LE BOEUF, PAR M. CAÏN
(Dessin de l'artiste.)
imitée du château d'eau de Saint-Cloud; on a reproché à cette cascade, d'abord de ne pas être assez monumentale, ensuite de se relier médiocrement à l'architecture. Le premier reproche nous semble peu fondé; le second est plus juste. Il était, en effet, fort difficile de faire sortir une cascade
d une abside sans avoir Tair de livrer passage à une gigantesque fuite d"eau. Ceci posé, co^^'enons que les détails décoratifs de cette cascade sont des plus heureux, et qu'elle s'épanouit fort bien. Le bassin final n'a pas moins de soixante-dix mètres de large. Le marbre s'y mêle très agréablement à la pierre blanche et à la fonte dorée. La terrasse à bossage qui la couronne et qui sert de grotte est animée, dans le bas, par deux figures allégoriques en pierre de roche, VAir et VEau, par MM. Thomas et Cavelié; au sommet, par six figures assises, de grandes dimensions, représentant les six parties du monde : V Amérique du Nord, par M. HioUe, V Amérique du Sud, par M. Millet, V Afrique, par M. Delaplanche, ÏOcéanie, par M. Mathurin Moreau, VAsie, en Japonaise, par M. Falguière, et V Europe, coiffée d'un casque grec, par M. Schœnewerck. Entre ces six représentantes de notre globe, nous nous permettons de préférer celles qui sont dues au ciseau de MM. Delaplanche et Falguière. Quant à la cascade elle-même, elle est cantonnée dans ses angles inférieurs par quatre pièces également en fonte dorée. Tous ceux qui ont mis le pied à l'Exposition ont, sans aucun doute, été frappés du rôle excellent que jouent ces quatre grandes figures d'animaux dans l'aspect du Trocadéro. Leur fonction décorative est capitale. Nous exprimerons seulement le regret qu'elles n'aient pas été confiées au même artiste, ou aux deux qui avaient déjà donné des preuves indiscutables de leur sentiment architectural. Il fallait faire grand, robuste et simple à la façon de notre immortel Barye ou, comme les tailleurs de pierre de fantique Égypte, il fallait procéder par masses accusées et penser avant tout à la silhouette. C'est ce qu'ont fait MM. Alfred Jacquemart et Caïn. Nous reproduisons ici ces deux magnifiques morceaux d'après les dessins des artistes eux-mêmes. Nos lecteurs pourront mieux apprécier ainsi leur fière beauté. Le Bœuf de x\l. Caïn est bien l'animal solide du labour, l'animal dont les profils puissants s'accordent si bien avec les plus hautes poésies de la nature champêtre. Il redresse la tête et gonfle son large cou délivré du joug, comme le ferait un taureau de combat. Le mouvement est superbe. De son côté, le Rhinocéros de AL Jacquemart n'est pas moins beau. A vrai dire, c'est un chef-d'œuvre d'une rare vigueur, et d'autant plus surprenant que fétrange colosse n'avait point encore été traité en sculpture et que l'on ne pouvait supposer, comme l'a très justement remarqué M. Charles Blanc, dans le journal Le 7'enif.s^ qu"il y eût quelque chose d'artistique à tirer de cette bête « énorme, massive, trapue, dmil le nez est une corne, dont la peau est une cuirasse, dont la queue rudimentaire et courte est le contraire d'une élégance ».
COUP D'ŒIL A VOL D'OISEAU. 7 Le Rhinocéros de M. Jacquemart est une des meilleures surprises de l'Exposition universelle de 1878. Il n'en est point de même, hélas! du Cheval de M. Rouillard et de V Éléphant, contourné, rapetissé et bizarre, de M. Frémiet, dont le talent, ordinairement si personnel, a fait cette fois
LE RHINOCIÎROS, rAH M. A. JAGg^UEMART,
(Dessin de l'arllsti;.)
fausse route. Il y avait cependant ample matière dans le caractère sculptural de Téléphant, en le prenant par le côté grand. M. Frémiet n'avait qu'à penser à certain revers d'une des médailles de Pisanello ou au Désert indien de Dccamps, où l'on voit des éléphants d'une si monumentale tournure.
