L'ÀftT irôDMNS
de Psyché qui cueille des fleurs; le Matin, symbolisé paf TAurore montée sur son char venneil, entourée des Heures à peine éveillées et précédée de Lucifer qui fuit devant les chevaux en éteignant sa torche; Tiihon et TAurofe demandant à Jupiter d'accorder Fimmortalité à son amant; TAurore se levant au premier cri du coq et quittant son vieux mari et son jeune fils endormis; Géphale et Procris, TAurore et Céphale sur fond noir; des syrènes ailées, des monstres marins et de petits génies jouant de divers instruments; puis dans le grand tympan, le règne de Neptune ou le monde aquatique; et, sur la muraille, la naissance de Vénus, agréable bas-relief de L. Schwanthaler.
A TEros sur Taigle de Jupiter se relient, par la même déduction logique, l'Été, sous la figure de Gérés, couchée près de Phermès de Pan, symbole de fécondité, et du Zéphyre qui tient une flûte de roseaux et une couronne de fleurs; le Midi, représenté par Apollon sur un char d'or à quatre chevaux, soutenant de ses mains le zodiaque arrondi en auréole autour de sa tête, et accompagné des Heures brûlantes, qui répandent sur la terre des roses enflammées; Apollon et Daphné, Leucothoé, Clytie, Cyparisse et Hyacinthe, tous favorisés de Tamour fatal du dieu; Apollon chez les bergers, Apollon jugeant Marsyas, le Génie de la poésie; des Ménades assises sur desgrifibns; des Amours portés par des tigres et traînant des chèvrepieds enchaînés; le règne de Jupiter ou le monde de la lumière ignée; et en bas-relief, le combat de Jupiter contre les géants, modelé par Haller. Sur le fronton de la porte s'embrassent l'Amour et Psyché, haut-relief de Schwanthaler,
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A TÉros avec le paon se rapportent TAutomne, le Soir et différents épisodes de la vie de Diane; l'Automne, c'est Bacchus appuyé sur son tigre entouré d'amours traînant des outres de vin et jouant des crotales ou du tambour de basque. Le Soir, c'est la déesse Luna ou Phœbé avec le croissant, sur un char argenté attelé de chevreuils que guide un amour aux ailes de phalène. Au devant vole Hespérus , reconnaissable à l'étoile qui scintille au-dessus de sa tète ; il tient dans ses bras une jeune fille, sa fiancée, symbole du crépuscule nocturne, où la lumière se marie à l'ombre; les Heures du soir suivent le char en jetant des belles-de-nuit; deux jeunes filles causent et s'embrassent <)omme pour marquer le loisir que laisse la fin du jour. Diane punissant Actéon pour avoir profané ses charmes divins d'un regard mortel, Diane tenant sur ses genoux la tête d'Endymion endormi pendant que l'Amour caresse les chiens de la déesse; de petits tableaux représentant la chasse de Diane, le sacrifice d'Iphigénie; des arabesques où circulent autour de la Diane d'Éphèse des hommes luttant avec des animaux couvre];it la voûte jusqu'à la baie de la fenêtre, qui tient la place du tableau principal devant représenter le règne de l'air; les êtres les plus symboliques, les plus mythiques et les plus ésotériquesont parfois leurs moments de gaieté, et nous trouvons assez ingénieusement jovial cette facétie déclinatoire. Nous n'aurions jamais soupçonné la fresque allemande, si maussade et si rechignèe, d'un pareil trait de vaudeville.
A l'Éros, monté sur Cerbère, se suspendent des sujets • nocturnes ou souterrains. C'est d'abord l'Hiver, non pas se chauffant la main à un feu de marbre, mais se parant pour la fête des Saturnales ; l'Amour allume la torche de
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l'orgie et prend le masque que Momus lui ptéseate. M. Gabanel» un de nos jeunes artistes, en peignant le mois de Février dans une des salles de THdtel de Ville, a eu une idée analogue; mais avec quelle grâce légère et quel esprit il l'a rendue ! Puis vient la Nuit sur un char traîné par des chouettes; la noire déesse tient dans ses bras deux jeunes garçons symbolisant le Sommeil et la Mort, ses frères jumeaux; Tessaim des Songes, découpant ses formes fantasques sur le fond sombre du ciel, fuit devant le char comme uu vol de hiboux effrayés ; le trio des mornes Filandières vaquant à leur triste besogne, Hécate, Némésis, Harpocrate, divinités silencieuses, fatales et nocturnes. Tune avec son sceptre magique, l'autre ba« lançant la fronde dont elle atteint le crime, le troisième apposant son doigt sur ses lèvres comme un cachet de mystère et tenant près de lui la corne d'abondance, em^ blême des puissances secrètes de la nature, remplissent les compartiments qui aoûompagnent le char de la Nuit; Jupiter prolongeant sa nuit avec Alcmàne; Psyché regar* dani a la lueur de la lampe l'Amour endormi, se dessinent dans des cadres à fonds noirs. Les figurines des arabesques représentait la lutta des puissances mystérieuses de la nature préparant la vie organique; de jennes hommes défendent des femmea contre les attaques de chimères, de griffims et autnis monstres repiésentant les terrsurs tm^ tastiques»
Les sculptures de «etia paroi sont : Pluton «lievani FVoserpine, emblème de la puissance de la mort, de Stielgmaier ; et Proserpine revenant des enfers et retron* vant sa mère Cérès, emblème de la vie nouvelle qui fiait de k mort, de fikjhwanthaler.
