‹ L'art indienChapitre 5 sur 160 · Cartailhac, loc. cit · texte numérisé non relu

Cartailhac, loc. cit

voir, dans ces blocs de pierre ol sont aménagées des cavités reliées entre elles par des rigoles, les autels des farouches religions primitives qui demandaient des victimes humaines. D’autres, sans doute plus prés de la vérité, considérent les pierres a écuelles comme destinées a la préparation du soma des Brahmes’. « Quelques-unes de ces excavations, en effet, sont entources de rigoles qui rappellent par leur disposition celles qui se trouvent sur-la partie inférieure ou base des lingas?.'»

1. L. de Milloué, Histoire des religions de l’Inde, Paris, 1890, in-8°, p. 291. Il existe encore aujourd’hui dans l’Inde quelques congrégations de Brahmanes adorateurs d’Agni qui continuent a célébrer leur culte d’aprés les régles védiques, et sans temple (Id., ibid., 290).

2. Le soma est le suc d’une asclépiadée mélangé avec du lait pour le faire fermenter. C’est la principale offrande recommandée dans le rituel védique. Dans la religion indouiste « le dieu Soma est deyenu définitivement le régent de la lune et se confond méme avec cet astre ». (L. de Milloué, loc. cit., p. 251.) Le Soma védique, considéré comme Dieu, ne se sépare pas d’Agni, flamme de Vautel, bienfaiteur de humanité; comme lui, il est une divinité du feu, qu’il clarifie, active. C’est la boisson des sacrificateurs, auxquels il donne Vinspiration. C’est aussi le breuvage des dieux; il leur donne l’immortalité. « Nous le retrouvons en cette qualité dans le Brahmanisme sous le nom d’Amrita... et dans les religions indo-européennes sous celui @Ambroisie. » (Id., ibid., p. 30.) — « Le linga est une colonne cylindrique arrondie par le haut et reposant dans une sorte de cuvette munie d’un déversoir en forme de bec creusé dune rigole. Il rappelle, prétend-on, l’ancien appareil a fabriquer le soma, le mortier sacré avec son pilon dressé au milieu. En réalité, c’est le symbole de l’énergie créatrice de la nature, le phallus et le ctéis réunis, » (Id., ibid., p. 240.) Pour l’histoire des religions de l’Inde, nous recommandons l’excellent ouvrage de M. L. de Milloué auquel nous empruntons ces citations. Une bibliographie trés compléte le termine,

Mais le principe essentiel qui nous semble devoir étre tiré des monuments barbares et primitifs de l’Inde, c’est qu’une arche, un caisson de pierre fut ordinairement édifié pour recueillir les cendres ou les ossements d’un mort, que ce fussent ceux d’un homme quelconque ou ceux d’un personnage fameux. Autour de ces reliques, un culte s’établit. Le Aist contenant les dépouilles ou en signifiant le souvenir est le point essentiel du monument, dolmen, cairn ou tumulus; il deviendra, avec le temps, le dagoba bouddhique, comme letumulus qui le recouvre deviendra le stoupa ou tope, puis; plus tard, la chapelle ou chaitya ouverte alors au culte des fidéles.

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