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(1) La dominante est au 5° degré dans les modes authentiques, comme dans les modes modernes ; elle est au sixième degré dans les modes plagaux. Toutefois, il y a des exceptions pour certains modes parce que les anciens évitaient de faire revenir trop souvent le st à cause de l’intervalle très dissonant qu’il donne avec le fa (quarte augmentée ou triton fa-st, et quinte diminuée st-fa); le si est toujours remplacé par l’ut s’il se présente comme une des notes principales,
2! Rs JEAN BECQUEREL . dose.
D'après les rapports avec la tonique ut, on voit que ces modes sont.
en accord, à des degrés plus ou moins grands, avec la loi de tonalité. Celui qui, dans son ensemble, correspond aux rapports les plus simples est le mixolydien, mais 1l n'a pas de sensible, et nous verrons au prochain paragraphe qu’il présente moins d'accords consonants quele mode ionien : ce dernier lui a donc été préféré |
Le mode mineur moderne dérive du mode éolien (c’est ainsi que
nous l'avons établi au paragraphe 96) ; plus exactement, les diverses formes de la gamme mineure résultent des modes dorien et éolien : en effet, la gamme descendante (10- 17) est la gamme éolienne, la
gamme (10-16) est la gamme éolienne avec remplacement du st }
par une sensible, et la gamme (10-18) est la gamme dorienne avec une
sensible.
Les modes qui présentent une certaine imperfection tcnale ne doi-
vent pas pour cela être systématiquement abandonnés ; en fait, on en retrouve des restes dans certains accords ou certaines cadences de [a musique moderne, etles compositeurs les utilisent encore, carils peu-
vent parfois, précisément à cause de leur structure un peu anormale;
s'adapter mieux que les modes usuels aux sentiments qu'il faut.
exprimer.
Le mode phrygien, par exemple, présente un caractère très particulier à cause du demi-ton placé dès le début de la gamme, ce qui
donne une sensible descendante:Ce mode, dit Helmholtz, «présente le caractère du mode mineur, exalté, en quelque sorte, dans une cer-
tainé mesure. Ses sons, ses accords sont reliés entre eux, mais beau-
coup moins clairement, beaucoup moins nettement que ceux du mode mineur... Le caractère esthétique du mode s'accorde avec ces. résultats ; il convient admirablement bien aux sentiments mysté=.
rieux, mystiques, ou à l'expression de la plus grande prostration, celle où toute association d'idées semble impossible, à l’accable-
ment dans la douleur (1). Comme, d’autre part, grâce à la sensible” descendante, ce mode présente une certaine énergie dans le mouve-
ment descendant, il peut aussi exprimer le sublime dans la gravité, dans la puissance, et même par la réunion des accords majeurs
étrangers qui font partie du système, admettre une sorte de magni-
ficence particulière, de richesse de couleurs remarquable »,
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(1) Il est à remarquer que Saint-Saëns en a fait usage dans certaines phrases de la « danse macabre ».
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