‹ L'art japonais (volume 2)Chapitre 120 sur 159 · TEINTURIERS JAPONAIS · texte numérisé non relu

TEINTURIERS JAPONAIS

(D'après Hokousaï. )

LES TISSUS

pinceau sur la soie même, et les rares signatures que Ton rencontre sont celles des artistes peintres. Cette coutume explique que certains foukousas soient l'œuvre des maîtres célèbres. J'en possède un qui porte la signature de Tanyu; un autre est de Kôrin et un

FO UKOUS A.

(Collection de M. Alph. Hirsch. )

autre pourrait être attribué à Shiountshio ou à la jeunesse de Hokousaï; les grues sur fond rose pêche, appartenant à M. de Nittis et reproduites ici en couleurs, sont signées : Kôtokou. Le brodeur n'est qu'un artisan, un copiste d'une incomparable adresse- La plus nombreuse collection qui ait été formée est celle de M. de Nittis. En concentrant ses efforts sur cette série unique, ce

dilettante raffiné de Fart japonais est parvenu à réunir plus de cinquante carrés brodés, d'une qualité très artistique. Les collections de Paris renferment, d'ailleurs, les plus beaux foukousas du monde; au dire de M. Wakaï, il n'en existerait plus au Japon qui puissent rivaliser avec quelques-uns d'entre eux. On cite, parmi les pièces monumentales, la grande carpe remontant le fil de l'eau, sur fond brun, et les paons sur fond rose thé, appartenant à M. Alph. Hirsch. Les langoustes brodées en noir sur fond de satin blanc que nous reproduisons plus haut datent, comme celles-ci, de la seconde moitié du xvine siècle. J'y admire surtout la grandeur de l'esquisse à l'encre de Chine que le brodeur a rendue dans toute son énergie. Les foukousas du xixe siècle se font surtout admirer par le fini de l'exécution. Les fameux pigeons de M. de Goncourt, qui appartiennent à cette époque , sont le dernier mot du trompe-l'œil pictural.

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