BOL A DECOR PERSAN, BLEU SUR EMAIL GRIS CRAQUELE, PAR GOROSHITSHI
( Collection de M S. Bing )
il considérait comme très inférieure la production indigène de
l'époque et essaya de nombreux moyens pour la relever, tout en s'en-
tourant de préférence de poteries coréennes et chinoises. Ici se place
l'événement mémorable qui, portant à son apogée la gloire militaire
du Japon, présente en même temps un si vif intérêt à notre point de
vue spécial.
La double invasion de l'empire coréen (1592 et 1597) fournit
au Shiogoun l'occasion de poursuivre au milieu de ses triomphes les
idées réformatrices en matière d'art céramique qui étaient l'objet
de sa passion favorite en temps de paix. Il ramena au nombre de 11. 34
ses prisonniers toute une pléiade de potiers destinés à ranimer l'industrie indigène réduite aux abois. De même firent les grands seigneurs qui, à lajtêtede leurs clans, avaient pris part à l'expédition. C'étaient les princes de Satsouma et de Hizen, ceux de Higo, Tosa , Tshikouzen, Tamba et tant d'autres qui tous établirent, chacun dans sa province, les céramistes étrangers enlevés comme des trophées vivants aux pays qu'on était allé combattre.
De cette époque date la fondation d'un grand nombre de centres de production dont chacun a fourni une longue et fructueuse carrière. Mais si les nouveaux venus apportaient leur expérience et leur habileté, enseignant les principes de leur art et de leur école, il ne s'ensuit pas que la production japonaise allait s'asservir totalement à ces lois. L'ère qui s'ouvre marque au contraire l'instant où l'art vraiment national va prendre son essor pour s'élancer vers l'avenir glorieux qui lui était réservé.
Avant d'en suivre les développements successifs, il peut paraître intéressant d'analyser de près les éléments constitutifs que nous avons vu entrer dans la formation de cet art, et d'attribuer à chacune de ses sources la part qui lui est due.
NAISSANCE DE L ART CÉRAMIQUE PUREMENT JAPONAIS. — ANA- LYSE DES ÉLÉMENTS ÉTRANGERS QUI ONT CONTRIBUÉ A SA FORMATION.
Si la production de la céramique au Japon s'est modelée sur les coutumes du pays et le goût de ses habitants, si au fur et à mesure de son développement le génie natif lui a imprimé sa marque indélébile, on n'en reconnaît pas moins dans chaque création séparée la tradition originelle dont elle procède.
■ Il est permis de dire que les éléments co-
A réens et chinois se sont, dans l'art japonais, % réunis, semblables à deux courants qui se joil-J gnent sans d'abord se mêler, cheminent longtemps côte à côte et permettent à l'œil de les suivre sur une grande partie de leur parcours.
Nous avons vu que c'est à la Corée que le céramiste japonais a emprunté les premiers éléments de son art. L'influence coréenne s'est conservée vivace ; souvent même elle s'est manifestée par des productions du caractère le plus pur, et nous la rencontrons telle dans les Satsouma des premières époques , dans certains grès de
Tshikouzen, dans les terres de Karatsou ainsi que dans nombre de productions isolées.
Le type le plus caractéristique du style coréen , sans en être le