ECRIVAIN JAPONAIS
(D'après une gravure de Hokousaï, 1793.)
plus séduisant, se compose d'une poterie dont l'émail présente un ton d'ivoire rehaussé de peintures brunes d'une seule teinte; un autre genre, très prisé au Japon à cause de son caractère plus raffiné,
LA CÉRAMIQUE
se distingue par des dessins formés au moyen d'incrustations d'émail blanc dans un fond gris perle; d'autres séries sont fournies par l'application d'épaisses glaçures dont la vigueur éclate en tons brillants et chauds; enfin, mentionnons encore des pièces n'offrant d'autres ornements que de fines craquelures sillonnant des
BOITE DE KIOTO IMITANT LE STYLE COREEN, PAR KENZAN. (Collection de M. S. Bing.)
surfaces monochromes. Ce sont là les genres qui ont été fréquemment reproduits dans leur intégralité, tandis qu'il est d'autres types auxquels certaines particularités seules ont été empruntées pour être jointes à des éléments nouveaux.
L'art coréen pur frappe surtout par la simplicité des moyens employés qui prête aux objets un caractère éminemment artistique dans son ample rudesse ; c'est là une qualité qui devait tout d'abord
séduire l'artiste japonais, habile à dégager la beauté simple et naturelle des choses sans le secours des artifices qui, s'ils ornent par- 1 . fois, portent toujours atteinte à la pureté native des créations prime-
•J^klisUij j, sautières. Néanmoins cette qualité ne répondait qu'à une seule
face du tempérament japonais, composé étrange de naïveté et de raffinement, et ce dernier sentiment ne trouvait pas à se sa-
f- -Jt, )*~S*&z^$jXyrf?^ ^ tisfaire au milieu des
JW.
CROQUIS PAR HOKKE1
modèles quelque peu barbares fournis par la Corée.
A point nommé, la Chine vient apporter l'élément complémentaire en familiarisant l'artiste japonais avec des procédés scientifiques propres à parachever un art que l'habileté manuelle n'a su qu'ébaucher et dont l'expression la plus quintessenciée — la porcelaine — était restée jusque-là inconnue au Japon.
Les idées erronées qui ont eu cours au sujet de certaines porcelaines faussement attribuées à la Corée sont dissipées à l'heure qu'il est, mais il n'est pas inutile de proclamer ici que toute la porcelaine relève exclusivement de la Chine. La Corée n'est jamais allée au delà d'une composition de pâte offrant bien quelque sonorité et une certaine finesse, mais absolument dépourvue de blancheur et de transparence ; il est donc temps de restituer à la Chine ce qui lui appartient : c'est bien elle qui apporte la finesse et la grâce et qui vient corriger ce qui, dans la sauvagerie pit-
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