COFFRET DE CRISTAL MONTE EN ARGENT
(Exposé par les cristalleries de Baccarat.)
usuelles gravées et légères d'ornementation. — La fabrique de Portieux expose de grands vases peints imitant la porcelaine, d'autres imitant la laque, l'agate, un service à larges fleurs gravé en creux, des verres colorés d'un ton agréable, des pièces simulant les incrustations d'argent. — La fabrique d'Aubervilliers a envoyé de très beaux vases simulant la laque noire à dessins d'or, dont les applications d'or sont fort belles; elle imite parfaitement les nacres incrustées, elle feint très bien la faïence de Rouen, le tout sans préjudice des facettes et verres habituels à gravures.
MM. Monot et Strumpf, à Pantin, présentent aux yeux du visiteur un grand et bel ensemble parsemé d'essais nouveaux. Leur aventurine est brillante, chaude et fine. Leurs chinés or et leurs chinés or craquelé sont une création, une de ces inventions tant à la mode qui déguisent absolument la matière employée. Ils ont de jolis verres émaillés ; ils repro-
duisent les formes vénitiennes et le verre opalin. Ils font de tout : des verreries à facettes et des services délicats ou larges de galba à chiffres et fleurettes émaillées ou gravées avec de légères bordures d'or.
La cristallerie de Clichy soutient sa réputation; les services à chiffre pleins de légèreté, les coupes à fleurettes émaillées, les pièces gravées dont cette fabrique a été le grand propagateur en France, les verres à facettes, rimitation des pierres dures, les ors tulle avec fleurs et chiffres, les pièces à semis gravé, les verres simulant une sorte de nacre, enfin des vases mixtes entre Taventurine et l'or chiné, et en général des formes élégantes : tel est le dessus de son panier.
Ces deux dernières fabriques tiennent le premier rang après Baccarat, dont les innombrables produits, groupés autour de son grand kiosque de cristal, dominent toute la verrerie de France et d'Europe. Les lustres, les tables, la fabrication colossale, se développent ici, en même temps que l'étude des pièces fines est poussée à sa dernière limite, ainsi que la beauté du verre. L'usuel et l'extraordinaire se côtoient dans cet incomparable étalage. Nous y citerons le service gravé aux armoiries anglaises, le surtout monté en bronze doré, les services à chiffres ou armoiries avec bordures d'or, les verres gravés à formes japonaises, le beau seau imité d'une pièce de cuivrerie, les verres arabes, les imitations de porcelaine peinte, les lampes et vases blancs et noirs à décor doré, l'échiquier en blanc et noir mats, les lampes à fond noir décorées de fleurs en émail de relief, les boîtes en pâte grise, la foison de services et grandes pièces à facettes, les reproductions de Sèvres lapis et de verreries de Bohême, les éléphants-cave à liqueurs, et bien d'autres objets. La tendance de Baccarat est pratique. On s'y inquiète peu du vénitien qui est antimaniable ; la pièce de Baccarat est presque toujours commode à la main, au contraire. Le goût décoratif y est léger, sobre, bien approprié à la substance; de là vient cette merveilleuse apparence de neige que prennent les groupes de sa production.
L'Italie ne songe nullement que le verre puisse servir à boire, à contenir. Recopier tout ce que Venise fit jadis, toute cette verrerie d'étagère, d'amusement, de difficulté, reconstituer les jaspures du verre antique, recommencer les ors sablés ou étalés en dessins entre deux couches de verre : voilà ce que fait Tltalie, c'est-à-dire Venise, car elle seule expose. C'est à M. Salviati qu'on doit cette renaissance. Il a fondé, il y a dix ans environ, la compagnie de Murano, puis il l'a quittée et a établi une fabrique rivale sous son nom personnel.
Parmi les productions de Murano, il faut citer les verres chrétiens à dessins d'or entre deux couches, les verres à sujets peints en émail, les murrhins ou simplement verres jaspés antiques, la reproduction agrandie du verre de Strasbourg, monté sur pied, avec l'inscription en bleu et son réseau en rouge brun. On se rappelle que ce verre célèbre fut trouvé en 1825, que Finscription donnait le nom de Tempereur Maximien, et qu'on le croit fabriqué en Gaule, M, Salviati suit de très près les traces de son ancienne fabrique. On peut mentionner aussi M. Candiani, dont certaines pâtes sablées d'or et d'argent sont très intéressantes. Venise avec ses fla-