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LES ORIGINES

HOKOUSAl ET SON ŒUVRE.

Les Japonais doivem les procédés de la xylographie aux Chinois. On sait que ces derniers ont pratiqué, depuis un temps immémorial, Timpression sur des planches de bois gravées en relief. Bien quMl y ait tout lieu de penser que Fart de graver et d'estamper des caractères et des images ait été importé au Japon, il y a plus d'un millier d'années, les preuves positives de ce fait nous manquent cependant encore. Il nous est impossible, quant à présent, de remonter au delà du xv« siècle. Les plus anciens ouvrages ornés de gravures sont des livres bouddhiques. Il est certain que la gravure est le plus tardif des arts japonais. Il a fallu, pour les livres illustrés en particulier, qu'il se créât des graveurs en bois à côté des dessinateurs, et ce n'est qu'après de longs tâtonnements que l'art de la gravure est parvenu à se perfectionner.

Les rares livres illustrés du xvr siècle que j'ai rcn-

ii+ L'ART JAPONAIS.

contrés sont d'une exécution grossière et d'un style absolument chinois. L'un des premiers ouvrages ayant une réelle importance xylographique date du milieu du xvii^ siècle et a été imprimé à Kioto ; c'est un recueil, en dix gros volumes, de spécimens d'anciens dessins et d'anciennes écritures. La taille des bois dénote déjà une certaine habileté; elle est sortie des langes de l'archaïsme.

La première apparition d'une imagerie en couleurs peut être constatée dans quelques livres d'aspect barbare et notamment dans deux volumes d'unNikéMonogatarij imprimé vers l'année 1600 (collection de M. Duret) et dans un tout petit volume de format carré qui se trouve conservé au Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale de Paris et qui provient de l'ancien fonds. C'est un recueil de contes intitulé Ozfm-S/î/wza; il porte la signature de son possesseur avec la date de i653. Il est, par conséquent, antérieur à cette date. M. Hayashi le fait remonter à la fin du xvi« siècle. Ce serait, dans ce cas, un précieux monument. L'impression, sur un pap-ier épais et mal fabriqué, est brutale; le coloriage, enfantin, est plaqué comme dans nos anciennes cartes à Jouer.

Quoi qu'il en soit de ces archaïques et timides essais, Pestampe japonaise ne mérite de nous arrêter qu'à partir de l'extrême fin du xvii« siècle ou du commencement du xviu'^. Le premier centre de cet art est à Kioto; une encyclopédie illustrée, publiée à Kioto, en 1661, est déjà digne de quelque intérêt. Puis ce sont les Trente-six poètes célèbres^ illustrés par Koëtsou : imagerie encore brutale, mais de grand caractère. A partir du commencement du xviii" siècle, les progrès de la xylographie deviennent très rapides; le goût de

rimage se répand; d'habiles graveurs commencent à interpréter les dessins des maîtres de Técole vulgaire et, en première ligne, d'ishikava Moronobou, dont les ouvrages, très rares malheureusement, témoignent déjà d'une réelle habileté dans la taille des bois et dans le rendu des dessins. Les livres illustrés par Moronobou sont de véritables œuvres d'art, où éclatent les qualités de verve et d'invention de ce grand maître.

Dès i683, Moronobou illustrait avec succès des poésies de Kikakou et de Rantsetsou, J'ai dans ma collection un volume dont les dessins gravés sont déjà d'un art très remarquable; il porte la date de 1684. Les figures y sont pleines de naturel et d'expression. C'est une description illustrée des travaux agricoles et des métiers de la province de Yamato.

L'une des dernières publications de Moronobou porte la date de

C'est à la ville de Yédo que revient l'honneur de ce brusque et éclatant mouvement, qui, commencé avec Moronobou se poursuit avec Okomoura Massanobou

et surtout avec Torii Kiyonobou (1688-173 6). Ces deux grands maîtres se partagent, aux yeux des Japonais, l'honneur d'avoir, les premiers, tenté les essais d'une imagerie polychrome. Ils sont les véritables inventeurs de la gravure en couleurs. Leur coloriage est d'une extrême simplicité, mais il est uniquement obtenu par

TORll KIYONOBOU.

