‹ L'art indienChapitre 4 sur 160 · Godwin Austen, Journal anthropol. Instit., 1. p · texte numérisé non relu

Godwin Austen, Journal anthropol. Instit., 1. p

carrées, closes, formées par de larges dalles symétriquement assemblées, et certains de ces édicules sont assez grands pour qu’un homme puisse s’y tenir debout. © Que ces caissons aient servi d’habitations, c’est une hypothése qu’il faut rejeter. Mais on a toutes raisons de croire quils ont servi de tombeaux. Les coutumes locales, observées dans le Travancore par M. Baker, font comprendre pourquoi l’on édifiait et l’on édifie encore ces dolmens carrés, qui sont des sépultures et aussi des autels dédiés aux ancétres!. Les morts des tribus Malas sont, aujourd’hui comme avant, déposés dans des foréts sacrées ou l’on construit ces petits caveaux en miniature dont. une des faces porte une fenétre ronde par ou Vesprit du mort, qui est censé roder autour du monument, peut entrer et sortir 4 son gré. Des sacrifices, des offrandes de fleurs, de sucreries, d’arack, faits a des époques régulicres, honorent la mémoire du mort, représenté par une pierre ou une petite image de bronze. Certains archéologues anglais considérent ces coutumes comme une tradition d’époques passées ot! les mémes races élevaient des constructions mégalithiques. « Ce peuple, dit M. Walhouse, devenu incapable d’ériger des masses énormes comme on.en voit sur les collines et dans les plaines environnantes, a voulu cependant en conserver usage en les réduisant a de petites dimensions. Si telle est la vérité, elle nous aide 4 expliquer ce qui a fort souvent embarrassé les antiquaires de l’Inde. On trouve fréquemment, dans l’Etat de Coorgh et ailleurs, des urnes

1. Fergusson, Monuments mégalith. — Meedons Taylor, Transactions of Royal Irish Soc., XXIV, p. 329.

et d’autres ustensiles d’un si petit modéle que l’on peut les comparer 4 des jouets d’enfants. Les indigénes les attribuent 4 une race de pygmeées. I] est beaucoup plus naturel d’y voir les traces dune religion expirante, chez qui les symboles ont remplacé la réalité’. »

Nous ne pouvons nous étendre sur ces mobiliers funéraires, non plus que sur la nature, l’état et la disposition des squelettes ou des cendres trouvés dans ces sépultures. La simplicité du plan de ce manuel ne nous permet qu’un rapide examen des origines indiennes, elles sont.du domaine de l’archéologie pure, Il y a, en effet, bien d’autres types dans les monuments primitifs de l’'Inde, comme les cairns, les tumuli, et aussi ces pierres a écuelles ou lon voit les femmes hindoues apporter l’eau sacrée du Gange, recueillie au prix de voyages ot elles ont parcouru, parfois a pied, plusieurs centaines de lieues, pour arroser ces signes « dans les temples ot elles vont implorer la divinité en vue de devenir méres’.». Certains auteurs ont voulu

y. Fergusson, Monum. mégalith., déja cité. — Meadons Taylor, Transactions of Royal Irish Society, XXIV, p. 329. « Ces petites loges carrées sont attribuées 4 des nains, aujourd’hui disparus; on raconte d’autres légendes encore. Ainsi on dit « que ce sont des hommes qui, pendant qu’ils cherchaient un lieu de campement pour les éléphants du Roi des Nains, furent changés en pierres parce qu’ils ne voulaient pas se tenir tranquilles. De méme pour les rocs du Shahpoor, ceux autour du parallélogramme étaient des hommes, et les plus grands étaient des chefs. Les pierres grises et noires et le granit qui couvraient le tumulus étaient des bestiaux qwils avaient volés. C’est parce qwils n’avaient pu s’entendre pour le partage que le Roi des Nains les avait tous changés en pierres. » Cartailhac, la France preéhist., p. 188.

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