BUFFET DE SALLE A MANGER
(Exposé par MM, CoUinson et Lock.J
3oo LWRT MODERNE A L'EXPOSITION.
lité joyeuse des ors lincmcnt ciselés, des appliques de marbre, des faïences, est la complémentaire harmonique du coloris généralement un peu sourd des œuvres de Técole actuelle ; et Télégance des formes, la recherche des lignes droites finement détachées nous paraissent correspondre assez exactement à la manière qui domine présentement parmi nos artistes.
L'absence d'une école bien caractérisée avec des tendances uniformes ne nous permet guère, il est vrai, de définir d'une façon précise, en ce qui concerne la France, cette corrélation entre les productions de Tart industriel et de l'art pur. Les unes et les autres se ressentent incontestablement de cet état indécis de transition, d'attente et de recherches où ils se trouvent tous les deux. Mais, si nous passons de la section française à la section anglaise, cette corrélation devient si évidente qu'elle frappe les visiteurs les moins préoccupés d'y apporter leur attention. Dans ces loges du groupe du mobilier, si habilement arrangées par les exposants britanniques e^t qui donnent, comme un décor de théâtre, une vue en perspective d'intérieurs complètement décorés, avec leurs dressoirs encombrés de poteries et de bibelots, leurs fauteuils, leurs tables à ouvrage, leurs jardinières, leurs tentures et leurs tapis; dans le pavillon luxueux du prince de Galles, dans les cottages de l'avenue des Nations, décorés par MM. Collinson et Lock, Jackson et Graham, partout enfin nous retrouverons ces tonalités particulières, qui ne permettent pas d'hésiter un seul instant sur la provenance d'un tableau de l'école anglaise moderne, et ce caractère d'intimité et de simplicité dans le détail, qui donnent un si grand charme et un caractère d'originalité si personnel aux œuvres de Millais, de Leslie, de Walker, de Boughton, de Morris, etc.
Dans leur mobilier comme dans leur peinture, les artistes anglais apportent le même tempérament de coloristes délicats et le même sentiment. Mais cette manière nouvelle, que nous pourrions appeler une révolution artistique, a-t-elle eu en industrie des conséquences aussi heureuses et aussi importantes qu'en art pur?
Sans être très complexe, la question doit être examinée à deux points de vue. 11 est incontestable que la décoration intérieure, la partie de l'ameublement qui incombe plus particulièrement au tapissier, a fait des. progrès sérieux et a obtenu beaucoup de succès dans ces installations d'intérieurs. Les tentures de tonalités sobres, de nuances paisibles, reposent agréablement le regard. Les tons plus lumineux des rideaux, des étoffes de siège, avivent ces nuances, et sur cette gamme de couleurs doucement modulée,
(Exposée par M. Fourdinois.)
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se détachent comme des variations légères les notes les plus accentuées des crédences en noyer verni, des cabinets-vitrines en acajou, en érable ou en citronnier, des étagères décorées de faïences de Rouen, de porcelaines de Chine et de bronzes. Une aquarelle, un tableau, un émail, un plat persan ou hispano-arabe, disséminés çà et là dans un désordre pittoresque, rompent Funiformité tonique de la tapisserie et le tout forme une symphonie charmante, pleine d'une saveur originale; mais..., car il y a fâcheusement un mais, cela ressemble trop souvent à du mobilier de théâtre. Si le tapissier a réussi dans l'ordonnance de cette installation, l'ébéniste fait souvent défaut, l'ous ces meubles grêles, sans ornementation, sans le travail de Tartiste qui centuple par son talent la valeur de la matière, ressemblent à des bâtis d'accessoires. On craindrait de poser sur les crédences, les buffets ou les étagères quelque chose d'un peu lourd, de peur de les voir s'atfaisser. Une miss éthérée et diaphane semble, seule, pouvoir loger sûrement dans un intérieur de ce genre.