TORII KIYOMIDZOU.

ii6 L'ART JAPONAIS.

des superpositions de tirages. Torii Kiyomasou et surtout Torii Kiyomidzou, dessinateur d'un talent très personnel, ont marché avec succès dans la même voie et ont préparé la venue du véritable créateur de l'imagerie en couleurs, Soudzouki Harounobou.

Harounobou, de Yédo, était élève de Nishimoura

Shighénaga.Il s'adonna à la gravure en couleurs à la

suite de la publication d'un calendrier qui fut accueilli

avec une très grande faveur. On a noté

J^ la réponse qu'il fit lorsqu'on lui demanda

.,<^S^ des portraits d'acteurs : « Je suis Yamato

ul yeshi (peintre des mœurs du Japon) et ne descendrai jamais au rôle de kavara mono »

i^y^ (expression de mépris pour la peinture d'ac- ^\ ^^^ teurs). Dans l'année 1760, une grande fête

l >^ shintoïste ayant eu lieu à Yédo, Harou- HARouNOBou. nobou publia à cette occasion une série de gravures en couleurs qui eurent un immense succès et qui témoignent des progrès que l'art à peine naissant avait déjà réalisés sous l'impulsion de cet éminent artiste.

En 1769, une année avant sa mort, il publia les portraits de quatre danseuses, d'une remarquable beauté, qui avaient été choisies pour figurer dans une fête donnée au temple de Tenjin, à Youshima. Les gravures en couleurs de Harounobou sont des merveilles d'élégance, de naturel, de grâce ingénue et poétique ; elles ont une harmonie savoureuse qui semble faite pour la délectation des yeux. Ses compositions ont je ne sais quelle tournure originale et prime-sautière; son dessin est vivant; ses figures de femme ont des on-

LF.S ESTAMPES.

dulations serpentines dont le charme est irrésistible Après les ouvrages de Moronobou, je citerai, parmi les plus remarquables spécimens de la xylographie en noir, pendant la première moitié du xviii'^ siècle : divers grands albums avant trait aux costumes et aux

COurF. URS DE RIZ, PAR MORONOBOU.

(« Travaux et métiers du Y.imato», 1684.)

occupations des femmes, dont un des plus intéressants est certainement celui des Portraits des dames du Japon, d'Hishikava Soukénobou ; — plusieurs ouvrages de< plus curieux, gravés d'après des dessins de l'école de Tosa, poésies, romans, itinéraires de province (il existe de rares et précieux spécimens de ces sortes d'ouvrages dans la Bibliothèque de Leyde^i; — quelques albums

I. Cette collection, qui comprend plus de ?,ooo volumes japonais, dont un grand nombre sont illustrés, est, d'une part, formée par les fonds de Blomhofl, Overmeer Fischer, Hofiman et Curtius, agents des Pays-Bas à Décima et par celui, beaucoup plus important, de Siebold.

Le baron de Siebold (né à Wurtzbourg en 1796 et mort à Mu-

ji8 L'A RT JAPONAIS.

de dessins industriels et des recueils de copies diaprés les dessins des grands maîtres anciens, dont les plus importants sont le Yehon-te-Kagami (1720) et le Gouashi Kouaiyo [îy^S].

Au milieu du xvni^ siècle, Part de l'estampe est donc en pleine floraison. De 1769 à 1776, nous voyons apparaître de magnifiques monuments de la gravure polychrome. La gamme des tons employés est encore simple; les couleurs posées en à plats vigoureux sont de la plus remarquable intensité. Les rouges feu, les verts rompus, les jaunes cuivrés de Koriousaï sont d'une qualité que l'art plus moderne semble n'avoir pu atteindre. Les chefs-d'œuvre sortis de l'atelier de Shiounshô comptent aussi parmi les plus nobles et les plus mâles créations de rimagerie en couleurs, et même de l'art Japonais tout entier. On pouvait voir à l'exposition de la rue de

nich en 18G6) s'est rendu célèbre par ses travaux sur le Japon. Ses grands ouvrages sont trop connus pour que j'aie à les rappeler. Son titre le plus sérieux à la reconnaissance des japonisants se trouve dans la vaste collection de livres qu'il a réunie pendant ses deux séjours au Japon (i823-i83o et iSSg). Il se montra ardent et avisé bibliophile. A cette époque, on pouvait acquérir au Japon, à des prix minimes, les plus beaux livres. C'était le moment où Hokousaî publiait ses chefs-d'œuvre. Siebold les achetait dans toute la fraîcheur de leur nouveauté. On conçoit donc que la Bibliothèque de Leyde renferme aujourd'hui une des plus belles et des plus précieuses collections de livres illustrés japonais qui existent. Les exemplaires de Leyde sont dans un tel état de conservation qu'il serait impossible d'en rencontrer ailleurs de semblables.

