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VASE ANTIQ UE EN ARGENT, DU MUSÉE DE SAINT-GERMAIN

(Reproduction exposée par M. Barbedienne.)

Après Fremiet,"qui est un animalier d'une grande valeur, il faut citer Isidore Bonheur. M. Peyrol est son éditeur.

Nommons encore Pautrot, Vallon et Meissner. Ce dernier est l'auteur et l'éditeur tout ensemble d'une série de fantaisies ingénieuses, bien supérieures aux inventions viennoises. Un grand seigneur artiste l'a choisi cette année pour fondre et ciseler ses œuvres. C'est lui qui édite le Vieux Soldat de Waterloo et la Marie-Antoinette, dont l'original est dans la galerie anglaise. On sait que ces deux statues sont de lord Ronald Gower, le frère du duc de Sutherland.

Si nous en avions la place, nous pourrions, remontant de ces bronzes d'étagère à la colossale statue de Charlemagne, étudier chez Thiébault

Tart de la fonte cl visiter en même temps Durenne et le val d'Osne, les Keller de notre temps, et d'autres non moins habiles, mais plus modestes en leurs visées, Auxenfants, Gonon et Gruet.

Il y aurait injustice à ne rien dire du zinc. Ce n'est plus un art de contrebande, c'est désormais un élément sérieux du décor en métal, qui tient le milieu entre la galvanoplastie et la fonte de fer. La grande jardinière avec figure servant de torchère, qu'a modelée pour Ranvier M. Piat, ferait dans un vestibule le même'effet qu'un bronze. Le zinc choisit mieux ses modèles et l'exécution en est parvenue à une perfection inespérée. Drouart, ce pauvre et regretté Drouart, qui vient de mourir en pleine force et en pleine activité, Drouart a aidé à ce progrès avec Blot, son beaufrère, et parmi toute leur exposition je signale aux amateurs la jolie statuette de Bianca Capello par Chedeville : elle a toutes les finesses d'un joli bronze.

Je voudrais, avant de clore ces pages, faire une course rapide dans les galeries étrangères, non pas pour la facile satisfaction de constater l'excellence de notre fabrique française : nos bronzes ont moins que notre orfèvrerie même à craindre une concurrence extérieure, mais pour signaler quelques tendances et prendre un exemple ou deux.

La Prusse, qui seule eût montré quelque supériorité dans cette branche des arts, n'a pas paru. L'Autriche, au contraire, fait montre de ses nombreuses fabriques, mais, quelque importantes qu'elles soient, nous n'y trouvons à admirer qu'une ingénieuse fantaisie. Les bronziers viennois dépensent en petite monnaie beaucoup de goût et d'habileté; mais si parmi les grandes figures exposées dans les jardins et aux Beaux-Arts, nous en avons admiré quelques-unes fondues en bronze, la transition est brusque de là à ces bibelots d'étagères qui vivent ce que dure une mode. Encore faudrait-il mettre plus de discrétion à s'emparer de nos créations et ne pas exposer en France des modèles français à peine démarqués. Où M. F. Bergmann a-t-il pris idée de sa lampe à jeu, sinon à Vienne, où Mellerio de Paris avait exposé en 1878 une jolie lampe de même construction, dont les motifs, sculptés par Philippe May, ont été peu changés? Et qui a permis à M. Dziedzinsky et Hanusch, de Vienne, d'estropier en les imitant les quatre superbes nègres qu'avait sculptés Arnaud? Est-ce parce que Baugrand est mort, lui qui en était l'éditeur, que ces messieurs se croient en droit de mettre ces figures à tcnites sortes d'emplois? Je préfère de beaucoup à tous ces petits bronzes les grilles et les candélabres en fer forgé de Mildc, qui va de pair avec nos meilleurs serruriers artistes.

Enfin je ne quitte pas TAutriche sans réparer une omission faite dans mon chapitre de l'orfèvrerie : je n'y ai pas nommé M. Klinkosch, qui tient dans son art la première place à Vienne.

Dans Texposition russe, près de Sasikofï et de Khlebnikoff, les orfèvres, il y a M. Chopin, Thabile bronzier. 11 n'était pas possible de

PlatenkmailcloIsonnÉ.