Le goût du bibelot, qui a pris en Angleterre une extension plus considérable peut-être encore qu'en France, paraît exercer actuellement une très grande influence sur l'industrie du mobilier. Le salon, le boudoir, la chambre à coucher sont devenus des cabinets d'antiquaires et d'amateurs. On ne voit partout que crédences, armoires-vitrines, étagères, buffets à vantaux vitrés, consoles, dressoirs à truis ou quatre étages, avec réduits et étagères en accotement.
On a exhumé le style anglais ancien, dit de la Reine Anne, qui favorise par ses dispositions architectoniques, dont le dressoir est la base, cette manie d'exhibition. Ce style depuis deux ans est devenu fort à la mode et a pris par delà la Manche les proportions de l'épidémie de moyen âge qui s'était produite chez nous après i83o. On ne réve que de Reine Anne, et chacun, baronnet, marchand de la cité ou simple cockney, veut avoir un salon en « style ancien ■». Quelques-unes de ces restitutions sont intéressantes et faites avec assez de goût. Ainsi MM. Brown frères ont exposé un meuble de ce genre, en ébène, décoré de filets d'or, aux panneaux garnis de glaces en losange, qui ne manque point d'un certain caractère ; MM. Shoolbred, James et C"', un buffet de salle à manger d'une heureuse physionomie; M. J. Lamb, de Manchester, une vaste crédence en chêne brut avec ferrures de cuivre, pleine de caractère; MM. Jackson et Graham, un chambranle de cheminée en chêne, avec garniture de cuir de Cordoue et plaques de faïence décorée entourant le foyer, d'une exécution remarquable. Mais, comme il arrive presque toujours, le plus grand nombre est
déplorable. Pour accentuer le caractère local et chronologique, les artistes sont allés chercher les modèles les plus archaïques et les plus compliqués de fantaisies étranges et de détails singuliers. Les uns, comme MM. Collinson et Lock, ont couvert les panneaux de leurs buffets de peintures imitant les tapisseries historiées, ou comme MM. Ebbut de Croydon et Thomas Hall d'Edimbourg, ont placé sur les fonds des galeries, sur les pilastres et les panneaux de leurs buffets, de véritables compositions extraites des chroniques nationales, qui donnent à ces meubles la physionomie de retables du xiv' siècle. D'autres, renchérissant encore sur leurs confrères d'autrefois, multiplient les réduits, les galeries, superposent les étagères et installent volontiers sur le tout, sans prendre souci de l'équilibre et des proportions, des vitrines à croisillons qui produisent un effet vraiment stupéfiant. On sait où les Anglais peuvent en arriver lorsqu'il leur prend fantaisie, ce qui n'est point rare, de faire du mauvais goût. Grâce à leur entente du coloris, à leur habileté incontestable à disposer harmoniquement leurs bibelots, ils atténuent parfois les conséquences de ces aberrations artistiques et parviennent à donner à leurs intérieurs une physionomie intéressante; néanmoins ce mobilier archaïque, aux formes grêles, sans ornements d'or, de bronze et de marbre, où le ciseau du sculpteur n'a rien jeté qui attire vivement le regard et frapj- : l'esprit, cette absence dans les tentures, sur les parois, de tons éclatants qui font vibrer la lumière, et la nuancent pour la plus grande jouissance de nos yeux, leur enlèvent ce caractère d'opulence élégante et de gaieté robuste et joyeuse que présentent généralement les intérieurs français. On y respire une atmosphère de puritanisme mélangée de naïveté morbide et enfantine qui ne conviendrait point à notre tempérament exubérant, amoureux des contrastes de la lumière et des couleurs.
Cette renaissance du vieux style anglais ne peut être qu'un accident. L'amour du confort, d'ailleurs, à défaut d'autres considérations, ne tardera certainement pas à le faire délaisser. Ce n'est point impunément et pour longtemps que la mode peut ainsi s'attaquer à un besoin matériel et à une réputation qui est devenue pour un peuple une question d'amourpropre et une légende.
En dehors de ces productions spéciales et bien indigènes, l'exposition du mobilier anglais contient d'autres œuvres d'un caractère moins national, qui doivent cependant être signalées pour leur mérite d'exécution : ce sont un buffet de Louis XV à garnitures de bronze, avec panneaux de milieu en marqueterie représentant lui sujet héroïque, et deux cabinets
PORTE DE cAleRIE, PAR M. pAUL sÉdILLE.
