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Le Bon, Civilisations, p

L’ART HINDOUISTE. SS

monuments hindous, militaires, civils ou religieux, antérieurs 4 la conquéte musulmane. I] a prévalu depuis et est encore observé aujourd’hui, quand Vart indigéne ne copie pas les productions européennes. « Ces votites, qui permettent, dit G. Le Bon, de couvrir de grands espaces avec peu de matériaux, ... portent en elles leur germe de mort. Elles ne dorment jamais, disent avec raison les Hindous, Dans un pays sujet aux tremblements de terre et a toutes sortes d’accidents atmosphériques, les monuments construits suivant nos régles européennes ne durent guére; les édifices batis par les Anglais en sont la preuve. Si les monuments avaient été construits d’apres nos régles d’architecture, il y a longtemps qu’ils seraient réduits en poussiére. Qu’il s’agisse de soutenir le tablier dun pont, de recouvrir un édifice, les Hindous font toujours usage de volutes a assises horizontales, c’est-adire de pierres disposées par assises superposées de facon que chacune d’elles fasse saillie sur celle placee au-dessous. Si espace 4 couvrir est considérable, on ajoute aux piliers qui supportent les pierres de la circonférence une seconde rangée de piliers rapprochés du centre de cette circonférence. Méme aprés que les musulmans eurent généralisé l'emploi des voites et arcades a points convergents, les Hindous refuserent toujours d’en faire usage, et ce n’est qu’exceptionnel- lement qu’on les voit figurer dans leurs temples. Il n’est pas supposable, d’ailleurs, qwils aient ignore ce mode de construction avant les invasions musulmanes; en admettant qu’ils ne l’eussent pas connu, comme les Egyptiens, de toute antiquité, les Grecs, avec lesquels

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ils étaient autrefois en relation, le leur auraient certainement appris?. »:

Quant a l’épaisseur des parois, toujours plus considérable que ne le demande la streté’ absolue. de Pédifice, elle apparait comme une des nécessités premiéres.de l’architecture en des régions ou la fréquence des secousses du sol et la violence des pluies auxquelles succéde une sécheresse torride, rendent la’ solidité assez précaire. Les murailles sont, presque toujours, construites en multiples assises de briques appareillées soigneusement et jointes avec du mortier. La qualité de ces matériaux n’assure pas une grande durée aux ceuvres, & moins quils ne constituent d’énormes massifs. Ainsi a-t-on pu, sans sacrifier a Daspect imposant des édifices,leur assurer une- durée indéfinie. Je mets en fait que, s’ils avaient été quelque peu entretenus, les plus anciens se dresseraient encore dans leur splendeur premiére. Mais, en Inde, les monuments,’comme les villes, sont aussi rapidement abandonnés qu’élevés. Les plus anciens livres d’architecture hindoue ont fixé, d'une maniére trés étroite, les canons qui sont toujours restés en vigueur et qui’ veulent que les quatre dixiémes’ de l’espace total soient, dans la batisse, occupés par les murs; les six autres dixiémes restent réservés pour l’espace libre. Parmi les soixante-quatre traités que nous ont laissés les architectes hindous et qui forment la collection du Silpa Sastra, celui de Ram-Rat sur l’art dravidien est, quoique fort ancien, toujours des plus estimés. Son texte s’appuie sur de nombreuses figures, ow se

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