‹ L'art japonais (volume 2)Chapitre 125 sur 159 · BOITE EN PORCELAINE BLEU ET BLANC ATTRIBUÉE A SHONSOUI · texte numérisé non relu

BOITE EN PORCELAINE BLEU ET BLANC ATTRIBUÉE A SHONSOUI

(Collection de M. S. Bing.)

jusqu'ici nous avons surtout trouvé occasion d'enregistrer une succession d'initiatives isolées, parties de milieux différents, se produisant à de longs intervalles et procédant en quelque sorte par soubresauts sans se relier entre elles.

Le premier céramiste japonais appelé à fonder une œuvre durable va apparaître au commencement du xvie siècle, et avec lui, c'est la porcelaine proprement dite, le blanc et éclatant produit du kaolin qui pénètre dans la fabrication japonaise.

Gorodayu-Shonsoui, natif de la province d'Icé, s'était embarqué en i5io pour la Chine qui venait, sous la dynastie des Mings, de porter la fabrication de la porcelaine à une grande perfection. A son retour, Shonsoui construisit des fours dans diverses loca-

lités de la province de Hizen où il avait découvert des gisements de kaolin; il propagea ses connaissances et fonda un centre de fabrication dont la réputation est devenue universelle par la suite.

Là se bornent les principaux titres de gloire que nous puissions sans exagération reconnaître à Shonsoui, car les produits qu'il a créés paraissent des plus modestes et ne constituent qu'un reflet affaibli des splendeurs de la porcelaine chinoise de l'époque. Il convient de dire aussi que la simplicité des mœurs japonaises se serait peut-être mal accommodée de l'apparition subite de ces pièces aux envergures imposantes et aux luxuriantes tonalités. Quoi qu'il en soit, la porcelaine débute au Japon timidement sous la forme de modestes objets d'utilité et simplement ornés de la peinture bleue sous émail à laquelle les Japonais ont donné le nom de sométsouké. Les pièces originales fabriquées par Shonsoui sont presque introuvables ; moins rares sont celles des deux frères Gorohatshi et Goroshitshi, ses élèves, dont les productions nous sont mieux connues. Les deux frères se sont adonnés beaucoup à la fabrication de grandes tasses à thé offrant des rinceaux bleus largement tracés sous une couverte brillante recouvrant une pâte assez grossière. Nous donnons la reproduction d'un de ces bols. Le nom de Goroshitshi est d'ailleurs resté attaché à toutes les tasses de cette espèce.

Nous manquons de renseignements sur les successeurs directs de ces créateurs de la porcelaine de Hizen, et il est permis de supposer qu'il n'y eut de quelque temps aucun progrès sensible à signaler.

Cet état de choses dura jusque vers le déclin du siècle, mais alors se produit sous la puissante impulsion de Hidéyoshi une évolution dont les conséquences seront immenses pour l'avenir de la céramique au Japon.

Tout en poursuivant ses projets ambitieux, l'illustre Taïko était

LA CÉRAMIQUE

grand protecteur des arts, et, suivant en cela les exemples de certains de ses prédécesseurs , il s'était voué avec ardeur au culte du thé et au cérémonial fastueux qui raccompagne. S'étant formé à l'école de Rikiou, très célèbre tshiajin qui brillait à cette époque, Hidéyoshi s'était passionnément épris des beautés de la céramique. Cependant

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