(Exposée par M. Fourdinois. — Dessin de M. SédiUe.)
dé boule, de MM. Mellier et C", travail purement français, remarquable d'ailleurs; dans la loge de MM. Johnstone, Jeanes et 0% de Londres^, un cabinet en bois de citronnier avec marqueterie, dit style Adams, dont Tart français pourrait, croyons-nous, revendiquer loyalement la propriété; un mobilier de chambre à coucher dans le même style avec tentures satin bleu clair, de MM. Holland et fils, qui plaît fort par la finesse et la grâce de sa décoration. Cette chambre à coucher a été achetée tout entière par sir Richard Wallace. Ce choix est un excellent certificat de bon goût. Mais l'attraction de la section britannique est incontestablement la très curieuse collection de MM. Jackson et Graham. Elle se compose d'un cabinet en buis avec incrustations en bois et ivoire, d'un chambranle de cheminée avec miroir, pendule et candélabre, exécutés en un travail analogue, d'un cabinet en ébène et ivoire, d'un autre en bois de sandal avec incrustations d'ivoire et de bois variés, et de divers autres petits meubles analogues. Leur auteur, M. Graham, est parvenu à produire de véritables chefs-d'œuvre qui peuvent soutenir la comparaison avec ce que les plus célèbres intarsiatori italiens, les maîtres du genre, ont laissé de remarquable. On ne sait ce que l'on doit le plus admirer de la patience invraisemblable de l'artiste, de son habileté prodigieuse ou de son goût exquis. Ces meubles sont de véritables merveilles, non seulement comme travail spécial alla ccrtosa, mais au point de vue architectonique et décoratif. M. Graham, dont le lot est assez brillant, il est vrai, pour suffire à satisfaire un amoiu'-proprc, ne fait loyalement point mystère que l'honneur de leur composition re^'ient tout entier à un artiste français. Ils sont conçus dans un style néo-grec que nous appellerons flamboyant, avec décoration empruntée à la flore de l'art indou. La description détaillée de chaque meuble serait trop longue pour que nous puissions songer à l'entreprendre. Le travail de marqueterie est arrivé à une telle perfection, que l'on en peut examiner attentivement à la loupe chaque partie, sans parvenir à surprendre le moindre interstice, le défaut le plus imperceptible. La miniature ne donnerait point de lignes plus précises et plus délicatement ténues. Ce n'est plus de l'ébénisterie, mais de la joaillerie. La gradation des couleurs, qui n'est obtenue que par la juxtaposition des nuances de bois divers, est irréprochable. Qu'il s'agisse d'une colonne, d'un pilastre à cannelures, d'une volute, d'une anse d'amphore ou d'une branche de flambeaux, rien n'est à cet artiste prodigieux obstacle insurmontable. Il conserve à chaque partie de l'architecture sa sveltesse, sa légèreté et sa forme gracieusement capricieuse.
Il y a loin des meubles en marqueterie exposés par MM. Jackson et Graham, aux produits du même genre exposés par les intarsiatori de la section italienne. Si le travail, dans les cabinets de M. Brambilla, présente quelque mérite, le mauvais goût du style, Tabsence d'harmonie dans les tons leur enlève toute valeur artistique. Les meubles avec incrustations d'ivoire ne sont guère mieux réussis, sauf quelques œuvres de M. Battista Gatti, de Rome, d'une décoration sobre et élégante.
COFFREABIJOUX.
(Exposé par M Fourdiiiois.)
