NARCISSE, PAR M. P A U I, DUBOIS
(Dessin de M. Bocourt ; gravure de M Chapon.)
de la forte unité de son œuvre. Dans le modèle du Saint Louis assis au palais de justice, dans les Anges et les bas-reliefs de la vie de Sainte
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Vûlcrc et de Sainte Clotildc , exposés dans le pavillon de la ville de Paris, il s'est souvenu, sans pastiche puéril, de la simplicité des poses des imagiers du moyen âge. Dans les Gracques et le Mariage, il a été Romain avec une autorité bien pénétrante. Dans la Poésie, en partant du souvenir de ces adorables terres cuites qui sont un monde de statues, il a touché à la beauté grecque, mais partout il a mis sa marque et un caractère fortement personnel, qui n'a rien de l'imitation et de la copie.
L'Orphée, qu'on voit cette année pour la première fois, apporte une note nouvelle. L'élégance nerveuse de Tart italien du xv" siècle a dû passer dans l'esprit du sculpteur, et cependant c'est de toutes ses œuvres celle qui a le sentiment le plus moderne et le plus passionné. Orphée, nu, debout, et dont un petit fauve lèche les pieds, élève le bras droit, comme s'il obéissait à un sentiment de triomphe inconscient, et tient de la main gauche sa longue lyre, qu'il faisait résonner tout à l'heare, et dont l'ébranlement vibre encore dans sa poitrine et dans son visage. La téte , où respirent l'ardeur muette et le bouillonnement de l'enthousiasme intérieur, est encadrée de longs cheveux féminins ondés, qui sont entremêlés de feuillage, et cette large coiffure, librement épaisse, plonge dans l'ombre le front et les yeux. Ce n'est encore que le plâtre, mais on voit d'avance l'effet supérieur du marbre, dont la lumineuse blancheur, montant des pieds à la téte sur la surface unie de ce beau corps droit, sera rompue au milieu du visage par cette couronne de pénombre, qui donnera toute leur intensité à l'intelligence du front et à la passion étrange et profonde du regard. Par là, ce n'est plus une figure d'homme, mais celle du rates.
M. Paul Dubois est aussi d'un pays de sculpteurs. Il est Champenois, et il ne contredit pas aux caractères de l'ancienne école, à laquelle il vient ajouter sa valeur. Simart, qui est de la même province, a été modifié par l'influence d'Ingres; mais ce qui caractérise l'école troyenne, au xvr siècle du temps de François Gentil, au xv!!*" avec Girardon, c'est une certaine douceur aimable et aisée, la recherche des formes rondes et coulantes, pardessus tout, en particulier à la Renaissance, l'amour de la jeunes.se fraîche et pleine, ce qui vient du type du pays où les femmes, qui gardent une expression agréable d'intelligence et de bonté, deviennent assez ordinaires comme traits, après avoir commencé par une floraison charmante quand elles sont encore jeunes filles. Avec en plus un sentiment impressionné par les effluves contemporains, dont la date sera dans l'avenir plus visible
LA SCULPTURE. loi
qu'aujourd'hui, M. Dubois a parmi ses dons la jeunesse et la grâce, naturelles à ses origines.
C'est en i863 qu'il a débuté par un petit Saint Jean-Baptiste échevelé , un peu plus tapageur qu'ardent, mais pétillant de vie, et par une bien