‹ L'art moderne à l'Exposition de 1878Chapitre 77 sur 117 · N OE U D DE BRILLANTS · texte numérisé non relu

N OE U D DE BRILLANTS

(Exposé par M. Tiitcigcr.)

châtelaine Renaissance si bien ciselée où s'encadre le portrait émaillé de Bianca Capello.

MM. Rouvenat et Lourdel, dont les succès aux précédentes Expositions sont connus, tiennent une place distinguée parmi les meilleurs

fabricants, et nous regrettons de n'avoir pu recevoir à temps les photographies nécessaires pour faire des dessins. M. Téterger enfin est un habile entre les habiles pour l'exécution de ce bijou de mode éternelle qu'on nomme une bague ; nul mieux que lui ne s'entend à concevoir ce bijou des fiançailles, à en varier la forme, à choisir avec un soin jaloux la perle, le rubis, le saphir ou l'émeraude, à l'enchâsser dans des griffes invisibles, à l'entourer de diamants, à décorer l'anneau de gracieuses arabesques. Mais là ne se borne pas son goût ; il apporte la même étude patiente à tout ce qu'il touche, et si entre ses parures, ses bracelets, sa garniture de livre et ses pendants de col nous avons choisi la châtelaine et la montre , c'est parce que son habileté de joaillier s'allie bien avec la sculpture précieuse de Brateau, que l'or y alterne joliment avec la pierre, et que, si les sphinx de l'attache y étaient corrigés, ce serait presque un bijou parfait. Nous joignons à cette châtelaine un bracelet en joaillerie et un nœud de brillants d'une remarquable exécution.

Avant d'aborder l'étude des bronzes, cette orfèvrerie meublante où le métal n'a plus de précieux que ce que l'art lui donne, résumons-nous rapidement.

Bijoux, joyaux, orfèvreries sont en progrès et dénotent dans l'industrie française le goût le plus raffiné, l'entente du métier la plus complète, la possession des éléments les plus multiples, mais aussi la plus grande diffusion d'idées. En somme, l'Exposition actuelle est un succès, et l'un des plus grands qu'ait eus notre fabrication parisienne.

On fait bien, mais on ferait mieux si demain surgissait un homme, un artiste capable d'enrégimenter ces ciseleurs, ces émailleurs, ces ouvriers si différents, de les jeter dans une voie unique, de leur donner un style, de leur imposer un thème. Alors notre art grandirait d'un coup ; ce ne serait pas seulement un public futile et curieux qui nous viendrait, mais de vrais et de savants amateurs. Cet artiste n'est pas né, et les curieux oublient près de leurs bibelots anciens qu'il y a encore des orfèvres en France.

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