Quant à la marqueterie de Florence, il est convenable de n'en point parler. Ce qui autrefois avait le caractère d'un art n'est plus aujourd'hui que du métier banal. Lorsque l'on en est arrivé à ne plus trouver d'autres éléments de décoration que la reproduction en trompe -l'oeil d'objets d'une vulgarité complète, tels que jeu de cartes, dominos ou pipes, etc., ce n'est même plus de la décadence; on doit passer rapidement. Hélas! c'est pour tomber de Charybde en Scylla. L'autre côté de la galerie italienne affectée au mobilier nous offre des guéridons et des canapés formés de cornes de bœuf romain, qui font sourire plus d'un
visiteur, des torchères d'un rococo cxhilaraiit, des cabinets Renaissance où la fantaisie la plus impertinente a entassé des extravagances véritablement ridicules. Nous fuyons : la courtoisie et notre rôle d'hôtes, qui nous ont engagé à ne point parler de nos artistes avant de nous être occupé spécialement de ceux de Tétranger, commandent d'être indulgents. Notre tâche, nous le regrettons, est légère dans ces parages. En dehors de l'Angleterre et de l'Italie, le contingent du mobilier d'art étranger est bien restreint. Nous n'avons guère à signaler dans les autres sections, comme intéressant par le mérite de leur exécution et par leur originalité particulière, qu'un bahut de salle à manger de style russe du xvi" siècle exposé par M. Lewite, de Moscou; un buffet dans le style de la Renaissance flamande en ébène, par M. Snyers-Ranc (Belgique), et un bulfet du xvi' siècle d'une pittoresque physionomie, par M. Briot, du même pays. L'Espagne, le Portugal, les États-Unis, le Danemark et la Hollande n'ont rien envoyé qui puisse attirer l'attention des amateurs.
Par contre, les quelques meubles exposés par les Chinois piquent vivement la curiosité des amateurs. 11 ne faut point demander aux artistes de ce pays de l'élégance dans les formes et de la proportion dans les dispositions architectoniques de leur mobilier. Ces artistes n'entendent point l'art à notre façon ; ils ont une esthétique toute particulière. Le luxe des détails, l'amoncellement pittoresque des fantaisies, où leur imagination capricieuse peut se donner libre carrière, les préoccupent presque exclusivement. Sans avoir souci des lois de la statique et des nécessités de la vraisemblance, ils évideront à jour une colonne supportant un fronton écrasant, pour avoir le plaisir d'y loger tout un monde fantastique. Ils imagineront des lits en forme de jonque, recouverts de voûtes en lamelles de bois finement découpées et incrustées d'ivoire et de laque, sous lesquelles on ne pourra pénétrer qu'en se courbant péniblement. La question du confort, de l'utilité pratique leur importe peu. Ils auront entassé sculptures sur sculptures, exécuté mille tours de force surprenants, opéré de véritables miracles de patience et d'équilibre, et leur œuvre étrange leur paraîtra excellente. Nous n'y contredirons point, en nous inspirant de leur point de vue. Il est évident que ces sculptures sont vraiment merveilleuses d'audace, de caprice et de fantaisie. Il y là une débauche de talent, d'imagination, qui touche presque au génie. Mais il serait imprudent pour nos artistes de s'en inspirer et de chercher à y puiser pour leurs œuvres un élément d'originalité. Dans ces conditions particulières, l'art est
comme une plante exotique : il perd, à être transporté hors du climat où il est né, tout son parfum et toute sa saveur. Il ne se rattache, d'ailleurs, au nôtre par aucun principe qui puisse leur servir de point de relation. Que le succès justifié qu'ont obtenu chez nous les adaptations d'une autre branche de Fart industriel de Textréme Orient, laquelle convient mieux au caractère de notre art similaire, ne tente point nos artistes. Leur œuvre est supérieure : ils ne doivent point aspirer à descendre.
Sans avoir suivi la progression considérable de certaines industries françaises, notre industrie du mobilier d'art se maintient à un niveau satisfaisant, et son exposition au palais du Champ de Mars n'est point sensiblement inférieure à celle du grand concours international de 1867, où elle fit si profondément sensation. Nos grands fabricants, qui depuis si longtemps soutiennent avec tant d'éclat la renommée universelle de la corporation parisienne, ont exposé des œuvres remarquables. Des concurrents ont surgi, apportant dans la lutte, avec un esprit nouveau, un nouvel élément d'émulation, qui a produit déjà d'excellents résultats.
