‹ L'art japonaisChapitre 15 sur 76 · DF. SHAKOUDO, DESSIN DE KORIN · texte numérisé non relu

DF. SHAKOUDO, DESSIN DE KORIN

(Collection de M. Monttfiore.)

LA PEINTURE

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Quant aux laques authentiques de Kôrin, ils sont classés dans les hautes collections du Japon et atteignent des prix considérables. J'y reviendrai plus loin.

Kôrin eut un frère cadet du nom de Kenzan (né à Kioto en i663, mort à Yédo en 1743), qui est le céramiste le plus original et, après Ninseï, le plus célèbre du Japon. Son style est sorti de celui de Kôrin et son talent de peintre a la plus grande analogie avec celui de son frère. Les laques de Kôrin peuvent être mis en pendant des faïences de Kenzan. Les principes du décor sont les mêmes.

On peut dire à ce propos, d'une façon générale, qu'il n'y a pas au Japon d'arts inférieurs ou fermés. Tout artiste est d'abord peintre avant d'être ciseleur, laqueur ou céramiste. Ce que nous appelons les arts mineurs y forment un tout inséparable avec les beaux-arts; d'où il résulte que tout Tart, même le plus élevé dans le domaine de la peinture ou de la sculpture, se subordonne avant tout aux lois de la décoration appliquée aux moeurs, aux usages, à la vie. Il n'y a pas une œuvre qui ne réponde à un but de décoration ou ne serve à un usage. Cette éducation commune, cette discipline générale font la valeur des artistes japonais et impriment à leurs productions, même dans la plus libre fantaisie, ce caractère profond d'unité et de logique qui frappe tous les étrangers. La qualité d'artiste entraînait au Japon une sorte d'universalité d'aptitudes qu'on ne rencontre chez nous qu'à l'état d'exception.

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Ritsouô, dans un autre genre, peut être placé à côté de Kôrin; il n'est pas moins intéressant que lui au point de vue de Poriginalité des procédés. 11 s'est principalement rendu célèbre par ses travaux d'incrustations sur laque; ses oeuvres, dans un genre qu'il a créé, sont avidement recherchées par les connaisseurs du Japon, et par les Européens qu'elles frappent par r^y*^ leur caractère d'étrangeté et de force. Ritsouô fut aussi un peintre des plus distingués. Il a étudié d'abord à l'école de Kano, puis >^^ à Técole de Matahei. Quelques-unes de ses Xl'O œuvres sont signées du nom de Haritsou. ■ * J II est mort en 1747, à Tàge de quatre- RIT30UÔ. vingt-cinq ans. Je le tiens pour l'un des plus grands artistes du Japon.

Parmi les élèves sortis de l'atelier de Kôrin, il en est un dont le talent et la célébrité ont presque égalé ceux du maître : c'est Hôhitzou. J'ai déjà prononcé son nom tout à l'heure, j'y reviendrai dans le chapitre suivant. J'ai à parler, au préalable, de quelques autres artistes très importants.

J'ai deux mots à dire, d'abord, de Mitsouyoshi, le maître le plus délicat, le plus élégant de l'école de Tosa. Il était né en 1699. A dix-sept ans, il avait déjà obtenu un titre honorifique; à trente-huit, il avait conquis le grade le plus élevé de l'école et devenait bientôt le conservateur de l'atelier de peinture de l'empereur. Il est mort en 1772. Les écoles deKioto n'ont rien produit de plus exquis dans la finesse que les peintures de Mitsouyoshi. Celles-ci sont fort recherchées par les gens du bon ton et par les vieilles familles

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de l'aristocratie. Il s'est singularisé par l'exécution des cailles. L'art de Mitsouyoshi, un peu froid, est fait d'adresse et de patience, et correspond aux mièvreries des peintures chinoises de la porcelaine coquille d'œuf; mais on ne peut lui refuser les grâces savantes d'une perfection classique. L'école "\\^ moderne de Tosa s'est vouée entièrement à y\^ ce genre de peinture, quintessencié par ,

Mitsouyoshi et généralisé par l'enseigne- ^J^"^ ment de son fils Mitsousada. Depuis, cette J 4 école s'est stérilisée dans la peinture des fleurs et des oiseaux : roses du Bengale, pivoines et camélias, pruniers et poiriers fleuris, glycines, hortensias, mésanges, fauvettes et perruches, traités suivant des méthodes d'atelier où l'inspiration artistique n'a qu'une faible part.

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