. Savary et autres lexicographes du siécle dernier nous ont laissé l’énumération de ces tissus parmi lesquels les aranis, les attlas et les diverses sortes de brocarts sont toujours cités.
Ces soieries étaient tissées a origine avec des soies venues de Chine, comme le sont encore les belles étoffes faites 8 Bombay. Mais l’Inde a ses espéces de bombyx séricigénes, soit qu’elles lui soient propres comme certains attacus, actias et saturnia, soit qu’elles soient les sericaria mori de Chine et espéces voisines 4 demi domestiquées, vivant sur les arbres en liberté’. « Bombay et Calcutta, ainsi que quelques établissements moins importants de Vintérieur du Bengale, peuvent étre considérés comme les seuls centres ot la sériciculture soit 4 peu prés florissante. Le nombre moyen d’ouvriers.employés dans ces entreprises est considérable. La plus grande partie de la soie filée dans les filatures européennes de I’Inde est envoyée brute en Europe; la soie fournie par les
1. Outre les nombreux Mémoires de Guérin Méneville et Maurice Girard dans les Bulletins de la Société d’acclimatation et les Bulletins et Annales de la Société entomologique de France, on consultera sur les bombycides séricigénes : Maurice Girard,
Manuel da’Entomologie, Paris, 187g, t. Ill, et Brehm, Les insectes (trad. Kunckel d’Herculais), Paris, 1885, 2 vol. in-4°, t. III.