‹ L'art moderne à l'Exposition de 1878Chapitre 70 sur 117 · VASE DE STYLE JAPONAIS · texte numérisé non relu

VASE DE STYLE JAPONAIS

I. Nous suivons ici les indications données par le catalogue officiel japonais.

service à tlié de forme indienne, tout couvert de fleurs repoussées sur argent, est un pur chef-d'œuvre, et son grand vase dédié à Bryant, le poète-journaliste, a de sérieux mérites; les pièces du surtout, aux figures de Sioux et de Delawares, se peuvent comparer à celles qu'a jadis modelées, pour le comte KouchelefF, Émile Carlier, et dont Caylar-Bayar expose une reproduction satisfaisante, inférieure cependant en ciselure aux pièces américaines. — Enfin rien n'est plus parfait que la gravure des couverts

TLATtAU DE CUIVRE A IXCRUâTATIONS G A L V A N O T L A S T I Q U E S .

(Maison Clirislofle et €■'".)

de table présentés par la maison de New-York; je recommande en première ligne le service oriental et le service si varié, si fin, où sont représentés tous les dieux de l'Olympe; je doute que nous ayons en France un graveur capable de faire des matrices aussi parfaites, depuis qu'Heller est passé aux États-Unis.

Je ne m'arrête pas longtemps à la maison Elkington, bien qu'elle ait en Angleterre une importance comparable à celle de la maison Christofle en France. Ses émaux cloisonnés ne sont qu'une répétition timide des émaux de celle-ci, et, malgré de sérieuses qualités, ses ouvrages ont le

L'ORFÈVRERIE ET LA BIJOUTERIE. 32i

grave défaut de n'avoir pas un caractère qui leur soit propre. Puisque c'est seulement par ses côtés artistiques que Forfèvrerie trouve entrée dans ce recueil, nous ne voyons à signaler chez Elkington que les beaux travaux de Morel-Ladeuil, un artiste français, qui dirige avec M. Willms, un autre Français, les fabriques de Londres et de Birmingham. Ce sont des noms connus des amateurs, et déjà en 1876 nous avions admiré au Salon le beau vase de l'Hélicon. J'aime moins le nouveau bouclier, dont le sujet est emprunté au poème mystique de Bunyan, The -Pilgrim's progress, et qui est une pâle copie de l'autre bouclier, Le Paradis perdu, qu'avait composé Morel-Ladeuil et que possède le Musée de Kensington.

M. Poussielgue-Rusand et M. Armand-Calliat représentent presque

COFFAET EN BRONZE PATINÉ INCRUSTÉ d'oR ET d'aRGENT.

(Maison Cliristolle et G"'.)

à eux seuls l'orfèvrerie d'église, mais ce sont deux tempéraments opposés. Le premier traite en bronzier son travail, le second le soigne en bijoutier amoureux du détail; l'un cherche l'effet, l'autre le joli, en sorte qu'entre ces deux hommes également habiles, les préférences se partagent. — L'orfèvre de Paris convient aux architectes, ils lui confient volontiers l'exécution des grandes ornementations de bronze doré, dont les lignes doivent s'inscrire dans les cadres de pierre des églises, des ornements d'autel, des croix, des lampes suspendues, des châsses et des tabernacles, dont la mignonne architecture n'exclut pas une facture large et ferme. Il construit en bronze ou en argent, comme on construit en pierre, et ses orfèvreries n'ont besoin pour retrouver leur charme sévère que d'être corrigées par le temps, — témoin cette châsse du xiv'^ siècle dont nous

donnons la copie et qui est imitée de celle que conserve le musée de Cluny; son éclat trop neuf offense les yeux, nous ne sommes pas accoutumés à cette gamme éclatante d'ors et d'émaux; s'imagine-t-on l'une des merveilles d'orfèvrerie religieuse de la collection Bazilewski rémaillée et redorée à neuf? cela serait du plus déplorable effet... Les meilleurs

morceaux de M. Poussielgue-Rusand gagneraient à vieillir d'un siècle ou deux.

Parmi les pièces à noter, citons en première ligne l'autel en bronze doré, exécuté pour la cathédrale d'Auch, dans le style du xv" siècle, et dont les frises et les clochetons, déjà si légers, prendront en place, lorsque la dorure en sera ternie, de tout autres délicatesses. L'autel de la Vierge pour l'église d'Yvetot, conçu et dessiné, dans le style Louis XII, par M. Roguet et modelé par Chedeville, est exécuté en bronze et en marbre; l'ordonnance m'en plaît moins, la répétition des motifs donne à cet édifice une monotonie fâcheuse, et je blâme surtout l'éclat cru des ors et du marbre blanc. — Parmi les petits objets il faut mentionner un ostensoir Renaissance, dessiné par M. Corroyer et dont les justes proportions conviennent à l'usage : ce n'est plus une masse pesante que porte avec angoisse l'officiant, la bénédiction sera donnée sans effort, et l'élégante proportion de l'objet ajoute encore à sa légèreté'. Enfin j'insiste sur le fini de trois pièces d'autel : le calice, le ciboire et les burettes d'un précieux travail d'émail cloisonné, le premier essai, je crois, de restitution de ces émaux à l'orfèvrerie d'église ; ceci vaut d'être encouragé, car la mauvaise

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