‹ L'art japonais (volume 2)Chapitre 124 sur 159 · FLEURS DE THE · texte numérisé non relu

FLEURS DE THE

(D'après Hokkeï.)

antiquité ou son histoire, et ces marques de faveur étaient reçues

LA CÉRAMIQUE

avec une grande vénération pour être léguées de père en fils comme de précieuses reliques.

Les règles de l'étiquette qui régissaient ces réunions auxquelles on avait donné le nom de thsianoyou ont été formulées à la longue ; mais elles furent résumées et codifiées par des hommes compé-

BOT. A THE ET FLEURS DE CAMELIA. (D'après une gravure de Kôhitzou.)

tents appelés tshiajin qui avaient fait une étude spéciale de l'art de prendre le thé, et dont la passion ne consistait pas seulement au savourement de la liqueur, mais encore s'étendait à tout ce qui de près ou de loin y avait rapport. Avant tout, chaque maître de tshianoyou se doublait d'un collectionneur de poteries : il n'était accessoire de vaisselle, si insignifiant qu'il pût paraître, dont le choix ne devînt une grave affaire et l'objet d'un raffinement particulier. Non seulement ces délicats entretenaient des rapports avec des potiers

habiles pour faire exécuter les modèles ingénieux qu'ils avaient imaginés , mais encore il n'était pas rare de les voir pétrir euxmêmes la matière et façonner les objets conformément à leurs vues. Il a existé à différentes époques des tshiajins dont la célébrité égala celle des plus grands artistes. Chacun d'eux avait mis à la mode des méthodes spéciales relatives à l'emploi et à la confection des ustensiles, et toute personne versée en la matière reconnaîtra sans hésitation de quelle école relève tel bol ou tel autre accessoire.

Celui qui passe pour avoir le premier groupé tous les préceptes du tshianoyou s'appelait Shouko et vivait en 1450 à la cour du Shiogoun Yoshimasa. La faveur de la cour s'attacha particulièrement aux solennités du tshianoyou organisé par Shouko pour qui le Shiogoun professait une vive amitié.

Lorsque plus tard ce prince fut contraint d'abandonner le pouvoir, il se retira dans sa villa de Higashiyama, près de Kioto, et s'y livra tout entier à son délassement favori. Cette résidence acquit de ce fait une célébrité qui dure encore et le Yamashiro- Meïsho nous apprend que Yoshimasa y fonda une véritable académie chargée de rassembler et de coordonner tous les éléments pouvant se rapporter aux fêtes du thé et à ce qui s'y rattache. Les seigneurs qui avaient suivi l'ancien Shiogoun dans sa retraite se vouèrent avec ardeur au même culte, et c'était à qui en augmenterait l'éclat par la découverte de quelque rare spécimen de poterie ou de laque. Il se formait ainsi une collection remarquable d'antiquités de toutes sortes, à laquelle venaient se joindre les ustensiles modernes exécutés chez les artisans les plus renommés du pays d'après les indications personnelles des aristocratiques amateurs, leurs émules.

Cependant , soit que ces derniers n'aient pas jugé certains ouvrages exécutés au dehors à la hauteur de leurs exigences,

LA CÉRAMIQUE

soit que ce fût sous l'empire d'un engouement toujours croissant, bientôt Yoshimasa et ses adeptes ne voulurent plus d'aucune poterie qui ne fût façonnée de leurs mains. Les premières ébauches furent soumises à la cuisson dans des fours du voisinage; mais plus tard on se décida à en construire dans l'enceinte même de la résidence princière , de manière à y créer un véritable lieu de fabrication dont les produits sont connus sous le nom Higashiyamayaki. Ajoutons qu'un long avenir n'était pas réservé à cette entreprise; son importance décrut rapidement à-" la mort du prince , et bientôt cette production tomba dans &- ^^-^ une décadence complète .

Il est à remarquer que

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