Siebold a publié, en latin, un catalogue analytique de sa bibliothèque japonaise, sous le titre : Catalogiis libroium et manuscriptorum qui in Museo Hagano servantur. Levde, 1845, un volume in-folio.

LES ESTAMPES ji9

Sèze une série de ces grandes compositions où se déroulaient, en d'opulentes théories, dans des paysages souvent pleins de grandeur et de vérité, les scènes de la vie desfemmesàYédo; on ne saurait décrire la beauté, l'harmonie, la variété de ces figures, enluminéesdans lestons puissants des vieilles tapisseries. Je connais des collectionneurs raffinés qui mettent au-dessus de tout les grandes compositions gravées de Técole de Shiounshô C'est peut-être, en effet, avec les compositions de Harounobou et celles de Kiyonaga. ce que Tart du dessin a produit au Ja- V V V -V b»

■ Il

pon de plus noble, '^^ ^3-<~ 3^/ ^oT

de plus humain, de plus élégant.

On cite, parmi .-^^,^ >k<^

les œuvres accom- ^1>\ ^<^ plies et les plus ^ ^^^

, KIYONAGA, EÏ3HI. KORrOUSAÏ.

importantes de

Shiounshô : les trois volumes des Eventails de théâtre (Yédo, 1769), les trois volumes du Miroir des beautés de la maison verte (Yédo, 1776), exécutés en collaboration avec Kitao Shighémasa, et le livre illustré des Cent poètes (Yédo, 1774), dans lequel ce grand artiste a cherché, comme il le dit lui-même dans la préface, à rendre, pour chaque personnage, le costume exact et le caractère de l'époque.

C'est à Shiounshô et à ses émules ou collaborateurs : les Kiyonaga, les Bountshio (qu'il ne faut pas confondre avec Bountshio de l'école de Kano), les Eishi, les Toyoshiro, les Sharakou, les Shiounyeï, les Outa-

jao L'ART JAPONAIS.

maro, qu^il convient de faire hionneur du grand essor de la librairie japonaise. Hokousaï, dont le génie fécond allait communiquer à cet art une nouvelle puissance d'expansion, n'est que Télève et le continuateur de Shiounshô et la plus brillante étoile de Tatelier de Katsoukava.

Du même genre, mais inférieurs aux œuvres de Shiounshô, je signalerai encore deux précieux volumes ornés de grandes compositions en couleurs : Tun, publié par Toyofoussa, en 1774; l'autre, gravé d'après les dessins de Toriyama Sekiyei», en 1772. Vers ce même moment, deux centres de production ayant un caractère propre se développent à Osaka et à Nagoya.

Kiyonaga est un maître original et puissant; ses compositions se distinguent entre toutes par la vie, le mouvement, le relief, les combinaisons audacieuses du coloris. Eishi a rendu la femme japonaise dans ses élégances les plus raffinées; sa couleur a des fraîcheurs de jardins fleuris. Le sentiment de la beauté et de la simplicité dans les formes, dans les attaches, est la marque des œuvres d'Outamaro. Aucun artiste, dans Pécole vulgaire, n'est plus capable de séduire des yeux européens. Je n"'aurai garde, non plus, d'omettre le fantasque et original Sharakou. dont les grands portraits d'acteurs sont une des plus singulières curiosités de l'imagerie japonaise.