L'exposition de M. Fourdinois est l'une des plus complètes et des plus variées de la section française. Elle comprend deux vastes portes de bibliothèque à deux vantaux. L'une, de style grec, en bois de couleurs variées, chêne, acajou, ébène, etc., est ornée sur les panneaux, à hauteur d'homme, de médaillons en buis, représentant une Minerve et un Apollon, la tête couronnée de branches d'olivier et de laurier. Dans le fronton, une figure couchée, sculptée en haut-relief, personnifie l'Étude. Cette porte, que nous reproduisons, est conçue dans un excellent sentiment décoratif. L'autre porte, dont le dessin a été fourni à M. Fourdinois par M. Paul Sédille, est en noyer poli, avec chambranle en chêne, frise en marqueterie et moulures en marbre rouge antique. Sur les panneaux sont des basreliefs en bronze, modelés par M. Allar et symbolisant les arts : audessus, deux médaillons en émail, superbes, de dimensions peu communes, exécutés par M. Hippolyte Rousselle, un de nos plus habiles artistes en ce genre, représentent Minerve et Apollon. De chaque côté de l'entablement se dressent deux chimères, se terminant en volutes ornées. Au milieu de la frise est un cartouche. Cette porte est d'un caractère très monumental. L'ornementation, pleine de couleur, corrige ce que l'architecture peut avoir de trop sévère et d'un peu lourd. L'éclat vigoureux des émaux de M. Rousselle, les tons chauds et lumineux des bas-reliefs de bronze, se mariant très harmonieusement avec ceux du
marbre rouge, jettent sur ce fond sombre de chêne et de nOyer une note de gaieté du plus superbe effet et donnent à l'ensemble une physionomie particulière d'opulence et de grandeur. Dans cette création, M. Sédille a fait une œuvre originale et très personnelle. A côté de cette porte se trouve une fort belle bibliothèque moderne en chêne, à trois portes, avec incrustations de cuivre et d'étain et encadrements en acier et cuivre polis. Des émaux délicatement exécutés décorent d'une manière très pittoresque le corps du bas, à panneaux pleins. Des colonnes en chêne, cannelées et incrustées de cuivre, avec chapiteaux, sculptées très finement, accompagnent le corps du haut, à glaces. L'intérieur est garni de velours de soie grenat.
Une table Renaissance en chêne de teinte pâle, aux marqueteries de bois, supportée par quatre cariatides reposant sur une entre-jambe à galerie transversale, avec colonnes tournées et sculptées; une console Louis XVI en bois sculpté doré, à huit pieds accouplés et reliés par des guirlandes de fleurs, et dont le dessus est en marbre statuaire, sont très goûtées des amateurs. Tout en admirant fort un petit meuble-coffre formant bureau, en bois de satiné, pour la richesse de sa décoration, qui comprend des ornements en argent ciselé et incrusté, des colonnes en bronze, en lapis-lazuli, supportant des statuettes en ivoire, des incrustations de même matière, des émaux - miniatures, nous faisons quelques réserves sur le mérite artistique de sa composition. Les tons variés des nombreuses matières employées ne s'harmonisent point toujours assez, et la disposition architectonique n'a point dans tous ses détails l'élégance qu'impose la nature d'un meuble de ce genre. Néanmoins nous devons reconnaître qu'il y a là un elfort d'imagination et une recherche de la perfection dans le travail, qui donnent à ce coffre à bijoux un grand intérêt et une rare valeur. M. Fourdinois a exposé, en outre, un meuble-cabinet Renaissance qui a déjà figuré à l'Exposition de 1867, un meuble Louis XVI et une petite table même style qui sont des copies d'œuvres anciennes, à quelques détails près. Nous n'avons donc pas à nous en occuper. Une magnifique gaine-lampadaire Louis XVI, en marbre bleu turquin et bronze doré, surmontée d'un buste de femme ailée en marbre blanc statuaire, sur la tète de laquelle repose une lampe en bronze ciselé et doré, œuvre de grand style et d'un très beau travail ; une torchère Renaissance en bois sculpté blanc et noir, formée de trois chimères réunies par des ornements et surmontant un fût de colonne, et sur le chapiteau de laquelle est monté un bouquet de lumière; une torchère Louis XVI, également