KO UT A NI
qui lui était cher, et certes il ne pouvait avoir de plus ardent disciple. Tout à coup, un jour de l'année i65o, le nouvel initié disparut, emportant dans sa province tous les secrets du métier; et l'on pense s'ils tardèrent à être mis en usage avec empressement.
Mais les fours de Koutani , n'ayant pas été , comme ceux d'Arita, créés dans un but commercial, étaient de dimensions modestes et, de même que les productions d'Okavadji et de Mikavadji, étaient destinés à fournir le prince, le Shiogoun et par exception aussi quelques tshiajins renommés.
En donnant place ici à la petite aventure romanesque qui se raconte au Japon pour expliquer l'origine des porcelaines de Koutani, nous devons constater cependant que d'autres facteurs encore ont dû entrer en jeu en cette occurrence. Cette conviction s'appuie sur plusieurs faits, sur lesquels nous n'avons pu malheureusement obtenir aucune explication et que nous devons nous borner à livrer tels qu'ils s'imposent d'eux-mêmes.
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ANCIENNES FABRIQUES DE KIO'-TO ET DE YATSOUSHIRO Bols pour la cérémonie du thé
(Pièces de la collection de M.S Bind)
LA CÉRAMIQUE
Il est incontestable que certaines productions de Koutani accusent une affinité étroite avec des produits similaires de Hizen, et il existe des échantillons qu'on ne peut classer dans l'une ou l'autre catégorie sans se livrer à un examen approfondi (voir le dessin que nous donnons page 297). Mais ce sont là des exceptions. Dans ses grandes lignes, la porcelaine primitive de Koutani
JAPONAIS PEIGNANT UN BONHOMME DE NEIGE. (D'après Hokousaï.)
a infiniment moins de ressemblance avec le genre Arita (fabrication essentiellement typique, nous l'avons dit), qu'avec les véritables porcelaines de la Chine dont Koutani s'est bien certainement inspiré directement pour une bonne part. Le ton de certains émaux, comme aussi la disposition des décors, révèlent cette parenté d'une façon saisissante, et comme dernière preuve nous trouvons, reproduites à l'envers de nombreuses pièces, des marques chinoises de la dynastie des Mings.
3o8 L'ART JAPONAIS.
Concurremment à la tradition chinoise et aux réminiscences de Hizen, nous voyons se dégager des créations originales, œuvres de haut goût où l'éclat des émaux devient incomparable et dont les décors, tracés par la main du peintre Kano Morikaghé, ont une saveur particulièrement artistique. Nous ne saurions mettre sous les yeux du lecteur une meilleure représentation de ce genre de productions que le grand plat reproduit planche I (voir le premier volume de cet ouvrage, page 226). C'est une œuvre capitale, où le dessin magistral du grand artiste est vivifié par les tons magiques d'émaux étincelants. Une petite boîte à parfums qui se recommande également par sa coloration vigoureuse est reproduite à la planche VIII, sous le n° 2.
A cette époque les matières changent d'aspect et, soit que les carrières aient cessé d'être productives , soit qu'elles n'aient plus été exploitées avec le même soin, toujours est-il que la porcelaine pure revêtue d'un émail mat et lisse au toucher, qui avait distingué les premières époques, est remplacée par une substance où le grès tient plus de place que la porcelaine. En même temps on renonce à la sobriété primitive des décors, et les surfaces des objets disparaissent sous un revêtement presque total de chatoyantes couleurs. Les émaux présentent alors une vigueur éblouissante, qui nous fait tenir cette fabrication en haute estime, bien qu'elle n'offre pas à vrai dire les qualités solides qui distinguent les Koutani des premières époques.
L'exploitation des carrières de kaolin se ralentissant de plus en plus, on recourut à l'importation pour remplacer les matières qui allaient faire défaut dans la région. Les carrières de Hizen d'abord, et, plus récemment, celles de la province de Mino furent mises à contribution, et il en résulta pour les Koutani l'emploi des matières les plus diverses.
A côté des décors dont il est question plus haut, il a été créé
LA CÉRAMIQUE
plus récemment un principe d'ornementation qu'on pourrait appeler la famille rouge du Koutani. Des motifs en rouge de brique sont tracés en lignes serrées et fines, semblables à des dessins à la plume et relevés d'or. Par endroits seulement quelques taches