DIANE DE POITIERS
Carton de M. Faivre-Dufler peur une peinture décorative au château d'Anet. (Gravure de M. Vallette.)
dicrs sur le monte Piucio, iM. W. Crâne, en veine de naïveté, ne s'en est pas tenu aux primitifs italiens : il a fait appel au japonisme, et la combinaison lui a pleinement réussi. Je laisse à d'autres le soin de démontrer qu'en agissant ainsi l'artiste ne sacrifiait rien de Tunité esthétique, et que, s'il s'est abreuvé à deux ruisseaux différents, Tun et l'autre proviennent de la même source.
11 est temps de quitter la section anglaise. Je ne le ferai pas cependant sans dire une dernière fois que l'originalité, le charme naïf, l'humour et l'honnêteté des ouvrages qui y sont exposés justifient pleinement leur succès. Ce ne sont peut-être pas des qualités éminemment plastiques, mais on ne peut pas tout avoir. Notre part est assez belle pour que nous n'hésitions pas à applaudir chez les autres des qualités dont, il faut le reconnaître, nous sommes un peu dépourvus.
L'Allemagne n'expose que quatre aquarelles, mais elles sont d'un des artistes les mieux trempés de notre époque, de M. Menzel. Le livret fait une distinction qui me paraît un peu subtile, aujourd'hui que le papier complaisant accepte tout ce que le peintre veut lui faire supporter : gouache, coups de grattoir, retouches à l'huile, etc., sans que la peinture y perde son nom d'aquarelle; il range parmi les gouaches Y Intérieur d'église et le Maître-Autel de l'église paroissiale d'Inspruck, et dénomme aquarelles le Repas interrompu et les Moines dans la sacristie. La nuance paraîtra d'autant moins saisissable qu'il s'agit d'un peintre gras, étoffé, qui aime à faire sentir des épaisseurs de pâte dans toutes ses œuvres, qu'elles soient peintes sur papier ou sur toile; comme d'autre part il ne pratique guère les tons frais et limpides de l'aquarelle, il serait malaisé, devant ses œuvres, de faire une distinction dans les procédés.
Quoi qu'il en soit, gouache ou aquarelle, le Maître-autel est peutêtre l'œuvre maîtresse de l'exposition qui m'occupe : l'exécution du moins en est magistrale; tout est su, arrivé au degré expressif que comporte l'art de peindre tel que les maîtres l'ont fixé; c'est à la fois libre et précis, et d'une étonnante justesse. Le maître-autel, de style ronflant et fleuri, comme il y en a tant en Allemagne, reçoit du dehors, par une baie largement ouverte, une lumière blanche qui vient se réchauffer au voisinage des cierges allumés; dans cette atmosphère attiédie, les ors jouent sans tapage et aucun éclat ne distrait le regard de la cérémonie qui s'accomplit à l'autel. Tout est calme et recueilli dans cet embrasement : les colonnes torses de marbre jaspé, d'une étonnante puissance de rendu, assoient vigoureusement l'équilibre. Quant aux groupes, ils sont traités avec cet
esprit d'observation qui caractérise Técole allemande aussi bien que 1 école anglaise. M. Menzel a en plus de beaucoup de ses confrères les qualités de Thomme vraiment fort, c'est-à-dire une pratique plus libre et un mépris souverain de la difficulté. 11 aborde hardiment les attitudes irré-