CHAPITRE V
La Peinture.
Outre les ouvrages précités de Lassen, Schnaase, G. Le Bon, etc., cf. : Cole, Catalogue (précité). — Birwood, The Iudustr. Arts of India. — H. Hendley, Ulwar and its Arts Treasures, Londres, 1888. — Id., Memorials of the Jeypore exhibition, Londres, 1884. — Marquis de la Mazeliére, Moines et ascétes indiens, Paris, 1808.
Si Yon a pu dire que Vhistoire de la sculpture , indienne n’est que histoire d’une décadence, ce reproche peut s’adresser, en toute justice, 4 la peinture. De celle-ci, les monuments anciens manquent a peu prés complétement. A partir de la période musulmane, c’est la tradition persane qui se substitue a la tradition indienne; seules les peintures religieuses du genre le plus commun continuent a reproduire les divinités du panthéon pouranique ou 4 dérouler sur les murs et les colonnes des riches maisons les scénes ou les orne= ments les plus usuels.
Cependant, dans l’Inde ancienne, la peinture a brillé du plus vif éclat, elle y fut cultivée avec passion. «Les
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palais avaient de vastes galeries ornées de tableaux qui retracaient les plus fameux épisodes de la légende et de l’épopée ; une personne d’une bonne éducation, sans distinction de rang et de sexe, savait peindre un portrait. » ’ Mais de toutes les peintures de ces époques passées, il ne nous reste plus rien que quelques fresques des caves bouddhiques d’Ajunta. Et encore ces débris ne seront-ils bienté6t plus qu’un souvenir. « Ces fresques remarquables, qui avaient bravé l’action du temps, n’ont pas échappé 4 la main des restaurateurs de profession. Grace a lidée peu ingénieuse que ceux-ci ont eue de les recouvrir de vernis, elles ont été plus abimées en dix ans qu’elles ne l’avaient été en dix siécles. Quand je les ai visitées (vers 1884), le vernis s’écaillait de toutes parts, entrainant la peinture, dont les fragments s’entassaient sur le sol?. »
L. Rousselet, qui visita les caves d’Ajunta vingt ans avant G. Le Bon, les avait vues en meilleur état, mais il en prédisait la ruine : « Malheureusement, ces peintures ne dureront plus longtemps; dés qu’elles sont écaillées sur un point, Phumidité détache la chaux et le panneau tombe en entier. Les voyageurs anglais ont accéléré la dégradation par leur déplorable manie de collectionner; en maints endroits, ils ont détruit une fresque pour emporter une téte.? » Cependant, on