VASE DE STYLE JAPONAIS EN BRONZE INCRUSTÉ AVEC ORNEMENTS EN RELIEF
(Maison Cliristoilc et C"'.)
nent à aimer lart du métal, font avec lui des échanges d'idées, et, artistes eux-mêmes, ils contribuent à cette conversion des maîtres et du public, non seulement par leurs travaux, mais encore par le concours qu'ils donnent aux sociétés d art et d'industrie.
Un autre orfèvre bien et justement remarqué, c'est M. Tiffany, de New-York. Lui aussi prend au Japon son inspiration, mais il avait profité déjà des essais tentés par Cliristofle. Ayant eu la bonne fortune d'étudier à Philadelphie, deux ans avant nous, les procédés des Japonais, comme il nous est donné de le faire aujourd'hui dans leur intéressante exposition, il a mis à profit cette avance. Il délaisse Témail, il ne s'applique pas à copier les fines et capricieuses ciselures de Kanasawa et de Takaota ; ce qu'il emprunte au Japon, c'est son décor le plus franc : des plantes aux larges feuilles, des oiseaux, des poissons; ce qu'il a surtout pénétré, c'est le secret de ses alliages. Il a merveilleusement bien imité le mokoiimé, ou mélange de lames d'or, d'argent, de cuivre pur ou allié, brasées, repliées, forgées et laminées ensemble de façon à imiter, comme l'exprime le mot indigène, les veines du bois; le chakoudo alliage de bronze et d'or aux reflets sombres ; — le sibouïti, autre alliage aux tons gris. Le nielle des Russes et les dépôts incrustés de cuivre fin complètent, avec l'or et l'argent, cette nouvelle palette de l'orfèvre, et c'est avec cette palette que l'Américain, dédaignant les réactifs chimiques, parvient à des effets variés, dont la solidité de tons ne redoute pas l'usure. C'est là un progrès, mais ce n'est pas le seul.
Tiffany s'est appliqué à répandre ces décors sur les formes les plus pratiques, les plus logiques, les plus simples : il a revêtu d'un martelage doux et régulier la surface de l'argent, feignant, par un ingénieux artifice, d'avoir obtenu les rondeurs, non plus avec le tour, mais avec le marteau à retreindre. L'effet en est harmonieux à l'œil, l'argent n'a plus cet aspect sec et froid, dont le brunissage augmentait encore la fade apparence; on ne craint plus de poser les doigts sur des surfaces polies, elles ont les fines craquelures de la peau, les nervures de la feuille, les mailles et le tissu de certains fruits, et de suite les gens de goût se sont pris à aimer cette charmante nouveauté, qui n'est qu'un renouveau des procédés primitifs.
Tiffany nous étonne encore par l'habileté de ses ciselures. Certain