De la terrasse qui domine la cascade, le regard embrasse tout le panorama de TExposition, et, en y joignant Paris, un panorama sans égal. Avant de descendre vers le pont d'Iéna pour gagner le Champ de Mars, jetons un coup d'œil à vol d'oiseau. Au loin, dans une ceinture de collines verdoyantes, se déroule la capitale, avec tous ses monuments : le nouvel Opéra, le Louvre, la Sainte-Chapelle, Notre-Dame, Saint-Sulpice, Sainte- Clotilde, le Panthéon, le Val-de-Grâce et les lavalides, dont le dôme entièrement doré illumine le ciel; au second plan se développent les longues lignes du palais de fer et de verre du Champ de Mars, terminées par rÉcole militaire, les hautes cheminées de brique et toutes les annexes qui entourent l'Exposition ; au premier plan, les jardins du Trocadcro avec ses mille constructions pittoresques semées dans la verdure. Ici nous ouvrirons une parenthèse pour remarquer que, dans ce tableau, d'un coloris si doux et si brillant, les longs hangars à couverture de tuiles rouges construits au bord de la Seine jettent une note beaucoup trop crue.
Voici d'abord, à droite, au-dessous du restaurant espagnol, — du diable si nous eussions jamais pensé à placer l'art de Vatel sous une égide aussi anticulinaire ! — le grand pavillon de l'Egypte, restitution d'une maison égyptienne de style ancien retrouvée par Mariette bey, à Abydos. Remarquons à ce propos que notre illustre compatriote ne pouvant, faute d'un crédit suffisant, en raison de l'état difficile des iinances égyptiennes, renouveler les prodiges de 1867, a du moins fait en sorte, habitué qu'il est à opérer des miracles, que cette seconde exposition fût autre et presque aussi intéressante pour les artistes et les savants que la première. Il serait injuste de ne point remercier le khédive de cet acte de haute sympathie personnelle à notre égard. Les retards qui ont été apportés à la mise en œuvre de ce pavillon s'expliquent, du reste, par les difficultés qui ont dû être vaincues. Un peu plus bas se trouvent quatre des annexes les plus curieuses des jardins du Trocadéro : celles du Japon, de la Suède, de la Norvège et de la Chine. Celles de la Chine et du Japon, par le contraste frappant, qu'elles font toucher du doigt, de deux peuples, de deux civilisatipns, de deux mondes voisins et cependant si dissemblables, sont d'un enseignement supérieur. La petite métairie japonaise, avec sa porte, ses clôtures, ses plates-bandes minuscules, ses plantes grêles, sa maisonnette en bambous, et tout l'imprévu d'un art exquis, discret, raffiné, original et toujours varié, est une des merveilles de l'Exposition. A un point de ^■ue exclusivement artistique, elle méritera les honneurs d'une description complète; de même le pavillon de la Chine, si diilércnt de celui-ci. Au-
dessous encore, voici les menus plaisirs de l'Orient, les bazars et cafés marocains, tunisiens et autres, c'est-à-dire Tassociation en commandite de tous les marchands de pastilles du sérail du boulevard des Italiens et de la rue de Rivoli, — tout cela très amusant et très pittoresque, — et enfin le pavillon vert-pomme de la Perse et celui du roi de Siam, sans compter le fretin intermédiaire.
l' A F R I (i.U E, PAR M. DELAPLANCHE.
(Croquis de l'ariistc.)
