STATUETTE DE DHARMA (COLLECTION DE M.HENRI CERNUSCHI
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GRES EMAILLE .
ET CRAQUELE D OWARI ( Réduction au '/3 )
Imp. A Quantin
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LA CERAMIQUE.
agglomération prit le nom d'Arîta. Durant plus d'un siècle, on y cultiva la fabrication du sométsouké (porcelaine blanche à décors bleus sous émail) jusqu'au jour où survint une transformation qui allait ouvrir à la porcelaine de Hizen sa voie définitive.
Pour atteindre un tel résultat, c'est aux maîtres chinois qu'il fallait de nouveau demander aide et assistance; mais il n'était plus
JARDINIERE. D APRES UN DESSIN DE SHIOKOUADO.
besoin pour cela de se transporter sur la terre classique de la porcelaine. Au xviie siècle, il s'était établi à Nagasaki, le seul endroit ouvert au commerce de l'étranger, outre la colonie hollandaise, un certain nombre de Chinois, parmi lesquels se trouvaient d'habiles céramistes. Un habitant de la ville d'Imari , nommé Tokouyémon, se transporta au milieu d'eux dans l'année 1647 et se fit instruire dans l'art de décorer la porcelaine au moyen de couleurs vitrifiables relevées d'or. Ce n'est pas à lui pourtant que revient le mérite d'avoir appliqué les nouveaux procédés et de les avoir fait réussir. Il alla faire part des connaissances acquises à un personnage du nom de Kakiyémon et c'est celui-ci qui les fit adopter à Arita.
3oo L'ART JAPONAIS.
Kakiyémon fut alors chargé de la direction des fabriques ; et, non seulement il mit en usage les principes nouveaux, mais encore les développa si bien qu'il créa des productions toutes spéciales qui furent bientôt recherchées par les Chinois eux-mêmes. Des commandes importantes furent données par les étrangers et se multiplièrent rapidement. La fabrication fut alors poussée avec une ardeur sans exemple au Japon, et on ne peut en évaluer l'importance que par la masse de porcelaines de cette époque éparpillées en Europe, car les annales japonaises sont absolument muettes sur l'exportation en grand de ces produits dans nos pays1.
La singularité d'une pareille omission ne peut s'expliquer que par ce fait que la vente des porcelaines qui se faisait aux étrangers était illicite. Il est inadmissible cependant qu'une entreprise aussi importante ait pu être ignorée dans le qays ; mais peutêtre y avait-il un intérêt quelconque à ne pas constater officiellement les infractions commises. Il faut se rappeler que nous sommes en pleine féodalité, où chaque chef de province, bien que nominalement astreint aux lois de l'empire, agit cependant plus ou moins ostensiblement à sa guise. Or il semble probable qu'on fit semblant, en haut lieu, d'ignorer le trafic auquel se livrait le prince de Hizen, ne fût-ce que pour ne pas heurter de front un puissant seigneur dont le domaine se trouvait, par un bras de l'Océan, isolé de la grande île, siège du gouvernement central. Quoi qu'il en soit, les commandes affluèrent nombreuses en services de table, en grands vases et autres objets d'usage.
Le principal marché de ce commerce se concentrait dans la ville d'Imari, dont le nom est fréquement employé pour désigner la porcelaine d'Arita, mais qui passe à tort pour être un lieu de fabrication.
Tout le monde, en Europe, connaît la variété la plus répan-
i. Voir ce qui a été dit à ce sujet au paragraphe III des Laques.
LA CÉRAMIQUE
3oi
due de cette porcelaine dont une grande partie a été importée chez nous par la Compagnie hollandaise des Indes. Cette production constitue un genre bien caractérisé, qui ne manque pas de mérite, mais fatigue quelque peu par une uniformité exempte de toute espèce d'imprévu. C'est essentiellement un article de commerce, offrant sous toutes ses formes les mêmes bleus
sous émail avec une déco-
ration rouge et or agre-