ICNATURB ET CACHET DE SESSHIU
LA PEINTURE. i?
ce pinceau improvisé, un dragon d'un aspect si merveilleux que son renom se répandit dans tout le pays. Il y peignit, entre autres choses, une vue du Fouzi qui existe encore aujourd'hui dans le palais impérial de Pékin. Sesshiu s'imprégna de quelques-uns des principes de Tart chinois, et on en retrouve particulièrement la trace dans ses paysages ; mais il tint le meilleur de son talent de Tétude approfondie qu'il avait faite de la nature. Revenu au Japon, il termina ses jours au temple d'Ounkokoudji, dans la province de Souô (de là le nom d'Ounkokou que prit son école), et mourut en i5o6, entouré d'une vénération presque sainte.
Un grand nombre de ses œuvres nous ont été conservées et quelques-unes sont venues en Europe. Sesshiu réussissait également bien dans la figure humaine, les fleurs, les oiseaux et les paysages. Ses motifs, empreints du plus beau sentiment décoratif, sont devenus classiques à l'égal de ceux de Kano. On peut en suivre les métamorphoses à travers le développement ultérieur de Fart japonais. Telle attitude de Shoki S telle expression farouche du vieux Dharma *, tel beau mouvement de grue volant sur la mer ou se reposant
1. Gardien des palais impériaux, en Chine, que l'on représente poursuivi par le diable, qui le tourmente de mille méchants tours.
2. La légende de Dharma est assez obscure. Est-il le premier missionnaire bouddhique ou la personnificaiion de la loi bouddhique elle-même? Est-il simplement un sage, sorte d'ermite du genre des marabouts africains, auquel on attribue le courage d'avoir vécu neuf ans dans une grotte et dans la plus complète immobilité? On le représente généralement accroupi, les pieds nus, enveloppé d'une cape brune, un chapelet à la main, le regard fixe et perdu dans une sorte d'exiase farouche.
au milieu des lotus, que nous admirons dans les compositions des artistes modernes, sont tout simplement
empruntes au vieux Sesshiu.
Celui-ci travaillait avec une grande rapidité, d^un seul trait, préférant les tons neutres, légers, les bruns chauds ou les noirs profonds, évitant les rouges et les verts.
Les deux élèves les plus distingués de Sesshiu sont :
Sesson (f en 1495), célèbre ^^^^^ pour ses clairs de lune, et
^^P Shiougetsou, qui a accompa-
^0mm^^k gné Sesshui dans son voyage
^^ ^H en Chine. Celui-ci est mort
^^^■11^ vers 1520. Il fut, comme lui,
^^ prêtre bouddhique, et a laissé
dans rhistoire de la peinture japonaise une célébrité égale à celle de son maître. Au Japon, on les mettons deux sur le même rang et leurs œuvres sont aussi recherchées. Un certain nombre de peintures de Shiougetsou sont conservées en Chine; quelques-unes sont venues en Europe.
Kano Motonobou et Sesshiu ont laissé de nombreux élèves. Les plus célèbres sont Shioyeï, hls de Motonobou, et Tôgan qui a fondé ce qu'on appelle Técole de