‹ L'art japonaisChapitre 12 sur 76 · SIGNATURE ET CACHET DE. SHIOUGETSOU · texte numérisé non relu

SIGNATURE ET CACHET DE. SHIOUGETSOU

LA PEINTURE

Sesshiu. On cite encore les noms de Shiotokou, Yôgeisou et Tosen,

Parmi les grands peintres-qui ont illustré le milieu et la fin du xv® siècle, les historiens japonais assignent un rang éminent à Soga Sôjo (■{• vers 1470), le fils et rélève de Jasokou. Ils le rangent parmi les fidèles de Fancienne école nationale. Un kakémono de Sôjo que j'ai sous les yeux est, en effet, une composition d'un style nerveux, franchement japonais, sans aucun mélange d'influence chinoise. L'exécution rappelle un peu celle de l'école de Tosa, mais elle est plus mâle; le coloris, émaillé dans une gouache légère, est plus chaud et plus harmonieux. L'élégance de ces grues de Sôjo me fait penser aux peintures de l'ancienne Egypte.

Pendant le cours duxvi« siècle, l'histoire de la peinture semble graviter dans l'orbite de Kano Motonobou et dans celui de Sesshiu. Parmi les maîtres qui ont joui cependant d'une haute réputation, je citerai : Dôan, prêtre bouddhique (f en 1572), imitateur du style de Sesshiu, Sanrakou, .Yeïtokou et Soga Tshiokouvan, de Kioto, arrière-petit-fils de Jasokou et élève de Sôjo (f vers i5go). Ce dernier s'est rendu particulièrement célèbre par son talent à peindre les oiseaux de proie. Si j'en juge d'après un kakémono, représentant un aigle posé sur un perchoir, Tshiokouvan aurait mérité l'estime qu'il a conservée auprès des connaisseurs japonais. Comme

TSmOKOUVAfJ.

Sôjo, Tshiokouvan paraît avoir allié l'exécution sévère et achevée des vieux maîtres de Tosa à la puissance expressive des Kano. Le dessin de Toiseau, traité avec une force surprenante dans la finesse, serait digne de la main d'Albert Durer. Le maître de Nuremberg n'aurait pas rendu un œil de rapace avec une vérité plus scrupuleuse.

Quant à Técole de Tosa, elle subit, pendant toute la durée du xvi« siècle, une sorte d'éclipsé; son crédit semble pâlir devant celui des artistes puissants et originaux que je viens de citer. Elle ne retrouve son éclat qu'à la fin de ce siècle, sous le shiogounat réparateur de Yéyas.

La succession des Kano : — Kano Yeïtokou, petitfils de Motonobou (7 en iSgo, à l'âge de quarante-huit ans); Kano Sanrakou (r558-iô35), gendre de Yeïtokou, et Kano Takanobou, fils de Yeïtokou, — nous conduit, au milieu du xvn"^ siècle, la période la plus brillante des Tokougava. Ce moment est, avec la fin du ix^ siècle, le xn*^, la fin du xv^ et le commencement du xix*', l'un des cinq points culminants de l'expansion artistique du Japon.

Le cours du xvi« siècle a été rempli par les grands troubles religieux et politiques qui signalent l'arrivée des Portugais. L'art est la fructification des périodes de paix et de tranquillité, et ce siècle, l'un des plus agités de l'histoire du peuple japonais, lui a été moins favorable que le précédent. Il faut à cette plante délicate le calme social et la sécurité du lendemain; il lui faut la reconstitution du pouvoir central et la venue de Yéyas pour se redresser et s'épanouir à nouveau.

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