Il n'est pas inutile, puisque je viens de prononcer le nom de cette première et célèbre officine d'imagerie en couleurs, de dire quelques mots des procédés de la gravure au Japon. Toutes les estampes japonaises en noir ou en couleurs sont gravées sur bois, le plus ordinairement sur cœur de cerisier. Le dessinateur et le tailleur de bois sont presque toujours deux artistes dif-

ty. GUERRIER S HO Kl, PAR SHIOUNSHv»^ (D'jprès une g-avure en couleurs.)

férents. Hokousaï avait ses graveurs attitrés, auxquels il tenait d'une façon toute particulière; ils étaient plus ou moins habiles; il est aisé de s'en apercevoir en feuilletant les œuvres du maître. Le dessinateur traçait donc son dessin sur une feuille de papier pelure d'oignon, que le graveur collait à la surface du bois et qu'il gravait suivant les indications du peintre; son travail d'interprétation pouvait aller quelquefois très loin. Ceci était l'opération la plus simple de la gravure en noir. Pour la gravure en couleurs, on procédait à peu près comme procèdent chez nous nos chromistes avec les épreuves de report. Après avoir gravé le trait, on tirait une épreuve du noir sur une feuille de papier jnince, collée à son tour sur une planche de bois. Puis on gravait en réserve la première couleur, en recommençant cette opération pour chaque ton.

Les graveurs japonais étaient et sont encore d'une adresse de main incomparable; le bois de cerisier, tendre, souple, résistant, se prête aux travaux les plus fins, les plus déliés; il convient aux tirages gras, estompés et moelleux. Du reste, le travail de gravure lui-même n'était rien en comparaison des soins minutieux qui étaient apportés aux tirages. C'est par les côtés techniques de l'impression que l'estampe japonaise apparaît aux gens du métier comme un objet d'art sans rival. Dans les travaux de luxe, la nature du papier, pulpeux et épais comme une moelle de sureau, le choix des encres, — on n'emploie que l'encre de Chine délayée, — la qualité des couleurs à l'eau, tout est objet de recherche pour le raffinement de l'ouvrier japonais. Aussi, certaines gravures en couleurs ont-elles

le charme, Téclat, le fondu des plus brillantes aquarelles. Le fac-similé' atteint un degré d'illusion qu'oiî ne peut soupçonner si on n'en a pas vu d'exemples

L'impression se fait à la main et au frotton, commt celle de nos fumés artistiques. Le repérage, qui se répète quelquefois pour dix, douze et quinze tons différents, est d'une netteté, d'une perfection qui feraient paraître grossiers les meilleurs travaux de nos chromolithographes en renom. Les tons se superposent, se complètent avec une telle justesse, qu'il est impossible d'apercevoir, même à la loupe, le passage de la retiration.

Le graveur japonais arrive par des moyens très simples, presque primitifs, mais où le tour de main conserve toute sa valeur, à des tons lavés, dégradés, estompés, rompus, à des chatoiements et des gaietés de coloris que le coup de pinceau semble seul pouvoir exprimer. Entre les miracles de l'art japonais celui-ci est peut-être le plus surprenant.

Mais je reviens à Hokousaï. Son œuvre et sa personnalité dominent à tel point l'histoire de l'art japonais au xix" siècle, et par suite celle de l'estampe, qu'il est nécessaire de s'y arrêter.

Nous l'avons vu , comme peintre, débuter dans l'atelier de Shiounshô. Ses premiers essais pour le dessin des gravures sont assez timides et il est souvent assez difficile, lorsqu'ils ne sont pas signés, de les distinguer des travaux de son maître, dont ils rappellent à grands traits le style. A-t-il gravé lui-même, à l'époque de ses débuts ? C'est possible, mais nous n'en avons pas la preuve. Il n'est pas douteux que, dès AjSo, à l'âge de vingt ans, il ait composé des images

pour la gravure en couleurs et illustré des romans populaires. M. Hayashi m'a communiqué un petit volume, illustré de scènes religieuses, qui est signé de son premier nom de jeunesse : Tokitaro. il se compose de seize planches d'un dessin déjà très vivant, quoique un peu fruste; certaines attitudes de personnages, certains traits expressifs apparaissent à travers la manière de Shiounshô et révèlent à un œil attentif la griffe du futur Hokousaï. Quelques petites gravures en couleurs, dites sourimonos, conservées dans un recueil factice d'anciennes impressions appartenant à M. Duret, portent la signature de Hokousaï et les dates de 1787 et 1789.

