LE THÉATBE DE PSI DE CASSIOPÉE
ombre sur elle, et qu'aucun nuage ne peut la masquer. Autour de Ruliel, et à une assez f^ble distance^ gravite Althéter, une joli soleil vert compie une én^er^ude, qui précède le lever de Tastre pivotai et de^^eupe 4 l'horiîOQ un peu après son coucl^er^ poloraftt Iibs crépuscules du ma^j tin et du soir de nuances cbarmautes; ^ Vext^éipité di^ système, décrivant un opbe imraeQse, cirpule Erragror, le soleil bleu, gigantesque saphir aux reflets doux 6t paélanco» liques; entre Prragror et Althéter tourne Star, entraînant . avec lui cinq satellites, quatre lunes et un soleil particulier teint de feux rouges. Ces cinq satellites sout, à commencer par lô plus voisiu de la planète, Tassul, Lessuî", Rudar^ Elier, et Urrias, le soleil aux teintes de pourpre,
Vous voyez que Star est un monde plus richement illuniiué que le nôtre, qui u'a qu'un §eul sgleil jaunâtre et qu'uue misérable lune couleur de ploiftb.
Quel spectacle magique doit présenter un crépuscule à Star, lorsque, malgré la |)ré3ence sur le plan de Thorizou d'Urrias et d' Althéter, Iib disque de Tassul, éclairé eu tota^lité par les rayons de Ruliel, se lève à Torieut, limpide et argenté; et plus haut Tassul seuuance de jaune pâle et d*a^ur aux reflets bleus d'Erragror, tandis que Rudar, noyé dans les feux rouges et yerts d'Urrias et d'Althéter, revêt des couleurs caméléouiennes, et que Blier, globe de cristal entièrement translucide, chatoie couïme une opale traverT sée d'iris changeants et d'anneaux prismatiques. N'çst-ca pas qu'il faudrait, pour rendre un pareil couchant, un peintre de la force de dix-huit Claude Lorrain? La palette d'or du lumineux paysagiste praltrait chargée de tons boueux à côté de telles niagniflcencesl
Star a des montagnes, des vallée^, des plaines, des mers.
des fleuves d'an aspect tout nouveau, — une flore et une faune particulières. Les feuillages n'y sont pas astreints, comme chez nous, à ce vert monotone dit vert épinard qu'on reproche aux paysagistes qui font vrai. Des feuilles oranges accompagnent des fleurs noires : il y a des roses vertes avec des feuilles roses, et ainsi de suite; car le Psi de Cassiopée est une planète éminemment coloriste. Notre pauvre petit globe terraqué, grain de sénevé perdu dans l'espace, n'a pas l'avantage de posséder le lartimor, arbre mélodieux dont les fruits, creusés en coques sonores, résonnent en s'entre-choquant comme les clochettes au bord d'un toit de pagode chinoise, et remplissent les bois d'harmonies inattendues.
Le syphys, immense végétal aux rameaux jaune d'or, près de qui notre cèdre est plus petit que l'hysope, nous manque également. Nous ne possédons pas non plus le tarrios, gigantesque plante marine, dont une seule fait une forêt dans l'Océan, ni la cêlsinore, dont la fleur énorme et balsamique est si grande que son calice peut servir de couche aux nouveaux époux. — La regina Victoria et la rose putride de Java ne dépassent pas, sur notre faible terre, la dimension d'un seau; notre mobilier animal est aussi bien plus pauvre : nous n'avons ni le psargino, autour duquel flotte une membrane transparente qu'il remplit de gaz comme un ballon lorsqu'il veut s'enlever, ni le talersi, cétacé remorqueur, cheval de mer qu'on attelle aux vaisseaux, ni le citos au plumage d'or bleu, espèce d'ami de la maison, cigogne du foyer, chien ailé plein de sympathie et d'amour, ni surtout la repieuse, race intermédiaire entre l'homme et la bête, sorte de singe qui parle et qu'on