‹ L'art japonaisChapitre 72 sur 76 · EN SATSOUMA · texte numérisé non relu

EN SATSOUMA

(Collection de M. S. Bing.)

DOHATSHI.

sition très vitreuse qui exaltent la franchise vigoureuse des colorations.

Les collections parisiennes renferment de très beaux et très nombreux spécimens des différentes manières de Kenzan.

L'histoire des fabriques de Kioto ■ «■ nous donne ensuite les noms d'Ogata

% Ê%Ë Shiouheï, qui se distingua dans le mo-

delage de petites statuettes pleines de verve et d'accent, Mokoubeï et Rokoubei, habiles à parfaire les petites pièces minuscules, boîtes à parfums ou à onguents en forme d'animaux, Dohâtshi et en dernier lieu Yeirakou, le plus étonnant pasticheur qu'ait produit l'art céramique. Yeirakou est en réalité un praticien surprenant. Ses bols pour la préparation du thé sont des merveilles d'ingéniosité décorative et de perfection technique. C'est le dernier des grands céramistes dont les ouvrages soient dignes d'exciter la passion des collectionneurs.

Citons enfin parmi les fabrications spéciales qui sont restées à l'écart des influences de Ninseï et de Kenzan : la R A K o 0. poterie de Rakou, aux couvertes mono-

chromes tirant généralement sur le rouge ou l'oranger, englobant des pâtes très friables, et les figurines en terre cuite d'Ikakoura-Goëmon qui sont les Tanagra du Japon.

YEl K A KOU.

LA CERAMIQUE. Î^S

En dehors de Hizen, la seule fabrique où Ton ait produit très anciennement la porcelaine proprement dite est celle de Kaga. Le centre de cette fabrication, fondée au milieu du xvii« siècle par un potier nommé Goto Saïitsliiro, qui avait été surprendre les secrets de

CHAT ENDORMI, BRULE-I'ARFUMS E K SATJÛUMA.

(Collection de l'auteur.)

la fabrication à Arita, se trouve dans une localité nommée Koutani. Mais les productions de Koutani n'ont Jamais eu, comme celles d'Arita, un caractère commercial ; elles étaient destinées au prince de Kaga, au Shiogoun ou à quelques tshiajins renommés. C'est ce qui explique leur grande rareté et le haut prix qu'elles ont toujours conservé. Elles méritent d'ailleurs à tous égards leur célébrité. Un artiste de l'école de Kano, du

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nom de Morikaghé, créa le décor artistique à Koutani et Taffranchit des imitations arcliaïques. Nous reproduisons ici un grand plat qui peut être considéré comme un spécimen accompli du style de Morikaghé. A la fin du xvii'^ siècle, la fabrication avait sa caractéristique définitive dont elle ne s'est plus écartée. Le type est bien connu; sa beauté réside dans le jeu presque exclusif de trois tons d'émaux dont la puissance se complète admirablement : le vert, le jaune et le violet.

Les belles pièces de Koutani, à couvertes épaisses et translucides, ont un éclat qui peut lutter avec celui des pierreries elles-mêmes. L'association de ces trois couleurs, dont rintensité est multipliée par la transparence des glaçures, produit sur les yeux une sorte de sensation voluptueuse au moins égale à certaines pièces de vieux Kioto. Les flambés de la Chine pâlissent presque à côté des Koutani de choix.

Mais de toutes les branches de la céramique japonaise, la plus célèbre peut-être est celle de la faïence de Satsouma; c'est la plus connue des Européens, grâce aux produits imités ou surdécorés à Tokio qui ont inondé notre marché sous l'étiquette frauduleuse de Satsouma. Tous ces grands vases, ces jardinières à l'aspect opulent, chargés de relief d'or, ont été pris longtemps pour du Satsouma authentique. Au début,

KOUTANI.

OUOZOUMÈ, PORTE-BOU<Î.UET, PAR SHINNÔ.

(Collection de l'auteur.)

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ARMOIRIES DE SATSOfMA

des marchands se sont enrichis à ce commerce facile, en vendant mille francs à Paris ce qu'ils avaient payé cinquante à Yokohama. Le secret a été assez bien gardé pour qu'aujourd'hui encore nombre de gens s'y laissent prendre. Les pièces sorties de la fabrique de Tokio sont du reste fort brillantes et se prêtent à merveille aux divers usages de nos ameublements. Les meilleures sont fabriquées à Satsouma et décorées à Tokio; celles-ci conservent une certaine valeur.

On peut poser en règle générale que toutes les pièces sorties de la fabrique princière de Satsouma sont de petites dimensions. L'une des plus grandes connues est le brûle-parfums en forme de chat exécuté vers 1780, offert par le prince de Satsouma à la princesse Tayasou-Tokougava et depuis acquis et rapporté à Paris par M. Wakaï. Ce spécimen classique de Satsouma nous offre, comme d'ailleurs toutes les pièces faites à l'usage des Daïmios et des Shiogouns, une pâte très dense et de la plus extrême finesse. La couverte joue entre le blanc crémeux et les tons dorés du vieil ivoire; sur ce fond harmonieux et doux, légèrement craquelé, s'enlèvent des émaux de couleur tendre et vaporeuse, aux reliefs accusés, au milieu desquels chantent des tons d'or mat de l'effet le plus délicieux. Ainsi que l'a fait remarquer M. Bing, le vieux Satsouma tient au moins autant de la bijouterie que de la céramique. Cette poterie artistique doit son origine à l'expédi-

LA CERAMIQUE.

tion que fit en Corée le fameux Taïko-Hidéyoshi. C'est le prince Shimadzou-Yoshihissa qui ramena de ce pays, en 1598, dix-sept fnmilles d'ouvriers céramistes qu'il établit dans le village de Naéshirogava. A l'origine, on se contente de copier les produits coréens à couverte

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