PSI DE CASSIOPÉE
L'Opéra est encore fermé, le Théâtre-Français, rouvert, n*a rien joué de nouveau, et les directeurs attendent que les jours caniculaires soient passés pour entamer sérieusement la campagne. Mais quand on est à l'étranger, on ne peut pas se figurer que Paris, ce cerveau toujours fumant^ se repose, et lui aussi prenne ses vacances ; on a peur qu'un chef-d'œuvre imprévu ne profite de votre absence pour s'élancer radieux de l'ombre dans la lumière ; on craint qu'il n'arrive de Séville ou de Grenade une autre Petra Camara plus passionnément morte, une Perea Nena d'une rapidité plus étincelante encore ; qu'il ne jaillisse de la coulisse, un soir de solitude, devant les banquettes émerveillées, une Rachel inédite qui soit pour Shakspeare ce que l'autre est pour Corneille, et l'on est tout étonné de retrouver les mêmes titres sur les affiches, les mêmes gravures aux vitres des marchands d'estampes, les mêmes flâneurs secouant la cendre de leur cigare sur le perron de Tortoni et vous saluant de la main comme s'ils vous
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avaient vu la veille. — Rien n'a eu lieu, et cependant vous avez traversé une douzaine de villes et parcouru des centaines de myriamètres !
Trois petits actes forment cette semaine le butin du feuilleton; aussi ne trouverez-vous pas mauvais, puisque Paris est si stérile, fue nous rendions compte des Abmdonnée de Lessur, cotoédie eu un acte de K^lech-Oâm* de Lesmirée, traduite en vers imités du starien, de la Celsînore, drame starien, en un acte et en prose, et du début de MJle Ëlia au grand théâtre de Tasbar. Ne cherchez pas dans le dictionnaire de Yosgien le mot Tasbar, vous ne le trouveriez pas; mais levez la tête vers le ciel nocturne, et peut-être, à Taide d'une bonne lunette, sur le bleu noir du firmament, au delà des orbites Ô^ranlis ^i de Neptune, plus haut que les espacés où brille SyHtls tneûacé par Pé* pée d'Orion, sur là ligne qui Va de Tétoilë polaîfe v^rs Andromède, apetcevrez-vous, iins les proféndetirs de la constellation de Casëiôpéë, tmé faible séiUtUlAlicIn, que les astronomes marquent sur la carte éêteste dé la lettte psi j e<h bien l c*est là que l5e sont jotiés les Abmtdûni^é de LessUr et la Celsinore; c^est là que la demoiselle ÉHa s*est pro-^ duite avec un si gi*ànd succès, tasbar est \t éàpitdle de iië Psi lointain qiii fait partie d'un hnivers ignoré et que le» habitants appellent Star.
Avant d'eii venir à l'analyse des pièces ttaduites du starien, superbe idiome parlé dâtis cette étoile, il tie ëerait pas hors de propos de donner litie idée suctincte de cè monde étrange. Star fait partie d*llû systèrtie planêtaiife qui a pour centre un soleil nommé ^uliël. Cet astre, au disque énorme, rayonne d'une lumière blanche, si vive^ si intense, si fulgurante, que la lumière électriqlie ferait