LE TRIOMPHE DE DIANE, PAR M. F A I V R E - D U F F E R
(Gravure de M. Vallette d'après le carton de l'artiste.)
gulières : la gaucherie de la nature ne le tente jamais, mais elle ne Teffraye pas non plus.
Dans le Repas interrompu, lartiste berlinois établit, par un nouvel exemple, ce que ses deux peintures, V Usine et Entre deux danses, avaient victorieusement démontré, à savoir qu il est permis à un peintre d'avoir plusieurs manières et de les conduire de front sans perdre en route ses plus précieuses qualités. Le Repas est une fantaisie de coloriste à la façon
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de la seconde de ses toiles. Haut montée en couleur, elle offre aux veux un régal épicé de tous les condiments de la peinture. Le héros de la scène n est lui-même qu'un accessoire parmi ces accessoires si brillamment exécutés : riche vaisselle d'argent, verrerie, tapis, étoffes somptueuses. Pour ne pas détourner Tattention de cet éblouissant spectacle, M. MenzelTa condamné à enfouir sa tète chevelue dans une de ses mains pendant que Fautre se referme crispée sur Técrit fatal qui est venu interrompre le repas. — Peutêtre aussi Texcellent peintre a-t-il compris que le type un peu commun de son infortuné convive ne ferait pas bonne figure au milieu de toutes les richesses accumulées devant lui. Toujours est-il qu'on ne se demande nullement ce qu'il peut y avoir dans «ce papier redoutable», pour parler le langage de Scribe; on admire dans une quiétude parfaite le décor, sans se soucier autrement du drame. Je recommande en passant à nos jeunes impressionnistes la perspective plongeante et oblique de l'aquarelle de M. Menzel : il y a là de quoi faire rêver M. Caillebotte, fauteur fantasque, mais non sans mérite, des étranges parqueteurs et des bizarres pianistes que l'on a vus aux expositions de la rue Le Peletier.
La Belgique, si bien représentée en peinture, n'a pas fait grands frais pour nous montrer ses aquarellistes; mais ce qu'elle nous en donne n'est pas sans intérêt. M. Stacquct, par exemple, est bien un aquarelliste pur sang; il a toutes les grâces du métier : la fraîcheur et la transparence du coloris, la touche facile et juste. C'est en outre un peintre bien voyant et un harmoniste d'une délicatesse exquise. Les paysages des Environs de Bruxelles sont enlevés avec une prestesse étonnante et se composent avec goût. A tort ou à raison, nous n'en demandons pas davantage. Autres sont les qualités de M. Mellery ; il peine à la tâche et fatigue ses ouvrages; c'est dans les salles de peinture qu'il faut aller pour juger de son mérite.
Plus intéressante est l'exposition des Pays-Bas, Entête vient M. Mélis, disciple d'Israëls, ce peintre de genre qui a entrepris de raconter les infortunes des petites gens dans un langage vaporeux et délicatement coloré dont la manière rappelle Corot. M. Mélis nous donne une répétition à f aquarelle de son tableau « Sois sage! » Personne n'hésitera à choisir faquarelle; c'est un des ouvrages les plus remarquables en ce genre qui nous soient venus de l'étranger. La scène se passe dans une chaumière; une famille de paysans est groupée autour de la table; le père fait la lecture; la vieille mère écoute, à demi endormie dans son grand fauteuil;
EXPOSITION UNIVHRSRLLE DE 1878
Gazette des Beaux-Ar'