HI0U2\N
sences ligneuses que les Japonais choisissent à cet effet ont un grain serré et homogène qui leur permet d'arriver au fini du métal. Le cœur de cerisier, notamment, a les qualités du bronze le plus dense. Les bons vieux netzkés d'origine authentique, ces petits chefs-d'œuvre polis ad unguem que les collectionneurs d'Amérique, d'Europe et du Japon s'arrachent aujourd'hui à prix d'or, sont presque tous en bois de tsoughé, patiné par le temps d'une chaude couleur brune. Je mets certains de ces netzkés de bois au nombre des plus délicates merveilles que l'art japonais ait produites. Quelques-uns, dans leursdimensionsminuscules, appartiennent au grand art. Un de nos confrères n'a pas craint de comparer telles de ces figurines expressives aux terres cuites de Tanagra, J'interprète sa pensée dans ce sens que le rendu naïf , sincère de la nature lui paraît avoir été poussé au même degré d'énergie chez les deux peuples. En suivant des chemins différents, mais grâce au lien commun qui les unit, le respect de
LA SCULPTURE
la vérité, les Grecs et les Japonais se sont rencontrés parfois dans des analogies très frappantes. Le drapé, le geste, le mouvement des membres, le jeu de physio-
DANSEUR DU CAMBODGE, PAR BOKOUSAl. (Grand «etzké de U collection de l'auteur,)
nomie de quelques netzkés japonais, représentant des personnages, auraient été certainement admirés des exquis artisans de l'Attique. M. Rayet avait dans si>
collection de Tanagra cinq ou six figures comiques de marchands forains et de mendiants modelées avec un entrain digne du Nippon. On pourrait, à plus forte
raison, et sans aucun paradoxe, étendre la comparaison aux ivoires, aux bois sculptés et à toute la plastique familière de notre moyen âge. Ici la similitude est parfois complète. Rien ne ressemble plus à Pimagerie de nos cathédrales que certaines sculptures japonaises. Il y a parfois un air de famille singulier qui ne saurait échapper à ceux qui regardent au fond des choses. Je pourrais citer maints pe-
^^ tits bonshommes taillés
Ù^, ^^;^7^^^^ en netzkés qui, grandis,
feraient de superbes gargouilles. Et si, de la représentation humaine on descend à celle des animaux et des plantes, les similitudes deviennent plus saisissantes encore. En réalité, les deux arts découlent des mêmes sources : l'amour passionné de la nature, la subordination constante du détail à la logique de Tensemble. Ce serait une étude des plus intéressantes à