A gauche, un peu en arrière du restaurant français, qui fait pendant à la fonda espagnole, et au-dessous d'un aquarium souterrain, le regard est captivé par le péle-mèle le plus charmant, que dominent, d'une part, le magnifique pavillon en bois ouvragé, type d'élégance et d'appropriation spéciales, de l'administration des forêts de l'État; de l'autre,
lo L\\RT MODERNE A 1/ FX PO S I T I ON.
rexpositioii algérienne, si originale, avec ses boutiques semées sur les accidents de la pente, ses petits kiosques pimpants et délicieusement mauresques, et enfin sa grande mosquée arabe, crénelée et crépie à la chaux, dont le blanc minaret fait le plus étonnant repoussoir au rideau de fond des Champs-Elysées et des Tuileries. Au point de vue de Fart, ce minaret, copié sur Tantiquc minaret de Mansourah, près de Tlemcen, est une des choses les plus pures qui se puissent imaginer. Du reste, tous les détails de cette intéressante construction ont été empruntés aux admirables monuments arabes de Tlemcen. La porte, qui est un chef-d'œuvre de goût et d'élégance, est copiée sur celle de la mosquée de Bou-Médine, qui, même à côté des trésors de TEspagne, reste un spécimen unique du génie arabe.
Laissons maintenant tout ce qui, dans ces parages, est purement industriel, et traversons le pont d'Iéna. De ce point, la façade du Champ de Mars, en fer et en verre, présente des lignes architecturales d'une très belle ampleur. Deux grands pavillons d'angle, sortes de dômes ajourés, et un grand pavillon central les dominent majestueusement. Des écussons, — ceux des différentes nations exposantes, — des armoiries, un ton gris bleu d'une harmonie extrême, quelques rehauts de rouge et d'or complètent Telfet. Toute cette façade est à la louange de l'architecte, M. Hardy. La proportion des vides et des pleins est excellente ; les profils ont de la force et de la grâce; le style est neuf, sans réminiscences du Sydenham- Palace de Londres, et bien approprié à l'emploi de la fonte. Nous n'y reprendrons que deux choses : la lourdeur inutile des massifs d'angle, ainsi que la vilaine teinte jaunâtre qui les habille et qui détonne sur le beau ton bleuté de la fonte, puis la nullité navrante des grandes figures internationales en plâtre, qui décorent t(jute la largeur du péristyle. On n'est pas en vérité plus médiocre. 11 n'y a guère à retenir dans toutes ces viragos que la Japonaise de M. Aizelin, qui est charmante.
Dans les jardins qui précèdent la façade, il y a un nombre considérable de constructions annexes. Nous n'en citerons que trois, qui sont remarquables à des titres divers : le pavillon de la Manufacture des tabacs et celui du Ministère des Travaux publics, où nous rencontrons un emploi très judicieux de la céramique comme clément de décoration extérieure, enfin le grand bâtiment du Creuzot, qui est dû au beau talent de notre collaborateur, M. Paul Sédille.
Avant d'entrer dans les galeries du (^hamp de Mars, retournonsnous vers le Trocadéro ; le coup d'œil en vaut la peine. Une chose nous frappe surtout, c'est le rapetissement du palais du Trocadéro; il
COUP D'ŒIL A VOL D'OISEAU. ii
paraît toujours grand, parce qu'il est en réalité gigantesque, mais il ne le paraît pas autant qu'on le voudrait. C'est un grave défaut, qu'il faudra faire intervenir dans le jugement à porter sur l'œuvre de MM. Davioud et Bourdais. Cela vient beaucoup de ce que les points d'appui sont trop minces et trop rapprochés, par conséquent, de l'exiguïté des pleins et des
JAPONAISE, PAR M. AIZELIN.
(Croquis de l'arliste.)
vides, des ombres et des lumières, des blancs et des noirs. Les tours restent belles, quoique un peu grêles ; la longue courbe des deux ailes est toujours très majestueuse; la cascade est un peu plate; les animaux dorés font un effet superbe ; la rotondité de la salle des concerts s'exagère ; la polychromie générale est fine et claire; mais il y a trop de drapeaux, qui semblent épinglés sur les combles comme les petits drapeaux que l'on
,2 LWRT MODERNE A L'EXPOSITION.
pique sur les cartes « du théâtre de la guerre ». Il faudra les enlever après la fête. Quant au mouvement des pentes gazonnées, il est parfait. En somme, bel ensemble, auquel les applaudissements ne manqueront pas.