(Exposé par M. BarbcJienne.)

transporter de Saint-Pétersbourg ou de Moscou les gigantesques travaux de bronze que fait pour les palais ou les églises cet habile fabricant, un Français du reste, mais nous avons retrouvé dans son salon les jolies scènes russes de Lanceray. Lanceray est un artiste de race; il tenait bien son rang aux Champs-Elysées en 1877, à côté de Mène, dont il a la science et la délicate élégance, avec un charme étrange en plus. Les épisodes qu'il choisit sont dramatiques ou touchants; il a vécu chez les Tcherkesses,

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et c'est avec la cire qu'il nous raconte leurs chasses, leurs combats et leurs amours. Ces groupes ont conquis la faveur du public, et il en est qui sont vendus par avance à quarante exemplaires. Deux autres sculpteurs

VASE DE «l'âge d'or», EN BRONZE.

(Exposé par M. Servant.)

russes, Tchijoff et Lavertsky, ont chez M. Chopin d'importantes figures, et nous avons étc surpris de l'habileté des fondeurs et des ciseleurs de leur pays.

Placido Zuloaga a été placé par le jury international dans la classe XXV;

LES BRONZES AU CHAMP DE MARS. 38i

nous en sommes bien aise, ce nous est un prétexte pour parler de l'habile et sympathique artiste espagnol en même temps que d'un artiste français,

SÉmIRAMIS, sculpture de m. HÉBERT.

(Buste en bronze exposé par M. Servant.)

M. Dufresne, que nous réclamons comme nôtre, bien qu'il soit plus étrangement classé encore.

Zuloaga est actuellement le maître de tous les damasquineurs français, italiens, belges ou espagnols. Doué d'une étonnante fécondité, il exécute ou fait exécuter, tant à Eibar qu'à Saint-Jean de Luz, une innom-

brablc quantité d'objets : bijoux, coffrets, poignards, vases et plateaux dont les dessins toujours variés couvrent d'or les surfaces sombres du fer. Quelque belles que soient les pièces qu'il expose, il ne faut pas juger par celles-là du talent de Thomme; c'est à Londres, chez un amateur passionné de cet art, que sont réunis les plus beaux ouvrages de Zuloaga. Il doit rester dans ses veines quelques gouttes du sang more, et c'est la raison de la perfection qu'il a su donner à de grands vases hispano-arabes qu'il a brodés d'une dentelle d'or fm, plus riche, plus variée, plus fine que les dessins de l'Alhambra. Si ces vases, et le grand plateau qui fut terminé l'an dernier par l'artiste, avaient pu figurer à l'Exposition, ils eussent été classés au premier rang-. C'est par Zuloaga qu'a été exécuté en fer forgé, ciselé, damasquiné et incrusté, le tombeau du général Prim.

M. Dufresne, de Paris, n'est pas damasquineur à la façon de notre Espagnol; il a des procédés à lui, procédés d'épargne ou de placage que nous n'essayerons pas d'expliquer maintenant, mais qui sont employés à produire de charmants dessins. Les armes, les boucliers, les casques, les buires et les plateaux damasquinés que contient sa grande vitrine de l'avenue Rapp en sont de tous points les plus parfaits morceaux. M. Dufresne, qui n'est pas un marchand, mais un artiste amateur qui modèle et cisèle avec passion, se livre à la statuaire, à l'orfèvrerie, aux bronzes et aux bijoux tout ensemble. Son groupe d'Hercule et d'Hésione est d'un mouvement puissant, et la grande Coupe du plaisir, coupe bien peu profonde pour satisfaire à tous ceux qui en ont soif, est d'un beau décor. La Coupe du plaisir et les visées philosophiques de l'inventeur nous pourraient inciter à décrire aussi le colossal Vase des ivresses de G. Doré, qui est à quelques pas plus loin. Nous y renvoyons le curieux, qui sera dédommagé de la recherche de ce rébus par le plaisir d'y admirer quelques bien jolis morceaux perdus dans la masse.

La Chine a des émaux cloisonnés, des plats^ des écrans, des bols, des brûle-parfums, des animaux, des vases, les uns nuancés et fondus, les autres criards et mal équilibrés de tons; pas n'était besoin d'indiquer en un catalogue quels sont les émaux anciens et quels sont les modernes. C'est une lourde faute à ces rusés marchands, d'avoir en leur bazar de vente fait un tel mélange, et, bien que parmi leurs bronzes il y ait quelques beaux spécimens dignes d'être classés chez M. Ccrnuschi, leur fabrication actuelle accuse une décadence qui est d'autant plus frappante que les bronzes japonais sont rangés à côté.

A ceux-ci le grand succès de l'année ; artistes et gens du monde ont

la même passion pour les habiles ouvriers de Kanasawa et de Takaoka. C'est dans ces deux villes du Japon que sont les meilleurs artisans du

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