BOL POUR LA PREPARATION DU THE, PAR M I M P E
(Collection de l'auteur.J
grise, ornés de dessins réguliers noirs ou bruns. Ce n'est que du commencement du xviii^ siècle que date cette faïence délicatement truitée qui est devenue si renommée sous le nom de Satsoumaet dont les premiers décors furent composés par des ouvriers appelés de Kioto.
En dehors de ce produit type, les fours de la pro-
|io L'ART JAPON Aïs.
vince se sont essayés à des pièces monochromes qui ne présentent d'autre décoration que les couleurs exquises de leur couverte. Ces produits exceptionnels sont de la plus grande beauté et de la plus grande rareté.
Parmi les autres centres fondés par les ouvriers coréens de 1598 ou nés directement de leur influence, il faut mentionner les fours de Yatsoiihiro, Agano, Takatori, Odo, Haghi, Id\oumo, Tamba, Zé^é, qui, chacun dans son genre, ont produit des types remarquables.
Les fabriques d'Owari, illustrées par l'antique four de Séto, étaient peu à peu tombées en décadence; nous les voyons se relever momentanément au xvn' siècle sous l'influence de deux artistes éminents, Shinnô et Oribei. Leurs œuvres présentent un caractère de grandeur et de simplicité remarquables. Shinnô a modelé des statuettes décorées d'émaux au grand feu qui témoignent de sa profonde connaissance de la sculpture.
Les grès de Bi^en sont des produits à part et leur caractère spécial ne les rattache à aucun des types dont je viens de parler. L'origine de ces produits est purement japonaise sans aucune trace d'influence étrangère et paraît remonter à l'antiquité la plus reculée. Les produits fins de cette fabrique princière, surtout ceux des xvir et xviii« siècles, sont particulièrement appréciés des amateurs européens, La cuisson de la pâte de Bizen se fait à un feu très violent qui lui communique un beau rouge brun et la couvre, par la fusion des parties vitreuses, d'une sorte de glaçure métallique. Les pièces de Bizen ne portent point d'autre décoration; ce sont généralement des personnages ou des animaux
LA CERAMIQUE.
modelés avec une puissance singulière. Le centre de cette fabrication est depuis des siècles fixé à Imbé.
Il faut ajouter à la nomenclature de ces centres principaux de fabrication les noms de ceux moins anciens ou moins importants de Sôma (province d'Ivaki), dCAkahada (province de Yamato), de Minato (province d'Idzoumi), d^Avadji, illustré dans le dernier quart du xviii® siècle par un habile et ingénieux artiste du nom de Mimpeï.
Quelques potiers ont exercé leur art d'une façon tout indépendante et créé des fours qui ont disparu après eux. Tel est le vieux Banko, élève de Kenzan , qui ç'ciablit à Kouana, province dUcé, et qui a produit des œuvres pleines de maîtrise et d'originalité, dignes souvent de lut-
*^ ' ^ BANKO.
ter avec celles de son maître.
Tel est encore le célèbre peintre-laqueur Ritsouô, dont les incrustations de faience sur laque comptent parmi les objets les plus rares, les plus précieux qu'ait produits Tart japonais. Telle est enfin Kôren, la modeleuse en terre, actuellement vivante, dont les œuvres enlevées de verve sont très estimées des Européens.
Toshiro, Gorodayou Shonsoui, Kakiyém.on, Ninseï, Shinnô, Kenzan, Banko, Kinkozan, Yeïrakou, Mimpeï, voilà les noms qu'il importe de retenir et qui dominent toute rhistoire de la céramique au Japon.
Les produits modernes ne sont qu'une imitation plus ou moins adroite des types créés par ces grands artistes. L'habileté technique est toujours extrême et
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les élégantes poteries de Kioto, les Koutani, les Satsouma, les Imari modernes en sont une preuve. La fabrication courante livre encore au commerce des produits charmants, d'un bon marché exceptionnel par rapport aux nôtres; mais elle ne crée et n'invente plus rien qui soit digne d'être comparé à Tart des belles époques.