‹ L'art japonaisChapitre 8 sur 76 · AIGLE ENCHAINE · texte numérisé non relu

AIGLE ENCHAINE

(D'après un dessin de l'ancienne école des Kano.)

Les sept dieux qui, sous le )^ Shiogoun de la dynastie des Tokougava, prirent le nom de Dieux du bonheur', exerçaient de préférence sa verve. Le bonhomme Hoteï, avec son sourire béat, son gros ventre, ses allures massives, sa naïve gaieté, était pour lui un motif fécond. C'est l'école de Kano qui a mis à la mode ces bienveillantes et protectrices divinités que Thumour des Japonais s'habitua peu à peu à tourner au ridicule et au grotesque.

Dès cette époque, l'école de Kano a deux exécutions bien distinctes : celle que l'on appelle au Japon goiiantaï, rocheuse, c'est-à-dire vigoureuse, heurtée, rude, avec des contours anguleux, à la façon chinoise; et celle que l'on appelle rioutaï, fluente, c'est-à-dire molle, assouplie, fondue, comme les ondulations d'une rivière.

En dehors de l'influence chinoise dont on a tant parlé, il en est une autre ^ à laquelle personne, sauf

1. Les sept dieux de bonheur ou de prospérité sont : DjioU' Rodjin, le vieillard chinois à la grande barbe, le dieu de la longévité, représenté d'ordinaire avec un cerf blanc et un écran à la main; Foukourokou-Djioii, le dieu à la longue tête, avec le crâne bombé, tenant un bâton noueux et un manuscrit roulé, dieu de la sagesse et du bonheur par excellence; son emblème est la grue blanche; Daikokou, le dieu de la fertilité de la terre, représenté sur ses sacs de riz et armé du marteau d'abondance; Yébis, le pêcheur, qui est aussi le dieu de la bonne chère, ou Hiroitgo, ûïs aîné du couple créateur; Bishiamon, le dieu de la guerre, tenant le bâton et la pagode; Benten, la déesse de la beauté et de l'art, tenant la boule précieuse ou jouant de la biva; enfin Hotei, le dieu au gros ventre, qui est à la fois le dieu de la gaieté et le protecteur de l'enfance.

2. Voir Galette des Beaux-Arts, t. XVIII^ 2« période, numéro du i** décembre.

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