Certes, il est difficile de trouver, le sujet donné, une composition plus ingénieuse^ plus fine, plu8 philosophique, se déduisant mieux du thème principal et se cor^ respondant plus exactement dans touteit ses parties; et, comme invention, on n'a que des louanges à donner au penseur. L'artiste seul ofre large prise à la critique.
Le tableau du Triomphe de Neptune rappelle, moins la grâce, certaines vieilles tapisseries d'après Natoire ou Coypel. Neptune marque totalement de noblesse et il est d'un rouge brique plus convenable à un Caraïbe qu'au dieu de la mer. L'Amour conduisant le char a une pose d'écuyer du cirque travaillant sur un cheval nu. Les Néréides^ dont la nudité mythologique prête si bien au dessin et à la couleur, et dont Raphaël et Rubens, à des points de vue différents, ont tiré un si excellent parti, ont des types trop sensiblement germaniques et semblent plutôt faites pour nager dans les vagues grises de la mer du Nord que pour plonger dans l'azur des flots ioniens. L'Amphion sur «on dau|khin mélomane n'est pas non plus très-heureux.
L'Olympe est le moins réussi des trois grands sujets. C'est une rude entreprise, nous le savons, que de repré* S4»iter ces âou2e olympiensi, d'une beauté [complète et diverse , au^i^ corps de marbre et de lumière, aux chevelures ambroisiennes, aux lèvres pourprées de nectar, savourant dans toute sa plénitude leur immortalité. Seul, le peintre de la Famésine a pu risquer dMvoquer ces grands souvenirs du paganisme par tsa fresque suUime; mais eomment Cornélius, ee maître si sérieux et si ans* tère, a*t^il pu introduire dans le oiel grec un sabbat aile* mand, et changer l'Olympe en Btccken en y feisant montet
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à la suite de Bacchus ces monstraeuses et earicaturales figures de Faunes, d'iEgipans, de Silènes^ de Mimallons et de Corybantes qui grimacent si étrangement dans le coin du tableau? L'antiquité mème^ en soudant le dieu à la brute, le chimérique au réel, n'oubliait jamais la beauté plastique. Que dirait le Faune de Barberini, qui dort si noblement au milieu de la salle voisine sur son rocher de marbre, s'il se voyait ainsi travesti en kobold ou en mineur du Hartz ? •
Le Tartare offre, nous sommes heureux de le dire, de très-belles parties; ce sujet sombre et rude allait mieux à râpre génie de Cornélius. Les trois juges infernaux siègent avec une tranquillité implacable et morne du plus grand effet. La Proserpine, rêvant sur son trône de fer à côté de son noir époux, à la blonde lumière du soleil et aux fleurs des prairies de Sicile, a un air de langueur nostalgique que distrait à peine le chant d'Orphée. La figure d'Eurydice attendant Téffet des prières du poète sur l'inflexible roi des enfers est véritablement charmante; sa tète, doucement craintive, exprime bien les anxiétés de l'incertitude et le désir de renaître à la vie et à l'amour; il y a aussi de beaux morceaux dans les groupes des Érinnyes et des Danaddes, sauf quelques exagérations de musculatures qui enlèvent le caractère féminin aux bras et aux torses; mais l'Orphée est lourd et commim, et le Cerbère semble copié sur une chimère japonaise.
La salle troyenne ou des Héros reproduit l'flge héroïque de la Grèce : au centre de la voûte, dans un cercle modelé par Schwanthaler et représentant les douze dieux de l'Olympe, on voit les noces de Pelée et de Thétis, cause première de la guerre de Troie. Différents sujets relatifs à
celte histoire, tels que le Jugement de Paris, les Noces d'Hélène et de Ménélas, rEnlèvement d'Hélène, Achille à Scyros, le Sacrifice d'Iphigénie, Jupiter envoyant un songe vers Agamemnon endormi. Mars et Vénus blessés par Diomède, remplissent les compartiments tracés par les arêtes de l'architecture; nous n'en parlerons pas avec détail, pour nous occuper tout de suite des trois grandes compositions qui occupent les tympans.