Le Champ de Mars est un parallélogramme en fer dont les grands côtés, deux hautes et énormes galeries, d'aspect léger et grandiose, sont réservés aux machines. A gauche, la France; adroite, l'étranger. Tout le palais, pour Tindusirie, est partagé par le même dualisme. A gauche, dans le sens de la longueur, les travées de chaque classe : les tissus, Forfévrerie, le mobilier, la céramique, renseignement du dessin, etc., c'està-dire tous les produits similaires de la France; à droite, tous ceux des différentes nations étrangères, dans le même ordre. Dans le sens de la largeur, les travées contiennent la série successive des produits différents pour chaque nation. Par ce plan très simple, il est facile de se reconnaître dans le gigantesque bazar. Aux deux extrémités sont deux immenses galeries, dont les voûtes, d'un jet, sont garnies de caissons peints et dorés, qui, d'assez mauvais goût dans le détail, donnent cependant à l'ensemble une opulence magnifique. Tout ce qui, dans l'œuvre de M. Hardy, a visé à la grandeur est vraiment grand, vraiment en rapport avec les conditions voulues de la construction en fer, sans rien perdre des qualités essentielles de l'architecture : la simplicité, l'équilibre, la netteté, la pondération, la logique. Nous entrons à pleines voiles dans Tàge de la fonte; notre architecture, bien dirigée, peut y rencontrer des ressources d'art tout à fait nouvelles, tout à fait imprévues.
Dans l'espace réservé au centre de la construction, on a élevé, pour les Beaux-Arts, une série de pavillons bas en maçonnerie qui se relient directement aux galeries des extrémités. Cette suite de salies est interrompue en son milieu par deux N'astes loggias qui se regardent. Entre ces deux loggias se trouve le grand pavillon de la ville de Paris, dû à M. Bouvard, très remarquable construction en fonte peinte, en terre cuite, en brique et en carreaux de faïence. Cet édifice, d'un caractère si neuf et si intéressant, est destiné à devenir un gymnase municipal. Il accentue l'un des côtés les plus curieux et peut-être les .plus féconds de l'Exposition de 1878 : l'emploi de la céramique alliée à la fonte comme organe de décoration. L'intérieur est d'une étonnante légèreté.
Sous les deux loggias des Beaux- Arts se trouvent deux portes monumentales : l'une de M. Jaéger, pour l'architecture, qui est, du reste, beaucoup trop lourde, et de M. Deck, pour l'ornementation céramique, qui est remarquable; l'autre, dont nous reproduisons des fragments d'après les
dessins mêmes de Tauteur, de notre excellent collaborateur M. Paul Sédille, qui est, comme on sait, un des champions les plus actifs de la renaissance de Tart antique au point de vue de Temploi de la polychromie extérieure. La porte de M. Sédille, faite de terres cuites peintes par endroits et rehaussées d'or, et de faïences émaillées, est une belle application de ces
PORTE DES UEAUX-ARTS, PAR M. P A U t, SÉDILLE.
(Dessin de l'artiste.)
principes. Le parti pris décoratif en est puissant et vraiment ingénieux; le style homogène et noble. Tout au plus pourrait-on lui reprocher, dans les proportions, une certaine pesanteur voulue.
C'est sur Tun des espaces à ciel ouvert ménagés le long des pavillons des Beaux-Arts, que se trouve, à droite, la fameuse avenue des façades étrangères. Nous n'avons qu'à enregistrer ici son immense et légitime succès. C'est la grande nouveauté de l'Exposition de 1878. Entre ce défilé
pittoresque de façades multicolores, dont la perspective en enfilade est dominée au loin par Tune des tours du Trocadéro, retenons comme les mieux réussies celles de la Norvège, de la Russie, de TEspagne, de la Hollande, de l'Angleterre, de la Suisse et surtout celle de la Belgique, qui est un pur chef-d'œuvre dans le style renaissance et bien flamand de Thotel de ville d'Anvers; et comme la plus mauvaise, hélas! celle de l'Italie. Celle de l'Autriche, qui a visé à être solennelle, n'est que triste, avec ses graffiti à fond noir. Fort amusantes sont celles du Luxembourg, de Monaco, d'Annam, de la Perse, du Maroc, de Siam et de la Tunisie, qui se grimpent à l'envi les unes sur les autres. Fort curieuse est celle du Portugal, copiée sur le gothique ultra-péninsulaire et flamboyant de Tabbaye de Belem.
