CISELEURS JAPONAIS
( D'après Hokousaï. )
lames ont été reproduites dans les héliogravures nos XIV et XV.
La forme antique des sabres de guerre était droite, lancéolée et à deux tranchants. Pendant les grandes luttes féodales, on se servit beaucoup de sabres à deux mains. Avec l'adoucissement des mœurs les armes blanches ont été peu à peu en s'allégeant et en se rapetissant.
Le sabre en usage dans la cérémonie du harakiri est de taille
moyenne, intermédiaire entre le grand sabre et le poignard. Le
harakiri est le mode de suicide national, adopté par les gens de 11. 17
classe noble qui avaient volontairement résolu de mettre fin à leurs jours ou avaient été condamnés à mort pour une faute n'ayant pas le caractère infamant et n'entraînant ni la perte du rang ni la dégradation militaire. Le harakiri était dans l'ancienne société une institution moralisatrice dont la pratique, quoique singulièrement cruelle, a contribué plus que tout le reste au maintien des vertus militaires. Au Japon, sous l'ancien régime,
PREPARATIFS DU HARAKIRI.
( D'après Yosaî. )
tout homme portant un sabre devait être .prêt à chaque instant à faire le sacrifice de sa vie en s'ouvrant le ventre. Aujourd'hui, cette coutume, comme tant d'autres, est tombée en désuétude. Du reste, le port et l'usage des sabres est interdit depuis 1868. L'armée est équipée à l'européenne et porte la baïonnette et le fusil.
Lorsque le harakiri était l'exécution d'une sentence, il était accompagné d'un cérémonial imposant. On en trouvera les détails dans les Taies of old Japan, de Mitford1, dans le Japon pittoresque (p. 107 à 114) de M. Dubard ou encore dans l'émouvante et véridique nouvelle publiée par M. Lindau, en 1870, dans la Revue des Deux Mondes, et intitulée Simidjo Sedji. 1. Londres, Macmillan, i vol. in-12, p. 329 et suiv.
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PETIT PQ1GNARD DE D-AME 'A EOURTiEAU'.DARGENT; POIGNARDS A MONTURES D'OR ET DARGENT CISELE, LAME DECOREE D UNE FIGURE'DE' BISHAMÔN GRAVÉE1 EN CREUX /EX INCRUSTEE D'OR
LES LAMES
Au moment final, alors que la sentence était lue par le daïmio assistant, le condamné, assis sur ses talons, à la japonaise, saisit d'une main ferme le sabre placé devant lui sur un petit tabouret, s'en plonge sans hésitation la pointe dans le ventre à une profondeur de deux ou trois pouces, la promène lentement de gauche à droite et de haut en bas; un flot de sang jaillit sur la natte; le patient étend le bras du côté des censeurs et incline légèrement la tête en avant, alors le serviteur chargé de l'exécution brandit
son sabre, un éclair brille, et un seul coup sec fait rouler la tête du malheureux sur le plancher.
Les lames de la province de Bizen ont toujours joui d'une réputation méritée. Cette province est la plus riche du Japon en mines de fer et de houille. Le Yamato, le Yamashiro et l'Etshizen ont, avec le Bizen, produit les artistes les plus renommés.
Dès l'époque de Shioumoun la forge des lames avait atteint un haut degré de perfection. Amakouni, de Yamato, qui vivait au vme siècle, a laissé un nom des plus illustres, r'd'idz^ Je reproduis ici sa signature d'après les fusées d-idzoukou-sh kou-shima.) ^e cjeux iames conservées dans le temple d'Idzoukou- Shima. Shinsokou, de Bizen, a forgé des lames pour l'empereur Heïzeï (commencement du ixe siècle). Quelques-unes de ses lames ont figuré à l'exposition rétrospective de Tokio. Ohara Sanémori vivait au milieu du ixe siècle; ses œuvres sont parmi les plus célèbres;