La première nous montre la colère d'Achille. C'est le début de l'Iliade mis en action avec une science familière de l'antiqiiité qui fait honneur à l'érudition hellénique de l'artiste. Le prêtre Chrysès, portant le sceptre et les bandelettes du dieu, vient redemander sa fille Chryséis déjà coiffée du pétase et montée sur le mulet qui doit l'emmener; Agamemnon, le chef des hommes, et Achille aux blonds cheveux se disputent, avec l'aménité de héros homériques, en s'appelant yeux de chien et cœurs de cerf. Le Péliade a déjà tiré à demi sa grande épée et tomberait sur l'Atride, si Minerve, aux yeux d'azur, ne descendait du ciel pour l'arrêter. Derrière Achille se tiennent Briséis aux belles joues et le valeureux Patrocle ; on reconnaît aussi groupés sebn la part qu'ils prennent à la dispute: Ménélas, Antiloque, Ajax, Idoménée, Nestor, Ulysse et Thersite, le grotesque de l'Iliade; au-dessus, Phébus Apollon, irrité, perce de ses flèches les hommes, les chiens et les mulets ; les bûchers envoient au ciel de longs tourbillons de fumée, et les proues des navires creux tirés sur le sable se recourbent avec la plus scrupuleuse exaclilude archaïque. Nous rappellerons seulement à l'artiste que l'arc d'Apollon n'est pas d'or, mais bien d'argent, comme l'atteste l'épithète homérique imitée par Aadré
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Chénier. Cette peinture est la meilleure de la salle : la simplicité grecque a ici contenu le maniérisme allemand^ et le coloris, sans être bon, inquiète moins les yeux que celui des deux autres tableaux.
Que dire du combat autour du corps de Patrocle? Cela nous reporte aux pires productions des élèves inférieurs de David, dont on s*est tant moqué il y a une vingtaine d'années, et, pour rendre Pidée d'un style pareil, il faudrait aller au Luxembourg et s'arrêter devant certaines toiles de...
Le corps de Patrocle, qu'Achéens etTroyens se disputent, a au moins dix têtes de longueur et produit TefTet le plus disgracieux; l'Ajax se distingue par une pose ridiculement violente et une physionomie dont le terrible touche au grotesque; les autres groupes déploient, dans des attitudes forcées, des anatomies exagérées, et que la science n'excuse pas toujours : certains bras ont Tair de noueuses branches de chêne, certains torses font songer à des sacs de noix dressés contre des murs. L'Achille et la Minerve agitant la foudre du haut du retranchement sont courts, strapassés et sans majesté aucune ; le coloris est d'une crudité et d'une impropriété extrêmes. Les tons les plus invraisemblables et les plus discordants y sont rassemblés comme par gageure.
La Prise de Troie est tout à fait mélodramatique; les personnages y posent comme dans un tableau final, avec des attitudes composées et théâtrales. Hécube, la vieille reine, rassemblant autour d'elle ses filles effarées, occupe le milieu de la composition; Priam, le roi patriarcal, çst déjà tombé mort, et Néoptolème balance par le pied le petit Astyanax, qu'il s'apprête à lancer par-dessus la mu-
raille. Andramaque, évanouie, s'est affaissée sur les genoux d^Hécube, à laquelle s*attache PolyxèaO;, craignant d'être emmenée par Ménélas. Hélène, cause de tant de désastres, s'appuie, honteuse et craintive, contre une colonne, redoutant les regards de son époux, tandis que Cassandre, qu'Agamemnon essaye de faire taire, prophétise les malheurs de la maison des Atrides. La silhouette du cheval de bois se dessine sur l'embrasement de la ville, au-dessus du groupe des guerriers grecs tirant le butin au sort. Dans l'angle du tableau l'on voit Énée, emportant son père Anchise et les dieux d'Ilion.
Les observations que nous avons adressées aux peintures précédentes s'appliquent encore à celle-ci: les idées en sont poétiquement et* littérairement bonnes, mais l'exécutioij. les voile au lieu de les éclairer.
L'histoire de la peinture déroulée sous la voûte d'une longue galerie dans la Pinacothèque, à l'imitation des loges de Raphaël aii Vatican, est très-ingénieusement composée; et, en décrivant avec détail les tableaux, cartouches, caissons, pendef|ifs qui se succèdent d'arcade en arcade, on ferait une charmante légende chronologique ethumanitaire de l'art, depuis ses origines jusqu'à nos jours. Mais quelle couleur fausse, cî-iardeet louche! quel dessin négligé! quel manque d'esprit dans les arabesques! quel aspect de papier peint et d'ornements de café !
Ce n'est qu'après un mûr examen que nous hasardons sur Cornélius un avis tellement contraire à l'opinion reçue. Vingt ans d'étude sur la peinture ancienne et moderne , la connaissance des procédés de Tart, l'examen attentif de toutes les galeries du monde, des voyages en Espagne, en Italie, en Grèce, aux sources du vrai beau.
t2(iO l'a&t moderns.
nous donnent ce courage et là certitude que nous ne nous trompons pas, à notre grand regret; car c'est une si douc« chose d'adniirev.