Il n'est pas sans intérêt d'introduire une parenthèse pour définir cette locution japonaise. On appelle sourimonos^ de petites feuilles dessinées ou gravées par des membres de sociétés d'artistes, de poètes et de buveurs de thé. La vogue de ces sociétés se répandit surtout à Yédo vers la fin du xvni* siècle et au commencement du XIX®. Au retour de la nouvelle année, les membres de ces sociétés avaient généralement l'habitude de s'offrir quelque présent. Il était aussi de bon ton de composer quelque dessin de circonstance que l'on faisait graver et que l'on tirait à un nombre limité d'épreuves de choix. Ces épreuves, dites sourimonos, perpétuaient entre les mains des sociétaires le souvenir de leurs réunions périodiques. Les sourimonos sont les plus merveilleuses estampes que l'on puisse imaginer; des gaufrures délicates, des tons d'or, d'argent, de bronze et d'étain en rehaussent généralement l'éclat. Quelques amateurs japonais ont collectionné ces épreuves et en

ont fait des recueils factices. Ce sont une demi-douzaine de ces recueils, renfermant quelques centaines d'épreuves, qui se trouvent précieusement conservés dans deux ou trois collections parisiennes. J^ai constaté, en les étudiant, qu'on n'y rencontrait que bien peu de gravures répétées; le nombre des épreuves tirées était donc des plus restreints.

Les sourimonos sont, avec les laques et les broderies, les plus séduisantes merveilles de l'art Japonais, celles, entre toutes, qui étonnent le plus les indifférents. La difficulté vaincue est là tellement évidente, si en dehors de toute comparaison avec nos productions similaires, que les plus récalcitrants doivent se rendre. Les sujets de ces estampes à l'adresse des raffinés sont toujours d'une extrême fantaisie; il semble que l'imagination des Japonais y ait fait avec délices l'école buissonnière. C'est un assaut, entre gens de goût, de grâce, d'esprit, de sentiment poétique, d'ingéniosité. La plupart des motifs qui décorent ces feuilles de présent sont assaisonnés de petites pièces de poésie en rapport avec les sujets eux-mêmes. Kyoden, le grand poète, n'a pas dédaigné de dessiner quelques sourimonos et de les enguirlander de concetti de circonstance. L'un d'eux, que j'ai sous les yeux, est accompagné de ces mots .

La/leur du prunier pour Vodorat,

Le chant du rossignol pour l'oreille.

Le fruit du kaki pour le goût :

Voilà les boîîheurs que je te souhaite pour l'année

Hokousaï s'est adonné avec passion à cette occupation récréative pendant toute sa jeunesse, et même

jusque vers 1820, époque où il en a produit un certain nombre d"'admirables sous le nom de Taito. Il a dû dessiner une quantité bien considérable de sourimonos, puisque, dans les seules collections parisiennes, j'en ai relevé plusieurs centaines. Il en a certainement exécuté sur commande. Beaucoup, et des plus admirables comme style et comme exécution, sont datés de cette fameuse année 1804, première d'un cycle, pendant laquelle le Japon semble avoir été tout entier en fête. Mais les chefsd'œuvre du genre sont incontestablement les grandes planches que Fartiste a exécutées comme programmes de représentationsdegala; ces planchesdediverses époques, signées pour la plupart Sôri et Hokousaï-Sôri, sont, à mes yeux, ce que Fartiste a produit de plus merveilleux Avec les planches du Tshiashin Goiiafoii (181 3).

Hokousaï travailla tout d^abord pour Fun des plus importants éditeurs de Fépoque, YeïraRouya Toshiro, de Nagoya, qui possédait en même temps une succursale à Yédo. La très grande majorité desœuvres de Hokousaï, sauf quelques volumes publiés à Osaka, a été éditée par cette grande maison, les Hachette du Japon, qui existe encore aujourd'hui à Nagoya, C'est un descendant de Toshiro qui a publié les réimpressions modernes de la Mangoua. Yeirakouya Toshiro a été le premier édite;.'r des œuvres de Kôrin, Keisaï-Yeïsen, Boumpô, etc.

On peut citer, parmi les plus intéressants des premiers ouvrages de Hokousaï, qui, pour la plupart malheureusement, nous sont inconnus, le volume de paysages et de figures [Yehon Riôbitsou) en 40 planches, qu'il publia chez Toshiro vers ijqS, en collaboration avec un peintre du nom de Riou-Kosaï.

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