La grande galerie terminale, celle c[ui regarde l'École militaire, est occupée par l'exposition du travail manuel; celle de la façade d'Iéna, par laquelle on accède, est occupée : à gauche, par l'exposition monumentale de Sèvres et des Gobelins; au milieu, par les diamants de la Couronne devant lesquels se trouve l'entrée principale des Beaux-Arts, qui commiCnccnt par les salles de la sculpture française, primitivement destinées aux Portraits historiques; à droite par l'exposition des Indes, faite aux frais, par les soins et avec les collections particulières du prince de Galles. A ce propos, nous ne saurions répéter assez à quel point le concours chaleureux, actif, incessant et dévoué de l'auguste héritier de la couronne d'Angleterre, secondé par celui de M. Cunlitfe Owen, a contribué au succès de notre Exposition, à un moment où elle rencontrait tant d'incrédules. C'est à lui, à lui seul, que nous devons cette magnifique exposition des Indes; c'est à lui, c'est à son intervention personnelle et directe auprès des possesseurs de tableaux, que nous devons les salles de la peinture anglaise, si riches, si complètes, qu'on peut dire qu'à part deux ou trois abstentions regrettables, comme celles de M. Hook et Faed, de la Royal Academy, toute l'école anglaise contemporaine est là dans sa quintessence suprême. N'oublions jamais ces éminents services, conservons-en une inaltérable gratitude.
Dans les pavillons du centre sont donc les Beaux-Arts, peinture, architecture et gravure, de la France et de l'étranger. Nous n'en parlerons que pour mentionner, avec la plus amère tristesse, la façon vraiment inouïe, honteuse, avec laquelle les salles françaises ont été aménagées^ ou plutôt n'ont pas été aménagées du tout, à côté des salles étrangères, qui sont des modèles de convenance, d'élégance et de confortable aussi bien pour l'esprit que pour le corps. En France, c'est le désert sans repos, sans oasis
COUP D^ŒIL A VOL D^OISEAU. ,5 d'aucune sorte, c'est Thorrible nudité, c'est le désordre, Finvraisemblable de la mise en scène et de la distribution des œuvres; c'est une sorte de défi [été à la conscience publique , à la dignité de notre art national ; c'est le soufflet donné en plein visage et qui nous laisse au front une rougeur indélébile. Pas un siège pour s'asseoir, pas une natte pour étouffer le bruit des pas et amortir la poussière, des loques de toile peinte aux portes en guise de tentures, un jour cru avec des traînées de soleil sur les cadres, voilà le bilan ! Ce que l'on a fait dans ces derniers jours est vraiment trop peu de chose pour que nous nous croyions en droit d'adoucir les mots.
Ici, dans cette mer immense de choses, de produits, d'œuvres du génie, de l'industrie et de la patience de l'homme dans le travail, sous toutes ses formes, sous tous ses aspects, il faut nous arrêter. Un volume ne suffirait pas pour y jeter un simple coup d'œil. C'est, en vérité, trop de richesses accumulées, trop de merveilles offertes à la fois, un festin trop splendide. Les comparaisons deviennent difficiles, sinon impossibles ; l'étude méthodique, presque impraticable. Un si colossal effort est unique; il est effrayant. M. Owen, l'honorable et sympathique président de la section anglaise, a eu raison de dire que l'Exposition de 1878 serait la dernière des Expositions universelles, en ce sens qu'elle ne saurait être dépassée ni même peut-être égalée,