ARMOIRIES IMPERIALES
Notre vanité nous porte volontiers à croire que le ge'nie architectural est Papanage exclusif des peuples de race aryenne, et, lorsqu'il sVigit d'une architecture exotique comme celle des Japonais, notre premier sentiment est la méfiance. J'ai vu des auteurs graves nier à piHori la valeur et même l'existence de l'art architectural au Japon. C'est un préjugé qu'il importe de détruire.
Nous avons Thabitude routinière, en France, de vouloir tout ramener à une commune mesure ; nous avons le goût des poncifs. Nous hérissons notre critique de mais, de si et de car, au lieu de nous demander simplement : telle chose répond-elle au génie de race, aux mœurs, au climat, à la nature même du pays qui l'a produite? De ce qu'une construction ne ressemble ni à un temple grec ni à une cathédrale du moyen âge.
iiS L ART JAPONAIS.
il n'en résulte pas nécessairement qu'elle soit indigente ou médiocre.
L'architecture Japonaise est dans ce cas. Si nous la regardons en Gréco-Latins, elle nous surprend et nous déconcerte; si, au contraire, nous la prenons pour l'expression des besoins et des goûts des habitants du Nippon, elle nous apparaîtra sous un tout autre jour et ne nous semblera pas inférieure aux autres manifestations plastiques de ce grand peuple artiste. Elle a les trois qualités maîtresses : la logique, l'unité et l'appropriation décorative. Elle remplit exactement les fonctions auxquelles elle se trouve destinée, elle s'harmonise à merveille avec le paysage japonais, dont elle est comme le complément naturel. Que faut-il de plus?
Malgré tous les emprunts que l'art architectural du Japon a faits à l'Inde et même à la Chine, il est bien la résultante des causes contingentes qui ont présidé à sa naissance. Deux lois le régissent et lui impriment sa physionomie générale : l'emploi à peu près exclusif du bois et la prédominance des vides sur les pleins. L'architecte japonais est avant tout un charpentier; sa construction est le triomphe de la mortaise. Les plus vastes comme les plus humbles édifices sont en bois. Temples et maisons, théâtres et palais, n'ont pour ainsi dire pas de murailles. Il n'y a de points d'appui que les piliers, qui sont réunis par de minces cloisons ou des châssis mobiles.
Un autre caractère de cet art est l'importance de la toiture, qui déborde en larges saillies, ainsi qu'il convient à un pays pluvieux et chaud.
L'emploi du bois remonte aux sources mêmes de
L'ARCHITECTURE
rhistoire du Japon, Les petits temples aïnos, avec leur toit de chaume très saillant, supporté par une demidouzaine de troncs en grume, nous donnent une image approximative de ce que pouvait être Tarchitecture ja-