MER
tït
PORTRAIT EN SILHOUETTE D'UN MEMBRE D'UNE RÉUNION DE THE. ( D'après une gravure de Koua-Setsou.)
Les usages auxquels la poterie avait eu jusque-là mission de satisfaire étaient limités : on avait confectionné des récipients destinés à contenir les liquides, les urnes pour recevoir les offrandes sacrées ou pour servir aux cérémonies du culte; d'autres vases enfin servaient à renfermer les bijoux qu'on enfouissait avec les morts, suivant une pieuse et antique coutume. Cependant, à mesure que le bien-être d'un peuple augmente, il surgit de nouveaux besoins rendant nécessaire la création d'un matériel nouveau et fournissant ainsi un aliment de plus à la pratique des arts.
A ce point de vue aucun facteur n'a exercé sur la céramique une action plus active et plus constante que l'introduction du thé au Japon. Il est difficile de se représenter toute la place que cet usage a conquise dans les mœurs japonaises dès le jour où il y est entré, et toute l'importance du rôle qu'il y a tenu par la suite.
La feuille du thé avait pénétré pour la première fois au Japon dans le courant du vme siècle, au début des relations ouvertes avec la Chine; la culture en fut ordonnée dans plusieurs provinces du Japon dès l'année 8i5; mais il paraîtrait que pendant longtemps la population y serait demeurée indifférente. Toujours est-il qu'à partir de 1200 seulement on s'adonne efficacement à la reproduction de ce végétal, et c'est à ce moment que la consommation du thé devient générale, grâce aux efforts persévérants d'un prêtre nommé Koben, qui s'était adonné à cette vulgarisation après avoir organisé des plantations considérables.
Un des premiers soins de Koben fut de chercher à se procurer des vases bien conditionnés et bien adaptés à l'usage auquel ils étaient destinés, et ce fut un potier du nom de Toshiro, habitant le village deSéto dans la province d'Owari, qui répondit le premier à son appel.
C'est à Toshiro qu'on doit les premiers pots à thé appelés Tshiairé, ces petits vases que tout le monde connaît, hauts de 6 à 8 centi-