GARDE EN FER A JOUR. (XVI^ SIÈCLE
(Collection de M. Ph. Burty. )
tion Vial représentant les flots de la mer, avec incrustations d'argent, et le serpent enlacé , de la collection de M. Montetiore.
Le xvii« siècle marque Tapogée du travail du fer, comme il marque celle de beaucoup d'autres branches de Fart. Le nom d'Oumétada y rayonne dans toute la splendeur de son talent génial.
Il ne faut pas confondre cet Oumétada, qui était de la province d'Owari, avec POumétada Miojiu, de Yamashiro, qui était forgeron de lames. L'Oumétada ciseleur signait d'une fleur de prunier [Jumé] et du caractère tada. y Parmi les travaux de métal, ses œuvres
^ *"r^ sont les plus recherchées des Japonais. Il >«^ est né dans le dernier tiers du xvr siècle et travaillait encore pendant le nengo Kouanyei (1624- 1643). Deux pièces d'un type accompli, célèbres au Japon et portant la signature de ce grandissime artiste, se trouvent dans une collection parisienne. Dans l'une^ des libellules, à Taspect farouche et nocturne, sont intaillées en creux; elles décorent les deux faces et chevauchent sur le bord extérieur qui est luimême gravé d'une grecque d'un beau caractère. La fleur de prunier est incrustée en or au-dessus de la signature. Dans l'autre, Oumétada a exprimé, avec un art prodigieux, une esquisse au pinceau traitée à la façon des Yémas: un cheval en liberté, dans la prairie, la crinière au vent. L'aspect du coup de pinceau est exprimé par des à jour et des amincissements du métal.
Deux qualités se trouvent réunies chez Oumétada . l'habileté consommée de l'exécution et la personnalité du style. Ses œuvres sont tellement originales, qu'il est facile de les reconnaître entre toutes. Son goût le portait à des travaux d'un caractère sobre et mâle. La ciselure du fer sans aucune incrustation était son
LA CISELURE
triomphe. Le métal qu'il employait était d'une dureté extraordinaire ; lorsqu'on frappe une garde d'Oumétada, en la tenant sur l'extrémité du doigt, elle sonne comme une cloche de cristal.
IIBF. liniES EU CREUX, GARDE EN FER, PAR OUMETADA. (Collection de l'auteur.)
Je remarquerai, à ce propos, que les belles gardes en fer se distinguent par la pureté de leur son. Plus une garde est ancienne, plus le son est net et élevé. Cette qualité du son résulte de la parfaite homogénéité du métal et de la densité qu'il a prise sous le martelage avant de subir le travail de la ciselure. Les ciseleurs
sert L'ART JAPONAIS.
forgerons des xvi* et xvii* siècles estimaient ce surcroît de difficulté'. On comprend tout ce qu'il fallait d'adresse de main et d'aisance d'outil pour tailler, dans une matière souvent plus dure que l'acier, ces creux et ces reliefs dont la souplesse tient du miracle. Le travail de ciselure était obtenu à froid, à petits coups de burin, de pointe ou de ciselet, et au marteau.
On peut donc dire, d'une façon générale, que l'âge d'une garde se reconnaît à la qualité du son. Les gardes du xvin^ siècle ont un son moins pur et moins cristallin que celles du xvii® ; les procédés étaient déjà plus hâtifs. Je n'ai pas besoin d'ajouter que cette petite expérience n'a de valeur que si la garde est pleine, sans incrustations et sans soudures qui pourraient en altérer la résonnance.
La garde de fer reste à la mode pendant tout le cours du xvii" siècle et le commencement du xviu®. Les incrustations, en niellures ou en reliefs, deviennent seulement plus fréquentes. Elles sont presque toujours d'or ou d'argent. C'est à la fin du xvji" siècle qu'il faut rattacher le développement de ces charmants travaux de damasquinage sur fer qui, la plupart, étaient exécutés à Aétsou, sur les bords du lac de Biva, tandis que les incrustations d'émaux translucides se faisaient à Yédo. Il y a de ces gardes ornées de dessins en véritable dama3quine qui égalent en perfection les travaux des Arabes ; les plus belles portent la signature à'^Ossashiro. L'incrustation des fils d'or de différents tons dans le fer est de la plus grande netteté. Je recommande l'étude de ces travaux, dont l'aspect est d'une distinction princière, aux collectionneurs d'armes européennes.
LA CISELURE
Parmi les maîtres de talent renommés qui se sont adonnés à la ciselure du fer, à la fin du xvii« siècle et au commencement du xviii', Je citerai Yousan, Mitsitoshi, Takouti, Tomokata, Yeïjiu, Masayoshi (quMl ne faut